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Molière revisité (1622-1673)

Le mercredi 22 juin 2016 à 19:41, posté par Michel Ernest · 316 lectures

Depuis que je suis tout petit
Jusqu'au collège, en quatrième
À tous les âges de ma vie
J'ai connu Molière et je l'aime

Je l'aime car à sa manière
Cet homme qui tutoie les muses
Manie si simplement les vers
Qu'il brille, fascine et amuse

Molière, tout le monde sait
Que c'est un surnom sibyllin
Et que son identité c'est
Jean-Baptiste, né Poquelin

Et le susdit fut baptisé
En janvier mil six cent vingt-deux
D'un père maître tapissier
Dans le Paris de Richelieu

Destiné à cette carrière
Il étudie chez les Jésuites
Fort malheureusement sa mère
Pour le ciel, à dix ans, le quitte

Peu à peu Jean-Baptiste change
Il veut faire un métier de robe
Les points de croix, ça le dérange
Il devient "tapissierophobe"

Son grand-père se met en quatre
Pour lui faire entendre raison
Il l'emmène un jour au théâtre
Alors c'est la révélation

Vite, il achève ses études
S'essaie à la philosophie
Puis à vingt-deux ans il élude
Tout métier de la bourgeoisie

Il veut jouer la comédie
Être un acteur sur une scène
Déclamer des œuvres à lui
Avec une troupe foraine

Jean-Baptiste et ses saltimbanques
S'en vont jouer sous d'autres cieux
Malheureusement l'argent manque
Tant les gens sont de pauvres gueux

La troupe bientôt fait faillite
Et Molière, dont c'est le nom
Est jeté comme un parasite
Pour deux mois dans une prison

Molière en sort ragaillardi
Et avec de nouveaux comparses
Abandonne la tragédie
Pour ne se consacrer qu'aux farces

Lors, durant quelque treize années
Molière tient son chapiteau
En bord de Méditerranée
Sous le soleil et les bravos

Il écrit et joue "L'étourdi"
Et puis "Le dépit amoureux"
Jusqu'au jour où, depuis Paris
Il est réclamé par Monsieur

Monsieur est le frère du roi
Qui à Versailles dans sa bulle
Veut lui aussi rire aux éclats
Sur "Les précieuses ridicules"

Quand il joue "L'école des femmes"
Devant la cour scandalisée
Le roi tranquillement s'exclame
Qu'il n'a jamais tant rigolé

Jean-Baptiste a une maîtresse
Mais un peu trop âgée pour lui
Lors, à sa fille il s'intéresse
Et avec elle il se marie

En mil six cent soixante-quatre
Quand il joue Tartuffe au château
Ce grand chef-d'œuvre du théâtre
Se voit censuré aussitôt

Il doit réécrire les vers
Qui concernent la religion
Et Louis Quatorze pour ce faire
Prend l'auteur sous sa protection

Ami de Racine, Corneille
Et de Lully, le musicien
Comme eux, auprès du Roi Soleil
Il écrit du soir au matin

Bien que de santé chancelante
Il publie des chefs-d'œuvre comme
"L'avare", "Les femmes savantes"
Et puis "Le bourgeois gentilhomme"

Entre-temps il quitte sa femme
Perd son père et ses deux enfants
Mais il publie malgré ces drames
Encore deux pièces par an

En mil six cent soixante-douze
Il perd la protection du roi
Mais renoue avec son épouse
Ceci compense un peu cela

Souffrant un peu de la poitrine
Il croit cette gêne normale
Et doute que la médecine
Soit apte à pallier à ce mal

Alors il écrit pour lui-même
Sa maladie imaginaire
Chaque soir de plus en plus blême
Il joue les valétudinaires

Jusqu'au jour où pris d'un vertige
Durant une représentation
Le pauvre comédien prodige
Est transporté en sa maison

Il expire une heure plus tard
Et comme il fut mauvais chrétien
On l'enterre quand il fait noir
Ainsi meurent les baladins
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