Osmose
(1)
Voilà la tendre aurore, avec ses doigts de rose,
Entrouvre, doucement, les rideaux de l'Orient.
Une brise fraîche, dans mes poumons se pose,
Me rappelant que l’âme est encore dedans.
Je me traîne et je traîne une rancœur d’enfant:,
Qui vieillit mon faciès, l’originelle Cause!
L'implacable peine domine, de longtemps,
Sur toutes mes pensées qui frôlent la psychose.
Une vague rapide, en me surprenant, ose
Sur le sable humide, ralentir mes pas lents.
Derrière les nuées, s'émet la prime dose,
De lumière enflammée, vers mes yeux ruisselants.
L’invisible araignée qui nage, librement,
Dans la veine agitée, me dévore, et nécrose
Les tissus de mon cœur... les neurones souffrants,
Et dans chaque cellule, emblave une lycose.
L’Idée noire attaque, sans me donner de pause,
Mon ivre volition, tel un corbeau violent.
Sur moi, l’ennui se rue, et me métamorphose
En ennemi, qui tue en moi l’espoir naissant
(2)
Voilà le grand azur, avec ses doigts d’hypnose,
Attire vers le fond, comme un occulte aimant,
Les restes d’une vie monotone et morose,
Des courroux bien acquis et des innés talents.
… Et je tombe, je tombe en obscurcissement;
-Moi dans l’art des chutes, je suis le virtuose-;
Et tout sombre avec moi : l’odeur, les battements,
Les images, les voix, les pourquoi et la Cause.
Les climats sont pareils : les sommeil, la névrose,
La foule, le vide, l’enfance, les parents,
Les aranéides, le poème et la prose.
Tous les mots ici-bas perdent leur ascendant.
Je tombe, et la mémoire accoste le néant,
Et m’amène très loin de l'être et de la chose.
Ô Dieu! Suis-je en trou noir? Est-ce un rêve incessant?
Un creux sans épitaphe? une métempsycose?
La haine dans mon corps, qui, du venin m’arrose,
Et le mal qui circule en horloge du temps,
Tombent dans ce vortex, qui, enfin les dépose.
C'est la fin des douleurs... c'est la fin des tyrans.
Voilà la tendre aurore, avec ses doigts de rose,
Entrouvre, doucement, les rideaux de l'Orient.
Une brise fraîche, dans mes poumons se pose,
Me rappelant que l’âme est encore dedans.
Je me traîne et je traîne une rancœur d’enfant:,
Qui vieillit mon faciès, l’originelle Cause!
L'implacable peine domine, de longtemps,
Sur toutes mes pensées qui frôlent la psychose.
Une vague rapide, en me surprenant, ose
Sur le sable humide, ralentir mes pas lents.
Derrière les nuées, s'émet la prime dose,
De lumière enflammée, vers mes yeux ruisselants.
L’invisible araignée qui nage, librement,
Dans la veine agitée, me dévore, et nécrose
Les tissus de mon cœur... les neurones souffrants,
Et dans chaque cellule, emblave une lycose.
L’Idée noire attaque, sans me donner de pause,
Mon ivre volition, tel un corbeau violent.
Sur moi, l’ennui se rue, et me métamorphose
En ennemi, qui tue en moi l’espoir naissant
(2)
Voilà le grand azur, avec ses doigts d’hypnose,
Attire vers le fond, comme un occulte aimant,
Les restes d’une vie monotone et morose,
Des courroux bien acquis et des innés talents.
… Et je tombe, je tombe en obscurcissement;
-Moi dans l’art des chutes, je suis le virtuose-;
Et tout sombre avec moi : l’odeur, les battements,
Les images, les voix, les pourquoi et la Cause.
Les climats sont pareils : les sommeil, la névrose,
La foule, le vide, l’enfance, les parents,
Les aranéides, le poème et la prose.
Tous les mots ici-bas perdent leur ascendant.
Je tombe, et la mémoire accoste le néant,
Et m’amène très loin de l'être et de la chose.
Ô Dieu! Suis-je en trou noir? Est-ce un rêve incessant?
Un creux sans épitaphe? une métempsycose?
La haine dans mon corps, qui, du venin m’arrose,
Et le mal qui circule en horloge du temps,
Tombent dans ce vortex, qui, enfin les dépose.
C'est la fin des douleurs... c'est la fin des tyrans.
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