L’homme qui lisait du Prévert à son chien

La journée avait commencé comme un dimanche
de printemps, joli, calme, ensoleillé,
sauf que ce n’était pas dimanche
et qu’on n’était pas au printemps.
Le temps en l’apprenant vira aussitôt à l’orage.
Il recouvrit en toute hâte le bleu tendre du ciel
d’un violet sombre cuivré annonciateur de déluge,
le zébra d’éclairs et, pour faire bonne mesure,
fit éclater le premier coup de tonnerre.
Après, il laissa faire.
Furieux, le vent se leva,
arracha les feuilles des arbres, fit battre les volets.
Il s’enfla, se fit bourrasque, réveilla pluie et grêle
qui aussitôt s’engouffrèrent avec fracas
dans la chambre de l’homme
qui doucement lisait du Prévert à son chien.
Plus blême que ses draps,
sur lesquels le chien avait posé la tête,
l’homme continua de lire et le chien d’écouter
l’homme qui doucement lui lisait du Prévert.
L’homme allait mourir et le chien le savait.
Il aimait l’homme depuis toujours
et il avait aimé Prévert dès le premier vers
que l’homme lui avait lu à l’ombre du grand charme
tout en lui caressant la tête.
Brusquement, sans prévenir,
La pluie s’arrêta de tomber et le vent de souffler.
Les nuages s’effilochèrent avant de s’éloigner
sans bruit, sur la pointe des pieds.
Le ciel se remit au bleu et le soleil à briller.
Un oiseau chanta sur la plus haute branche du charme.
Alors ce fut comme un dimanche,
un dimanche de printemps, joli, calme, ensoleillé.
L’homme se tut, posa le livre sur les draps
et d’une main légère comme une plume
caressa en souriant la tête du chien.
Puis il ferma les yeux.
(droits d'auteur réservés)
de printemps, joli, calme, ensoleillé,
sauf que ce n’était pas dimanche
et qu’on n’était pas au printemps.
Le temps en l’apprenant vira aussitôt à l’orage.
Il recouvrit en toute hâte le bleu tendre du ciel
d’un violet sombre cuivré annonciateur de déluge,
le zébra d’éclairs et, pour faire bonne mesure,
fit éclater le premier coup de tonnerre.
Après, il laissa faire.
Furieux, le vent se leva,
arracha les feuilles des arbres, fit battre les volets.
Il s’enfla, se fit bourrasque, réveilla pluie et grêle
qui aussitôt s’engouffrèrent avec fracas
dans la chambre de l’homme
qui doucement lisait du Prévert à son chien.
Plus blême que ses draps,
sur lesquels le chien avait posé la tête,
l’homme continua de lire et le chien d’écouter
l’homme qui doucement lui lisait du Prévert.
L’homme allait mourir et le chien le savait.
Il aimait l’homme depuis toujours
et il avait aimé Prévert dès le premier vers
que l’homme lui avait lu à l’ombre du grand charme
tout en lui caressant la tête.
Brusquement, sans prévenir,
La pluie s’arrêta de tomber et le vent de souffler.
Les nuages s’effilochèrent avant de s’éloigner
sans bruit, sur la pointe des pieds.
Le ciel se remit au bleu et le soleil à briller.
Un oiseau chanta sur la plus haute branche du charme.
Alors ce fut comme un dimanche,
un dimanche de printemps, joli, calme, ensoleillé.
L’homme se tut, posa le livre sur les draps
et d’une main légère comme une plume
caressa en souriant la tête du chien.
Puis il ferma les yeux.
(droits d'auteur réservés)
Note : 3/10
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5 commentaires
kalliste · le dimanche 15 avril 2012 à 12:23
worrell02 · le dimanche 15 avril 2012 à 14:21
Amitiés
http://www.mespoemes.net/worrell02
marginart · le dimanche 15 avril 2012 à 16:06
A la fois surprise et émue!
ça me touche beaucoup!
Nouvelle sur le site, chaque jour je découvre avec plaisir, avec émotion de nouveaux textes, de nouveaux talents...
Merci encore à worrell02, musette, domie, marcek, kalliste, josé...(j'espère que je n'oublie personne)
De tout cœur
Mo--
http://www.mespoemes.net/marginart
yaya40 · le lundi 16 avril 2012 à 10:06
Merci et bonne inspiration .
domidom · le lundi 16 avril 2012 à 13:57
C'est beau, très très beau, je vais relire ce texte avec un infini plaisir, très bien raconté, très bien imagé, magnifique...
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
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