Aller au contenu
MesPoèmes.net Créer mon site de poésie

Philippe III revisité (1245-1285)

Le jeudi 26 octobre 2017 à 16:28, posté par Michel Ernest · 205 lectures

Pas plus hardi qu'un autre et guère moins non plus
Il fallait bien un mot pour qualifier nos rois
Et les chiffres romains durement étant lus
Donc on dit "Le Hardi" pour ce Philippe III

Il est le fils cadet de Louis IX, le saint homme
Et c'est le frère aîné qui lui succédera
Aussi pour lui la vie est bien plus simple en somme
Il se laisse bercer par la Dolce Vita

À l'âge de quinze ans et contre toute attente
Le frère aîné rend l'âme et Philippe est dauphin
La donne ayant changée, toute affaire cessante
À l'élue de son frère on marie le gamin

Puis le roi redoutant qu'il ne tombe malade
Le prend à ses côtés dans ses déplacements
Ils s'en vont même faire une énième croisade
Dont le pauvre Saint-Louis ne revient pas vivant

Lors le jeune Philippe est sacré roi de France
Fidèle à ses parents, il conserve leur Cour
Mais son grand chambellan pour abus de confiance
Jugé par les barons est pendu haut et court

Sa première mission, sa suprême besogne
C'est d'agrandir la France, acheter moultes terres
Affermir son pouvoir, faire cesser la grogne
Qui monte peu à peu chez les grands feudataires

Il hérite dès mil deux cent soixante-douze
Par la mort de son oncle Alphonse de Poitiers
Du comté de Poitou, du comté de Toulouse
Et de l'Auvergne pour une large moitié

Mais le comte de Foix dérogeant à la règle
Qui veut que son armée soit aux ordres du roi
Harcèle les Français du haut de son nid d'aigle
C'est ce que l'on appelle une crise de Foix

Veuf, notre souverain conclut un mariage
Avec la fille du duc Henri de Brabant
Puis s'en retourne vite à ses tripatouillages
De terres qu'il rajoute au royaume des Francs

Il acquiert les comtés de Chartres et Nemours
Ainsi que l'Agenais, Honfleur, Montmorillon
Il va jusqu'à gérer les histoires d'amours
En mariant sa cousine au comte bourguignon

Mais là-bas en Sicile un autre bout de France.
Où règne son parent le duc Charles d'Anjou
Une révolte éclate et dans l'effervescence
Les français sont lynchés par la foule en courroux

Philippe accuse alors Pierre III d'Aragon
D'avoir commandité cette odieuse hécatombe
Et pour la Catalogne il conduit ses légions
Sans imaginer que c'est sa route vers la tombe

Car tout juste arrivés, à peine mis le siège
Ils doivent le garder à cause d'un virus
Une dysenterie par la peau les assiège
Les anéantissant en huit jours, guère plus

Le roi décède dans sa quarantième année
Épuisé par la dure et pénible cavale
Il dicte en chuchotant d'ultimes volontés
Et s'éteint dans un lit loin de sa Capitale
Pas encore de note · connectez-vous pour noter

2 commentaires

rivaudais · le jeudi 26 octobre 2017 à 23:39

Quel plaisir cher Michel Ernest toutes ces histoires revisitées qui amène à relire et à goûter l a Grande histoire ! Merci vraiment. Moi qui suis fan d'histoire (et d'histoires) j'apprends ou redécouvre à chaque fois ou presque un détail nouveau -ou que j'avais oublié- J'apprécie vraiment.

taia · le vendredi 27 octobre 2017 à 23:19

J'ai lu avec grand plaisir cette histoire en vers... Vous devriez en faire un livre illustré. Le talent pour la narration claire et concise ne vous manque pas. Mes vifs compliments.

Connectez-vous pour laisser un commentaire, ou créez votre site, c'est gratuit.