Aller au contenu
MesPoèmes.net Créer mon site de poésie

Charles X revisité (1757-1836)

Le mardi 20 juin 2017 à 12:58, posté par Michel Ernest · 182 lectures

Charles X est un roi à double identité
Tous les deux fils de roi et princes de Bourbon
L'un, au temps d'Henri III, n'aura jamais régné
L'autre en mil huit cent trente, abdiquant, c'est le bon

Charles-Philippe naît au château de Versailles
Le neuf octobre mil sept cent cinquante-sept
Bien que cette journée soit teintée de grisaille
Dans la Galerie des glaces on fait la fête

Titré comte d'Artois, il est le jeune frère
Des Louis, futur Louis XVI et futur Louis XVIII
Mais pour l'instant le roi encore est son grand-père
Le sémillant Louis XV avec ses favorites

Sa jeunesse est tranquille, elle est même un peu terne
Foin du sceptre royal, loin d''être couronné
La gloire et les honneurs en rien ne le concernent
Il laisse cette course à ses frères aînés

Il a juste seize ans quand son père et sa mère
Le marient à Marie Thérèse de Savoie
Or dès le lendemain du sacre de son frère
Il tient déjà une maîtresse entre ses bras

Légèrement frondeur, un peu contestataire
Il agace le roi et le gouvernement
Il se mêle de tout, il veut chasser Necker
Il manigance avec le rusé Talleyrand

Mais la Révolution met un terme aux arcanes
Charles comte d'Artois s'enfuit à l'étranger
De châteaux en châteaux le bougre se pavane
Tandis que son aîné se fait guillotiner

Lorsque la Convention son neveu assassine
Louis Stanislas son frère également en fuite
Considérant de fait sa patrie orpheline
Se proclame le roi de France Louis XVIII

Pendant le Directoire, aussi le Consulat
Charles reste caché là-bas en Angleterre
Et lorsque Bonaparte gagne son coup d'état
Les deux frères Bourbon en secret désespèrent

Pour que Charles et Louis reviennent au pays
Il faut attendre la chute de l'Empereur
Et revient le train-train d'un règne sans souci
Importuné par le frère perturbateur

Ce petit jeu dure jusqu'en mil huit cent-vingt
Quand le duc de Berry fils de notre héros
Meurt dans la rue d'un coup du couteau d'un vaurien
Le père dans le rang rentre dès aussitôt

Louis meurt sans héritier, son frère lui succède
Charles X il se nomme et, très conservateur
Il veut réaliser le rêve qui l'obsède
Se faire sacrer roi tels ses prédécesseurs

Bientôt impopulaire, il poursuit ses réformes
Et quand la chambre élue veut lui faire obstruction
Très vite il la dissout sans y mettre les formes
Jusqu'à ce que ses lois passent le Rubicon

En l'an mil huit cent trente éclate la révolte
Gavroche est dans la rue et hurle avec les loups
Qui a semé le vent la tempête récolte
C'est la faute à Rousseau, mais à Charles surtout

Le vingt-neuf de juillet les Parisiens s'enflamment
Ils prennent d'assaut les Tuileries et le Louvre
Les troupes alignées, pour éviter un drame
Refusent de tirer et grande la porte ouvrent

Le roi veut faire un geste hautement symbolique
Monsieur de Polignac d'emblée, il congédie
Mais le peuple tient bon, lors Charles X abdique
Et veut pour successeur son petit-fils, Henri

Hélas pour le Bourbon, son cousin d'Orléans
S'accapare le trône à la place du gosse
Tandis que l'ancien roi à soixante-seize ans
Se retire furieux en un château d’Écosse

Le six novembre de mil huit cent trente-six
Quand l'ancien souverain se meurt du choléra
Il repense au pays et à son petit-fils
Et contre son cousin toujours la colère a
Pas encore de note · connectez-vous pour noter

Aucun commentaire

Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.