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Mélancolies

Ce Pesant Nonchaloir

Le vendredi 22 juillet 2016 à 22:58, posté par Micheline · 383 lectures

POÈMES MÉLANCOLIQUES


LXVI


CE PESANT NONCHALOIR



Et s’il m’était permis aujourd’hui de Vous voir,
Je sais que mon bonheur n’aurait point de limite.
Qu’à l’instant finirait ce pesant nonchaloir
Qui depuis tient mon cœur dans la sombre guérite,
Fermée de toutes parts, et que je ne mérite.


Que revienne ce temps qui me languit. L’espoir,
Compagnon de misère, est-ce là le mérite
Qui, las, encor m’échoit ? Attente de parloir
Où s’essouffle mon cœur quand mon âme lévite ?
Ah ! que je m’agenouille et qu’enfin je médite…


Quand Vous me reviendrez, saurais-je apercevoir
L’approche du moment ? Saurais-je, sans redite,
Exprimer mon amour sans trop Vous décevoir ?
Combien m’est douloureux ce vieux corps en limite,
Alors que Vous restez si jeune, et moi, faillite !



M.A.B.M.
Cannes le 9 Juillet 2016

Page 69
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2 commentaires

Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 25 juillet 2016 à 09:30

Bien chère Micheline,
Me voici ici, avec un tout petit peu de retard.
L'usage de l'ancien synonyme qu'est nonchaloir (Baudelaire l'a utilisé), sied parfaitement à la tonalité de votre poème. Le choix des rimes ajoutent un rythme, mélancolique bien sûr, mais qui me transporte sans effort vers des temps anciens, que j'entrevoie parfois.
En lisant vos vers, mais ce n'en est pourtant pas la substance, je vois l'ombre de Proust, dans l'élégante Cabourg. Pourquoi ? Je ne puis le dire.
Mais sans doute parce que votre poème, et la touche de mélancolie participe à sa "parure", est une déclinaison délicate de la nonchalance, celle de l'âme, où le coeur se languit et où le temps s'écoule parfois comme l'averse au Printemps.
Je vous souhaite une belle semaine, chère Micheline. Avec toute mon amitié. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

Micheline 1940 · le mardi 16 août 2016 à 02:22

Bien cher Philip,
Il m'en aura fallu du temps pour répondre à votre commentaire bien amicalement charmant, pour lequel vous trouverez ici mes remerciements les plus vifs. D'autre part, je vous prie et vous demande sotto voce, de ne point voir dans ce retard, une quelconque mauvaise volonté de ma part, mais bien la cause de pénibles désordres indépendants d'une mienne volonté, et qui m'ont tenue éloignée pour un temps du Site.
Je suis comblée de me trouver, sous votre plume, à l'ombre de Proust, une situation merveilleuse s'il en est, et de plus à Cabourg la nonchalante et mélancolique de la Belle-Époque, ce qui me plait infiniment ! Donc, que du bonheur reçu, et pour cela, encore mille mercis cher ami !
Avec mon plus amical souvenir,
Micheline.

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