Aller au contenu
MesPoèmes.net Créer mon site de poésie

VISION POETIQUE...

DEPRIME DEMENTIELLE...

Le samedi 14 juin 2008 à 22:42, posté par Manawydann · 334 lectures

Illustration du poème « DEPRIME DEMENTIELLE... »
DEPRIME DEMENTIELLE.





Avoir dans le profond des pensées
L'ultime goût amer du suicide,
Avancer dans le présent le cœur brisé
Et souhaiter avoir la mort comme guide.


Vivre empli d'une vaste désillusion
Dans ce triste et pathétique quotidien,
On y tourne en rond sans solution,
On ne souhaite plus nul matin.


On en devient égoïste et renfermé,
Tout parait soudain superflu
Comme si ne subsistait plus de réalité,
On se sent que trop seul et perdu.


On rejette les mots d'encouragements,
Se disant qu'ils ne comprennent rien,
Eux pour qui il fait beau temps
Et qui à l'intérieur de leur chair tout va bien.


Les critiques et l'incompréhension
Se font que trop présentes et agressives,
Mais peuvent ils comprendre nos questions
Lorsque l'on se perd dans une santé dépressive ?


Non, ils ne le peuvent pas,
Car pour eux tout semble calculé et prévu,
On fait, comme ils aiment le dire, notre cinéma,
Pourtant la sincérité de notre mal est à nue.


Lentement on s'isole et on s'emmure
Recherchant la solitude et l'ombre
Et seul on pleure dans un murmure,
Tout dans la journée devient sombre.


Paraître devient même un dilemme,
On vit totalement enfermé et cloîtré,
Les pensées obscures se parsèment
Dans une vie qui parait nous échapper.


On recherche à vivre en complète autarcie,
Fuyant la clarté du soleil et du monde,
Lentement notre sang se vide de toute envie,
On se complait dans cet univers immonde.


On se rassasie de bien infects médicaments
Ne nourrissant notre mal être qu'avec ironie,
Heureusement qu'il y a les calmants
Que l'on associe souvent avec la beuverie


Et parfois dans le creux de la mélancolie
On se saisit d'une tranchante lame,
On souhaite arrêter cette agonie
Et délivrer de cette douleur l'âme.


On se lacère la peau jusqu'aux veines,
Laissant couler un sombre sang
D'où s'échappe une douloureuse peine,
On reste suspendu au temps.


Et jailli un chaud liquide
D'où la vie dénudée s'enfuit à flot,
On espère se retrouver rigide
Et on se rend compte que l'on est bien sot.


Car la vie si sombre puisse telle être
Vaut malgré tout d'être vécue,
L'espoir d'une guérison se trouve en nos êtres,
Il suffit de surmonter ce dégoût et se mettre à nu.


De la déprime on en devient dépendant,
A nous de nous battre pour enfin ressurgir
De ces longs jours paralysants,
Alors seulement renaîtront les désirs.


Mais le dilemme entre la mort et la vie
Est un long et sinueux combat éreintant,
Il nous faut grandir afin de goûter à la survie
Qu'il nous faut affronter afin d'être gagnant.


Dans ces journées envahies de peurs,
On y affronte nos vieux démons,
A croire que l'on se complait dans cette laideur
Où bêtement et sans fin on y tourne en rond.


Mais malgré tout dans cette immonde morosité
Subsistera toujours une petite lueur,
Car on aimerait s'évader de cette obscurité
Et laisser tout simplement battre nos cœurs.


Même si nos pensées appauvries sont noires
Et que nous nous perdons dans un labyrinthe,
De tant à autre dans la lucidité surgi un espoir,
Alors pendant un bref instant cesse les plaintes.


La vie est une bien longue bataille
Nous entraînant dans un immense carrousel,
Mais on le sait, de la maladie on y trouvera la faille
Et on se promènera libre et rebelle.


A cette foutue maladie et son isolement...


© Michel CIPOLAT...
Pas encore de note · connectez-vous pour noter

Aucun commentaire

Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.