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Nicolas Boileau revisité (1636-1711)

Le lundi 4 juillet 2016 à 08:02, posté par Michel Ernest · 436 lectures

Boileau est-il un pseudonyme
Comme en porte sieur Poquelin
Ou bien est-ce un vrai patronyme
Et son prénom en a-t-il un ?

Boileau est son nom, je l'assure
Et son prénom est tout là-haut
Non, pas tout là-haut dans l'azur
Mais au-dessus des premiers mots

Nicolas est le fils de Gilles
Qui au Parlement de Paris
Couche les arrêts de la ville
Dont la justice a fait le lit

Né en mil six cent trente-six
Il est malingre et de guingois
Alors Gilles dit à son fils :
"Plus tard tu apprendras le droit"

Lorsque son corps se développe
Et son intelligence aussi
Il est plus sensible à Ésope
Qu'aux prétentieuses plaidoiries

Aussi, à vingt ans, en colère
Il jette sa robe aux orties
Ce qui fait dire à son vieux père
"Tu seras sot toute ta vie"

Ce dernier l'an suivant expire
Et met fin aux prises de bec
Nicolas en fait ses "Satires"
Avec un "i", pas un "i grec"

Admirateur de Jean Racine
De La Fontaine et de Molière
Il les encense, il les câline
Dans un tome complémentaire

Inversement, il "éparpille
Façon puzzle", dirait Audiard
Tous les penseurs de pacotille
Dans un tome dédicatoire

Parallèlement Nicolas
Rédige de belles "Épitres"
Qui complimentent tant le roi
Qu'on le pensionne à juste titre

À trente-huit ans, las des rimes
Il traduit d'un écrivain grec
Un certain "Traité du sublime"
Qui hantait sa bibliothèque

Et puis un jour des vers le piquent
Le don de la rime revient
Il rédige un "Art poétique"
De mille cents alexandrins

Son livre apporte des réponses
Aux jeunes versificateurs
"Ce que l'on conçoit bien s'énonce
Clairement", écrit le penseur

Puis, à l'Académie française
Il est élu d'un petit rien
Car l'ambiance est plutôt mauvaise
Entre "Modernes" et "Anciens"

Pour Nicolas, seuls le concernent
Les poètes latins et grecs
Pour Charles Perrault, le "Moderne"
Ces écrivains sont des blancs-becs

Un jour ils se réconcilient
Et Nicolas dans l'ode verse
Tandis que Perrault bien poli
Reprend des vieux contes de Perse

Son vieil ami Racine meurt
Il avait cinquante-neuf ans
Et puis au comble du malheur
Charles Perrault en fait autant

Alors sa peine est si profonde
Qu'il s'en va seul faire son deuil
Isolé du reste du monde
Dans sa vieille maison d’Auteuil

C'est là que complètement sourd
Et presque aveugle, en sa chaumine
Qu'il casse sa pipe à son tour
D’une hydropisie de poitrine
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1 commentaire

Eugenio · le mardi 5 juillet 2016 à 21:12

Et Cette oeuvre fascinante qu'est son bel "Art Poetique "!
Nicolas Boileau!
Bye, Eugenio!

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