Réflexions
POÈMES À LA SUITE
X
RÉFLEXIONS
Mon enfance et jeunesse ont ensemble sombré
Dans l’abyssale gouffre, au grand vide effondré
De l’oppressante attente et des soupirs d’ennui,
De tristesse latente et souverain déni,
Triturant mon cœur lourd qui ne se consolait
Qu’en jeune aube, quand la lune s’auréolait,
Qu’au ruisseau murmurant sous les feux accablés
D’un chatoyant soleil faisant croître les blés.
« Tes façons questionnent ! On ne sait d’où tu viens ! »
« À nul d’entre nous, tu ne ressembles en rien ! »
Ce maternel discours me poussait aux abois,
Répété bien souvent, de trop nombreuses fois.
J’étais en quelque sorte une étrangère aux miens,
Électron inconnu, égaré en chemin,
Âme non destinée au corps qui l’hébergeait,
Toute chargée de peine et qui désenchantait.
Nul voyage extatique en ces mornes décombres
D'où parfois surgissait, dans des poussières d’ombres,
Quelque frêle fantôme, en sursis, solitaire,
Pâle évanescence, nimbée d’épais mystère.
Jamais il n’a parlé. Mais dans ses larges yeux
J’ai perçu l’effrayant labyrinthe fangeux,
L’invincible chagrin d’une vraie solitude,
Celle qui confortait toute ma certitude.
Page 12
Le 09 Septembre 2012
M.A.B.M.
Droits Réservés
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RÉFLEXIONS
Mon enfance et jeunesse ont ensemble sombré
Dans l’abyssale gouffre, au grand vide effondré
De l’oppressante attente et des soupirs d’ennui,
De tristesse latente et souverain déni,
Triturant mon cœur lourd qui ne se consolait
Qu’en jeune aube, quand la lune s’auréolait,
Qu’au ruisseau murmurant sous les feux accablés
D’un chatoyant soleil faisant croître les blés.
« Tes façons questionnent ! On ne sait d’où tu viens ! »
« À nul d’entre nous, tu ne ressembles en rien ! »
Ce maternel discours me poussait aux abois,
Répété bien souvent, de trop nombreuses fois.
J’étais en quelque sorte une étrangère aux miens,
Électron inconnu, égaré en chemin,
Âme non destinée au corps qui l’hébergeait,
Toute chargée de peine et qui désenchantait.
Nul voyage extatique en ces mornes décombres
D'où parfois surgissait, dans des poussières d’ombres,
Quelque frêle fantôme, en sursis, solitaire,
Pâle évanescence, nimbée d’épais mystère.
Jamais il n’a parlé. Mais dans ses larges yeux
J’ai perçu l’effrayant labyrinthe fangeux,
L’invincible chagrin d’une vraie solitude,
Celle qui confortait toute ma certitude.
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Le 09 Septembre 2012
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7 commentaires
bluegirl · le vendredi 2 mai 2014 à 21:19
(je pointais juste une similarité de parcours)...L'essentiel ici, est la profondeur de ta réflexion, la tournure de tes vers tout à fait intéressante avec la prise de parole maternelle très centralisée dans le texte, et dont on devine l'impact.
Et l'enfant est cette matière qui se modèle bien souvent à l'image qu'on a de lui. Car il ne peut se construire sans.
Merci pour le partage de tes réflexions ; amicalement.
Lola.
http://www.mespoemes.net/bluegirl
oliverjane1950 · le vendredi 2 mai 2014 à 23:39
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
Guy · le vendredi 2 mai 2014 à 23:51
Se sentir une étrangère à la seule place où vous pouvez être, celle que la vie vous a assignée, doit être très très lourd a porter pour une enfant.
Amicalement. Guy
http://www.mespoemes.net/renato
micheline1940 · le samedi 3 mai 2014 à 02:03
http://www.mespoemes.net/micheline1940
L'enfant se construit avec de l'amour, beaucoup d'amour, mais quelques fois, la tristesse investi des bribes de vie dont il faut absolument sortir ou bien alors mourir ... Merci à vous Lola de votre visite, et bien amicalement, Micheline
micheline1940 · le samedi 3 mai 2014 à 02:19
http://www.mespoemes.net/micheline1940
Je fus heureuse aussi et quelquefois vraiment malheureuse, car trop sensible et incomprise, et je n'avais qu'une seule idée, celle de grandir très vite afin de quitter le cocon familial. J'adorais mon Père, et le seul fait de penser à Lui me tire bien des larmes, immanquablement ... Merci Oliver de vous être arrêté sur mes lignes, et trouvez ici mon amicale salutation ! Micheline
micheline1940 · le samedi 3 mai 2014 à 02:28
http://www.mespoemes.net/micheline1940
Quelque part, on garde toujours son coeur d'enfant ... Merci Guy d'avoir lu mon texte. Bien amicalement, Micheline
domidom · le lundi 5 mai 2014 à 14:23
J'ai adoré vous lire...
Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
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