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AUX PORTES DE LA PERCEPTION

L'absente -suite n°5-

Le dimanche 17 juin 2012 à 21:27, posté par purplegirl · 221 lectures

De plus en plus en retrait du monde, elle perdait goût à rendre
visite à ses connaissances ou malades en dehors de son activité
professionnelle. L'expression de Loubna perdait de son éclat, et
son visage s'assombrissait de lassitude, à cause de cette incom-
-préhension qu'elle portait en elle. Il lui semblait inconcevable de
confier son désarroi à qui que ce soit, par crainte d'être jugée
comme une personne frivole, elle qui reflétait aux yeux de tous
le sérieux, le don de soi, la respectabilité.
Elle se sentait souvent submergée par la mélancolie. Il lui aurait
semblé préférable de ne jamais avoir revu Youcef. De toute façon,
elle avait finit par se faire une raison, même s'il était resté confiné
dans une parcelle de son coeur qui ne demandait qu'à s'an-
-nimer....
Il lui arrivait de passer quelques jours chez une cousine dans
une ville voisine, et justement Zinep qu'elle n'avait pas vu depuis
presque un an l'appella pour lui demander assistance auprès de
ses enfants en bas age, afin de pouvoir rester au chevet de son
mari hospitalisé.
Il ne serait même pas venu à l'idée de Loubna de chercher un prétex-
-te comme une charge de travail importante, tellement l'entraide fai-
-sait partie de ses valeurs, et elle pu négocier une semaine d'absence
pour soutien familial auprès de sa direction.

Loubna réunit rapidement quelques vêtements dans une petite valise
qu'elle du dépoussiérer pour être restée au dessus de son armoire
depuis l'an passé: deux chemises de nuit, une robe blanc cassé qu'elle
ne portait qu'en de rares occasions, un jean, deux tuniques de celles
qu'elle utilisait couramment: une bleu turquoise, une gris pâle, quelques
sous vètements, un peigne, une brosse à dents, elle avait quitté le
travail un peu plus tôt pour rejoindre le village de ses parents ou elle
passerait la nuit pour partir à Rachid au matin, dans cette ville à l'em-
-bouchure du Nil ou vivait Zinep sa cousine.
Elle jetta un rapide coup d'oeil à son habitation très sobre, qu'elle
avait orné de tentures colorées pour toute décoration.
Elle n'avait pas d'inquiétude à se faire, et inutile même de fermer la por-
-te à clef: le vieux jardinier et homme d'entretien des lieux veillait aux
allées et venues. Loubna étant très respectée, personne n'oserait d'ail-
-leurs pénétrer chez elle pendant son absence.
Ses parents insistèrent pour qu'elle reste un ou deux jours, se plaignant
que ses visites se faisaient rares. Mais Loubna n'avait qu'une hâte, quit-
-ter les lieux ou tant de souvenirs ressurgissaient. D'ailleurs, elle ne pu
s'empécher d'observer longuement l'arbre ou elle avait attendu que You-
-cef vienne à elle, alors qu'il était resté sur le banc ne semblant même
pas la voir.
Alors que ses pas l'éloignaient du village peu après le lever du soleil, elle
se sentie envahie d'une profonde tristesse, comme si elle tournait une page
de sa vie.
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3 commentaires

domidom · le lundi 18 juin 2012 à 21:41

(Elle jeta un rapide coup d'oeil)...
Il me semble que tu as une faute à (oeil)....
A voir....Bisous....Domie...

Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 18 juin 2012 à 21:45

Toujours aussi émouvant. Cette fois-ci, nous avons un zoom plus détaillé sur Loubna. Puisse sa douceur et l'espoir qu'elle porte en elle être récompensés. Continue à faire vivre ces personnages si attachant, pour notre plus grand plaisir.....et le tien d'abord. Bisous du coeur. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

mauvegirl · le lundi 18 juin 2012 à 22:35

PHILIP,
je suis ravie que ma lecture te captive... à mesure que mon écriture
se révèle. merci du coeur.

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