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Clément Faugier revisité (1861-1941)

Le jeudi 4 juillet 2019 à 15:34, posté par Michel Ernest · 8 lectures

Illustration du poème « Clément Faugier revisité (1861-1941) »
Cette fois-ci, je vous emmène
Par les chemins ensoleillés
Là où les forêts de grands chênes
Cèdent la place aux oliviers

Là où tombe à la saison sèche
L'or brunâtre des châtaigniers
Bienvenue dans la chaude Ardèche
Où a vécu Clément Faugier

Fils de Louis et de Clémentine
Notre héros naît à Privas
Tous deux Ardéchois d'origine
Mais venant de Saint-Fortunat

Deux ans plus tard sont pauvre père
Décède accidentellement
Sa mère aussitôt récupère
La librairie de ses parents

Inscrit à l'école des Frères
Clément est un très bon élève
Mais ses études secondaires
Trop prématurément s'achèvent

Car les Faugier ne sont pas riches
Et la librairie manque d'homme
Mais le jeune Clément se fiche
D'être un vulgaire factotum

Puisqu'il a une idée en tête
Un projet qui lui tient à cœur
Qu'il va expliquer bille en tête
À des collègues confiseurs

Clément pense que la châtaigne
Que l'on mange en soupe, en purée
Que dans le vin blanc, on imprègne
Jusqu'au biberon des bébés

Peut être mangée en dessert
Sous forme de marron glacé
Aussi entre amis, pour ce faire
Ils fondent une société

Clément en est le manager
Et Séraldy, son associé
Et ses trois autres partenaires
Sont confiseurs ou pâtissiers

En mil huit cent quatre-vingt-six
À vingt-cinq ans et quelques mois
Clément fait de gros bénéfices
Dignes des mouliniers en soie

Il est temps pour le jeune boss
De penser à une amourette
Lors, il convole en justes noces
En mil huit cent quatre-vingt-sept

Sa belle épouse Léonie
Lui donne aussitôt un enfant
Mais le petit Louis ne survit
Alors vite on passe au suivant

Au quarante rue de la Gare
Loge la famille Faugier
Dans une sorte de hangar
Parmi leurs simples ouvriers

C'est l'ancienne moulinerie
Où les dévideurs de cocons
Ravis, mélangent aujourd'hui
Glucose et crème de marron

La famille s'est agrandie
Charles, Jean et Marie sont nés
Et en mil neuf cent-deux surgit
Un deuxième Clément Faugier

Ses douces crèmes de châtaignes
Et ses exquis marrons glacés
De telles renommées, atteignent
Qu'il doit sans relâche embaucher

Ainsi, en mil neuf cent vingt-quatre
À Privas, voulant être maire
Clément est élu sans se battre
Tant les Privadois le vénèrent

Pendant dix ans il administre
Sa bonne ville de Privas
Puis, au contraire d'un ministre
Clément, lui ne rempile pas

À quatre-vingt printemps, ou presque
Le "Bonhomme Châtaigne", il crée
Qu'il érige comme une fresque
Sur le mur de ses ateliers

Lors, il décède en pleine gloire
Non sans avoir été avant
Fait chevalier de Saint-Grégoire
Par le Saint-Père au Vatican
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