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Rythmique abusive pour papillon désincarné

10 - Hérésie du Venin

Le dimanche 3 juin 2007 à 22:07, posté par Meraziel · 289 lectures

Un de mes "arlequins" préféré, ces poèmes où je pars en live sans trop savoir pourquoi. Ecrit un soir de déprime où l'alcool, à défaut de guérir, permit d'oublier une seconde qu'un ange avait choisit un autre univers où reposer ses ailes.

Introduction. Je porte le calice à mes lèvres comme un Graal impie, ruisselant d’une humeur mauvaise. Elle une odeur forte comme celle du souffre venu tout droit des enfers. Déjà ce parfum monte au cerveau, m’enivre, une promesse pour ce qui est à venir. C’est malsain, je le sais. Je sais ce que je vais devenir, ce qui va se passer. C’est déjà arrivé, plus d’une fois. Et ça arrivera encore. Peu importe, j’ai une bonne raison de faire ça. Du moins je le crois. Un cœur brisé une fois de plus, c’est d’un ordinaire, c’est presque inopportun. Pour tout dire, franchement ennuyeux, cette répétition sans fin. Autant oublier. Et pour cela, n’y a-t-il rien de mieux que ce doux breuvage.
Première note. Je sens le liquide courir au fond de ma gorge, emplissant ma bouche, fusant à travers mon corps. Descendant le long de moi-même, au-dedans. Ca devrait aller vite maintenant. Je m’installe et je la regarde. Elle est heureuse, moi non. Remarque, là encore c’est du déjà vu, la première fois était de mon fait. Il paraît… J’attends en la regardant, elle est bien, elle profite. Rien d’autre à faire, je regarde, pervers insolent, en attendant la Bête Apocalypse qui tôt ou tard surgira du fond de mon esprit, remontera à la surface. Elle n’est pas loin, je la sens, toute proche. Je sens son souffle, qui est pareil à ce calice auquel je bois à pleine bouche. Son cri qui résonne comme une chanson paillarde aux accents décousus.
Là c’est parti. Je ne la vois plus, je ne les vois plus. Baiseraient-ils juste à coté de moi que je ne m’en rendrait pas compte. Le monde s’effrite peu à peu et cela m’emplit de joie. C’est l’ascension, le meilleur moment. Là où on ne comprends rien et on sourit. La vie est belle, sans tâches ni échecs. Je retrouve mes plus beaux souvenirs en compagnie d’une fée souriante qui est là, juste à coté de moi. Je bois encore une gorgée, d’une autre bouteille. Peut-être n’aurais-je pas dût, cette fois ci. Ca me brûle comme un acide incandescent. Ca va monter plus vite à présent que la réaction est enclenchée. Dommage, j’aime bien la tête qui tourne, l’euphorie, l’impression de voler.
Maintenant je sombre, et c’est là que commence vraiment l’histoire. J’entend les succubes et je vois les démons, hurlants de plaisirs face à ma déchéance. Je veux me lever, mais impossible, ma tête est bien trop lourde. Je traîne lamentablement sur le sol comme un voilier rejeté à terre par un courant trop fort. C’est pitoyable, mais je ne m’en rends pas compte. Les hurlements traversent mon cerveau, résonnent, semblent repartir, mais pour mieux revenir à la charge. Ma vue se brouille, mon cerveau ne réponds plus. Le monde se distors et change devant mes yeux, se penche dans un sens, se coupe par le milieu. Les couleurs varient, éclats palpitants, orangés, diaphanes. Escalade, implosion, chamboulement ! La grande descente aux enfers, la montée au ciel ! Mesdames et Messieurs, laissez place à l’hérésie du venin ! L’apocalypse coule dans mes veines, comme un poison incandescent, dieu que je l’aime ! Par les Ténèbres, j’adore cette sensation. Mon monde s’effondre, dévorés par des étoiles fantasques, des chaos magnifiques. Je sens l’univers qui s’écroule , les civilisations se déliter. Je les sens, elles toutes celles que j’aimes, je vois leurs morts respectives. Ici, saturation. Ici, vitesse. Ici, abandon. Ici, incompréhension. Et là, tristesse. Je ris en cadence, et avec moi rient les papillons. Tout droit sortis de mes anciens mondes comme de rêves infernaux. Je les hais, mon dieu, autant que je les adore, créature merveilleuses et assassines. Qui ?
Ca redescend. Et merde. Plus rien à boire, tout est finit. Les larmes s’écoulent comme des diamants coupant, de vrais lames de rasoir. Ca tombe bien, les lames jviens de les utiliser. A la blancheur des larmes, à l’arc-en-ciel du calice, se mêle à présent l’écarlate de mon hémoglobine. Le plus suave des breuvages. Un goût acre, as déplaisant, le dernier que j’aurais en bouche. Finir comme son propre vampire, n’y-a-t’il pas de plus beau destin ?

On ne peut laisser finir la page ainsi, ce serait dissonant. Pour tout dire, assez horrible. Que dire, de toute manière, à présent que tout est résumé ? C’est toujours pareil, je porte les lèvres à ce calice maudit, que je hais plus que tout, et l’euphorie laisse vite place aux larmes. Les sentiments qui montent en moi sont-ils des illusions, ou simplement est-ce l’alcool qui les fait remonter en surface ? Probablement les deux, à chaque fois c’est pareil.

Je me souviens de mille mort, de centaines de prophétie, de dizaines de pleurs et d’une paire de ciseau rouillée acérée. Tout un monde de folie dans ma tête. Ne plongez jamais là-dedans. Perdez-vous plutôt dans ce furtif idéal. Acceptez, enfin, l’hérésie du venin.
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2 commentaires

Punkie · le mardi 5 juin 2007 à 19:28

C'est un de ceux que je préfère!!!!

Punkie · le mardi 5 juin 2007 à 19:29

je fais un peu de pub pour mon mien hihihi tu m'en voudra pas?? http://www.mespoemes/punkie/

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