Jardins
POÈMES AJOUTÉS
XVII
JARDINS
Il est de ces jardins qui vous élèvent l’âme,
Il en est d’autres prompts à vous briser le cœur.
Certains ont fait profit d’une bien belle ardeur,
Et par la feuille qui, dès l’automne, se pâme,
Rejoindront dans l’humus ceux qui les virent naître.
Celui-ci s’abandonne en la jachère traître,
En mal de mort, Garrigue exhalant ses sueurs,
L’esprit du souvenir évanescent des fleurs.
C’est un ancien Éden perdu, bien oublié,
Se désolant en plein sous un ciel supplié,
Aux parterres en deuil, longtemps abandonnés,
S’agrippant aux cailloux, si cruels aux damnés.
Les pluies, vents et soleils ont dévasté sa terre.
Des ronces ont jailli du profond délétère
D’un monde souterrain sournois et malveillant,
Sans l’once d’un espoir de futur verdoyant.
Cet autre honorera son Créateur aimant
Qui le fit prospérer, dans un goût très charmant,
D’arbres et de plans d’eau, de cascades jolies,
Du chant d’une fontaine en amour d’ancolies,
Lieu cher aux papillons, passereaux pépiant
Voltigeant dans le soir qui se fait rougeoyant,
Aux allées en soupirs foisonnant de détours,
Faisant que ce jardin se souviendra toujours…
Lorsque je partirai, demeurera La Rose
Qui dans sa closerie ensorcela mon cœur,
Et par-delà mes vers, j’emporterai, morose,
Sa fragrance en liesse et sa splendeur de fleur.
M.A.B.M.
Cannes, le 17 Octobre 2014
Page 19
Droits Réservés
XVII
JARDINS
Il est de ces jardins qui vous élèvent l’âme,
Il en est d’autres prompts à vous briser le cœur.
Certains ont fait profit d’une bien belle ardeur,
Et par la feuille qui, dès l’automne, se pâme,
Rejoindront dans l’humus ceux qui les virent naître.
Celui-ci s’abandonne en la jachère traître,
En mal de mort, Garrigue exhalant ses sueurs,
L’esprit du souvenir évanescent des fleurs.
C’est un ancien Éden perdu, bien oublié,
Se désolant en plein sous un ciel supplié,
Aux parterres en deuil, longtemps abandonnés,
S’agrippant aux cailloux, si cruels aux damnés.
Les pluies, vents et soleils ont dévasté sa terre.
Des ronces ont jailli du profond délétère
D’un monde souterrain sournois et malveillant,
Sans l’once d’un espoir de futur verdoyant.
Cet autre honorera son Créateur aimant
Qui le fit prospérer, dans un goût très charmant,
D’arbres et de plans d’eau, de cascades jolies,
Du chant d’une fontaine en amour d’ancolies,
Lieu cher aux papillons, passereaux pépiant
Voltigeant dans le soir qui se fait rougeoyant,
Aux allées en soupirs foisonnant de détours,
Faisant que ce jardin se souviendra toujours…
Lorsque je partirai, demeurera La Rose
Qui dans sa closerie ensorcela mon cœur,
Et par-delà mes vers, j’emporterai, morose,
Sa fragrance en liesse et sa splendeur de fleur.
M.A.B.M.
Cannes, le 17 Octobre 2014
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20 commentaires
Guy · le dimanche 26 octobre 2014 à 23:55
La mélodie bute un peu à l'hémistiche de l'avant-dernier vers.
Amicalement
louis · le lundi 27 octobre 2014 à 09:22
Comme lui, je bute aussi sur l'avant-dernier vers.
Pour ma part, je le lis ainsi:
"Et, par-delà mes vers, j'emporterai ma prose".
Amitiés. Richard.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 27 octobre 2014 à 18:38
L'avant dernier vers ? Oui, techniquement il serait peut-être à reprendre. Mais, par exemple, si la suggestion de Louis est parfaite, moi aussi j'aurais très bien pu écrire, en le séparant par une virgule "mes vers, ma prose". Oui la perfection de l'avant-dernier vers eut été magnifique, mais ce n'est pas important. La beauté émotionnelle globale du poème est bien là. Merci de ce partage, Micheline. Bien à toi/vous. Philip.
Guy · le lundi 27 octobre 2014 à 19:32
Mais Richard et moi-même nous parlions de la musique des alexandrins de ce beau poème, uniquement. Je lis souvent à voix haute pour apprécier aussi cette aspect-là de la poésie.
Amicalement
Guy · le lundi 27 octobre 2014 à 19:34
domidom · le lundi 27 octobre 2014 à 21:22
Des vers chargés d'émotion...
Il faut reconnaître que lire vos poèmes est toujours un immense plaisir...
Amitiés, Domie...
bluegirl · le lundi 27 octobre 2014 à 21:43
Merci pour cette promenade fascinante, chère Micheline.
Bien amicalement,
Lola.
.
Micheline 1940 · le mardi 28 octobre 2014 à 11:09
Vous m'avez avertie d'une faute qui montre
Ce qui pèche en ce vers, et m'y fait revenir.
Je ne savais, déjà, ce qu'était l'hémistiche,
Et le dico m'en apprit l'amère saveur !
Dans ma petite science, je pensais bien pouvoir,
Trancher dans l'au-delà sans blesser l'auditoire ...
Votre exemple, cher Louis, est tout à fait parfait
Mai je ne puis, ainsi, le copier tout à fait,
Et sans honte voler votre travail bien fait !
Après réflexion, je viens et vous propose
« Et par-delà l’éther j’emporterai ma prose »
Souhaitant que ce vers suive bien vos conseils
Veuillez trouver ici, avec mille mercis,
Toute mon amitié vierge de tous soucis!
Bien amicalement
Micheline.
Micheline 1940 · le mardi 28 octobre 2014 à 11:22
Vous m'avez encore fait la grâce de votre amicale lecture, ce dont je vous remercie bien plus qu'infiniment, et profite de ce mot pour vous dire mon souvenir tout empreint de soleil comme aussi d'amitié.
Belle et bonne journée à vous en ce beau jour lumineux et débordant d'un soleil non avaricieux !
Micheline.
Micheline 1940 · le mardi 28 octobre 2014 à 11:53
Il faut que ce beau jour tout plein de grand soleil ne soit pas le dernier à réchauffer nos os ! Je tremble de froidure et déjà appréhende, le bien vilain hiver qui me verra glacée !
Merci d’être passée dans mes jardins qui furent, pour vous comme pour moi, un bien joli moment ! Bien amicalement, Micheline.
larose · le mardi 28 octobre 2014 à 12:30
Tout est dit!! Bravo!!! Merci pour ce magnifique partage!! Bonne journée!! Biz
Cerise · le mardi 28 octobre 2014 à 17:40
Merci Micheline, quelle justesse et quelle délicatesse dans vos mots.
Douce soirée...sourire
louis · le mercredi 29 octobre 2014 à 11:17
je vais me permettre de revenir sur la lecture "critique" de ce fameux avant-dernier vers qui a suscité la réaction de Guy et de moi-même.
A la réflexion mon commentaire du 27 octobre appelle les remarques suivantes:
Soit on se retranche dans un univers mélodique à la "Boileau", soit on accepte votre écriture dans une approche plus moderne qui s'affranchit du style "berceuse" comme surent le faire Mallarmé, Verlaine et bien d'autres:
"La jeune dame qui/marche sur la pelouse..."
(Dans le jardin, Mallarmé)
"Mon cher enfant que j'ai/vu dans ma vie errante..."(A un passant, Verlaine).
On pourrait multiplier les exemples à n'en plus finir.
Si mes souvenirs sont bons, vous aviez écrit:
"Et j'emporterai par-delà mes vers, ma prose..."
Et bien, je considère ce vers tout à fait acceptable, la césure intervenant, pourquoi pas, après la préposition "par", en cassant avec audace, les hémistiches comme le firent nos grands maîtres précédemment cités.
J'aimerais bien, à ce sujet, avoir l'avis d'autres commentateurs.
Amitiés. Richard.
Micheline 1940 · le dimanche 2 novembre 2014 à 01:49
Bien à vous et très amicalement,
Micheline.
Micheline 1940 · le dimanche 2 novembre 2014 à 01:59
Ah ! comme vous me gâtez ! Je vous suis redevable de toutes vos bontés, empreintes aussi de générosité dont je vous remercie, vous priant à mon tour de trouver ici ma bien vive amitié.
Micheline.
Nemo · le vendredi 7 novembre 2014 à 13:49
Vous êtes passée sur ma page et votre commentaire m’indique que vous êtes désabusée par le manque d’intérêt de ma part pour vos poèmes. Il n’en est rien. Je passe - assez irrégulièrement, il est vrai - sur de nombreuses pages (Domie, Bluegirl, Philip, Guy, Richard, et j’en passe) sans laisser de commentaire.
Pourquoi ?
Vous avez probablement remarqué que je suis très pointilleux sur le respect des règles de la versification française, surtout pour mes propres textes ! J’admets volontiers que les autres ne la respecte pas. Le problème que je rencontre à l’occasion de mes lectures est le suivant : devant un non-respect des règles, je ne sais évidemment jamais s’il s’agit d’une volonté ou de l’ignorance de la part de l’auteur. Dans le premier cas, un commentaire est inutile, dans le second, il deviendrait désagréable. Je me contente donc de lire «en silence» et je laisse aux autres le soins d’encenser l’auteur, à tort ou à raison.
Si vous le permettez, je voudrais répondre à Richard qui souhaite, ci-dessus, un avis à propos d’une césure douteuse. Une césure à l’intérieur de la locution par-delà n’est certes pas du meilleur effet. On trouve parfois la césure ailleurs qu’à la sixième position dans un alexandrin quand cela permet de mettre en évidence une partie du vers ; mais il faut que ce soit volontaire et non accidentel. Et pourquoi soulever ce détail de césure et ne pas parler de problèmes plus évidents comme hiatus, diérèses et e muets non élidés ?
Tout cela est d’ailleurs sans importance à partir du moment où, de toute évidence, l’auteur(e) a opté pour des «vers libérés».
Voilà, Micheline, ce que je voulais que vous sachiez.
Libre à vous de supprimer ce commentaire si vous estimez qu’il est hors de propos.
En toute amitié,
Pierre.
Micheline 1940 · le samedi 8 novembre 2014 à 18:41
Tout d'abord, je tenais à vous remercier d'être passé avec courtoisie sur ma page. Croyez bien que je n'étais et ne suis en rien désabusée, mais tout simplement étonnée de n'avoir relevé que peu de réponse aux commentaires de lecteurs ravis et enchantés d'avoir lu vos magnifiques textes. Je suis bien consciente que cela prend beaucoup de temps, et pendant cette opération, "on ne travaille pas" à ce qui préoccupe le plus notre esprit : un poème en écriture. Je vais de suite vous expliquer mon ignorance en poésie, car je ne sais aucune règle, n'ayant jamais appris. Si j’osais, et si vous avez quelques miettes de secondes, je vous demanderai de vous projeter sur le Moi de mon lien, et là vous saurez tout ! Loïc m'a beaucoup aidée avec sa merveilleuse bienveillance, et ainsi j'ai un peu progressé, à mon rythme qui n'est pas celui d’un super Fangio, mais au contraire, lentissimo et piano piano. Il se peut bien qu’un beau jour j'entre en réelle espérance de progrès… Je n’effacerai pas votre commentaire qui m’est précieux, car j’ai relu « Jardins » et j’y ai trouvé (hiatus et E muet non élidé) comme aussi bien d’autres tournures, que j’ai pu corriger à mon petit niveau, mais sera-ce suffisant ? Mon texte est-il potable à cette heure ? J’ai conscience de mes faiblesses et les avis me sont toujours bénédiction et non mal venus ! Tout au contraire ! Aussi, et bien entendu si cela vous tente, je resterai à bonne écoute de vos avis et conseils éclairés. Dans cet espoir, qui n’est pas mince, veuillez croire, Pierre, et trouver ici mon bien amical salut.
Micheline.
Nemo · le dimanche 9 novembre 2014 à 10:33
Si vous le souhaitez, je vous indiquerai vos fautes de prosodie. Mais j'insiste sur le fait que cela n'a d'importance que si vous désirez vraiment écrire dans le respect absolu des règles de versification, ce qui n'est plus de mise pour nombre de poètes actuels.
Comme cela risque d'être assez long, le mieux serait de me communiquer une adresse de courriel. La mienne est [email protected]
A votre meilleure convenance.
Amicalement,
Pierre.
PS. J'efface votre commentaire sur ma page étant donné que cela fait redondance.
Guy · le dimanche 9 novembre 2014 à 11:01
Je suis navré d'avoir été à l'origine d'une polémique sur ce beau poème, ce que je ne souhaitais bien sûr pas !
Voici ce que j'ai écrit à Richard sur un de ses poèmes :
"Richard, concernant le poème 'Jardins' de Micheline, je suis d'accord avec ton deuxième commentaire, pourquoi ne pas changer parfois le rythme de vers à l'exemple des grands poètes que tu as cités.
Mais dans ce poème-ci, c'était le seul vers qui provoquait cette rupture mélodique, et je trouvais donc que cela tranchait un peu trop brutalement avec le reste des vers."
Je suis d'accord avec Pierre, la poésie classique est trop souvent malmenée, par moi le premier qui laisse trop souvent traîner un pied de trop ou un hiatus, malgré les conseils avisés de Salus, qui m'a tellement aidé à progresser.
Mais vos vers sont tellement beaux et musicaux que je trouvais dommage de ne pas vous signaler cette rupture involontaire dans leur rythme jusque-là impeccable.
Je vous souhaite un bon dimanche, l'amour de la prosodie au coeur.
Amitiés
Micheline 1940 · le lundi 10 novembre 2014 à 20:50
Bonne soirée à vous, et toute mon amitié.
Micheline.
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