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Louis de Saint-Simon revisité (1665-1755)

Le samedi 9 juillet 2016 à 17:47, posté par Michel Ernest · 418 lectures

Avoir le mot "saint" dans son nom
Ne signifie pas par ces lettres
Comme le voudrait Saint-Simon
Qu'on ait un saint dans des ancêtres

Car malheureusement pour lui
Ce nom ne venait pas des cieux
Mais d'un village en Picardie
D'où étaient issus ses aïeux

Ce n'est pas une cuiller d'or
Que le bon Dieu lui met en bouche
Quand il naît couvert de trésors
Ce serait plutôt une louche

Car au-delà de cette chance
Il s'offre le bonheur suprême
D'avoir le futur roi de France
Comme parrain à son baptême

Lors ses parents Claude et Charlotte
Veulent en faire un maréchal
On ne revêt pas la calotte
Quand on est seul héritier mâle

L'habit ne faisant pas le moine
Pas plus un guerrier le costume
Voilà le soldat-gentleman
Qui change son épée en plume

Mais à partir de dix-huit ans
Ses galons deviennent caducs
Car Claude, son père, en mourant
A fait de lui le nouveau duc

D'autant plus que ses épousailles
Avec une riche héritière
Et les défaites aux batailles
Mettent un terme à sa carrière

Au début du siècle suivant
Louis loge au château de Versailles
Ainsi il est au premier rang
Pour décrire la cour qu'il raille

Et tandis qu'en mil sept cent neuf
La France souffre de famine
Au château rempli comme un œuf
Le gibier abonde en cuisine

Ce sont ces mille et unes choses
Qu'il consigne dans ses "Mémoires"
Un chef-d'œuvre qui décompose
La petite et la grande histoire

Au château la vie est morose
Le lever, le coucher du roi
Les allées où l'on rit, l'on cause
Les cuisines où l'on festoie

Or notre Louis ne joue, ne danse
Ni devant le roi ne se vautre
Taxé par les uns d'indécence
Il est admiré par les autres

Mais notre duc n'en a que faire
Oui que faire n'en a que duc
Son éducation lui confère
L'étiquette collée au duc

Louis Quatorze n'est plus tout jeune
On peut même avouer qu'il est vieux
Et lorsque l'idole déjeune
Les courtisans sont moins nombreux

Quand en mil sept cent quinze, il meurt
[Le roi Soleil, pas l'autre Louis]
Le Régent est son successeur
Ça tombe bien, c'est un ami

Et qui aime bien, bien châtie
Le duc critique son mentor
Et le Régent, cet étourdi
L'honore de la "Toison d'Or"

Quand le Régent meurt à son tour
Le duc Jean doit quitter Versailles
Et loin des fastes de la cour
Il se retrouve sur la paille

Il a tant contracté de dettes
Chez de "très minces personnages"
Qu'il doit partir, presque en cachette
Dans son château du Moyen-âge

Et là-bas, tout au fond du Perche
Pour retrouver sa gloire enfuie
D'aucuns prétendent qu'il recherche
Ses aïeux dans les manuscrits

En vérité dans sa retraite
Jean parachève avec amour
L'étude fidèle et complète
De trente ans de vie à la cour

Puis, quand le duc meurt sans enfant
Il dit un éternel adieu
À la noblesse de son sang
Telle est la volonté de Dieu
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