Variation Sur Le Désert
ET PUIS … DE LA PROSE
II
VARIATION SUR LE DÉSERT
La trace d’un scarabée ourle la dune de sable qui, interminablement, chemine vers l’infini de l’horizon, celui-là même qui jamais ne trouvera d’obstacle, et non plus jamais ne s’essoufflera.
Tout n'est que silence. Pas la plus petite vibration du moindre son dans l'air brûlant qui danse et tire notre regard sur un mirage d'oasis.
Rien, pas un souffle, pas un parfum de fleur, pas une odeur de bois fleurant l’humanité.
Pas le plus petit nuage dans le ciel blanc qui blesse les yeux.
Ce large vide immense que nul oiseau ne traverse, et qui nous ôte le plus fragile espoir d’une ombre où se fondre pour disparaître, se reposer, s’endormir pour oublier un peu sa solitude, et sa désespérance …
Et puis quand vient le soir, percevoir enfin la vie dans l’ombre de la dune qui se pose et s’allonge, apportant une paix que j’avais oubliée dans cet épouvantable chaudron de l’enfer, éclaboussé de lumière métallique, cette implacable fournaise qui peu à peu, en moi, tuait toute espérance.
Le soleil plonge enfin, fatigué, disparaissant dans les lointaines dunes qui doucement s’effacent dans le jour qui décline.
Elles frémissent, jusqu'à ensemble s'évanouir, accrochant un regret dans le halo tremblant et ténu de la nuit qui tire son grand manteau.
Bientôt, çà et là, quelques pâles stridulations de timides criquets saluent le crépuscule avançant à grands pas. C'est l'heure des derniers feux du soleil moribond, plongeant à l'horizon et saupoudrant d'or rouge les dunes ondoyantes et leurs ombres sanglantes découpées dans la hâte des longs ciseaux du soir.
Alors, imperceptiblement, la voûte céleste semblera descendre sur la terre, se cloutant de scintillantes étoiles, piquées sur un fond bleu profond d'enluminures, celui de l’antique vitrail des rosaces de nos splendides Cathédrales, ces vaisseaux de la Foi, méditations ferventes de pierres ouvragées, muettes et consacrées, émouvantes prières qui s'élancent au ciel.
Et dans ce majestueux et incomparable silence du désert, dans cette imperturbable nuit qui marche, la paix s'installera largement dans mon cœur, cet ostensoir de l'âme gardien de mes prières, et Dieu y descendra doucement, comme un souffle, afin d'y reposer.
Cannes le 08 Août 2011
M.A.B.M.
Droits Réservés
II
VARIATION SUR LE DÉSERT
La trace d’un scarabée ourle la dune de sable qui, interminablement, chemine vers l’infini de l’horizon, celui-là même qui jamais ne trouvera d’obstacle, et non plus jamais ne s’essoufflera.
Tout n'est que silence. Pas la plus petite vibration du moindre son dans l'air brûlant qui danse et tire notre regard sur un mirage d'oasis.
Rien, pas un souffle, pas un parfum de fleur, pas une odeur de bois fleurant l’humanité.
Pas le plus petit nuage dans le ciel blanc qui blesse les yeux.
Ce large vide immense que nul oiseau ne traverse, et qui nous ôte le plus fragile espoir d’une ombre où se fondre pour disparaître, se reposer, s’endormir pour oublier un peu sa solitude, et sa désespérance …
Et puis quand vient le soir, percevoir enfin la vie dans l’ombre de la dune qui se pose et s’allonge, apportant une paix que j’avais oubliée dans cet épouvantable chaudron de l’enfer, éclaboussé de lumière métallique, cette implacable fournaise qui peu à peu, en moi, tuait toute espérance.
Le soleil plonge enfin, fatigué, disparaissant dans les lointaines dunes qui doucement s’effacent dans le jour qui décline.
Elles frémissent, jusqu'à ensemble s'évanouir, accrochant un regret dans le halo tremblant et ténu de la nuit qui tire son grand manteau.
Bientôt, çà et là, quelques pâles stridulations de timides criquets saluent le crépuscule avançant à grands pas. C'est l'heure des derniers feux du soleil moribond, plongeant à l'horizon et saupoudrant d'or rouge les dunes ondoyantes et leurs ombres sanglantes découpées dans la hâte des longs ciseaux du soir.
Alors, imperceptiblement, la voûte céleste semblera descendre sur la terre, se cloutant de scintillantes étoiles, piquées sur un fond bleu profond d'enluminures, celui de l’antique vitrail des rosaces de nos splendides Cathédrales, ces vaisseaux de la Foi, méditations ferventes de pierres ouvragées, muettes et consacrées, émouvantes prières qui s'élancent au ciel.
Et dans ce majestueux et incomparable silence du désert, dans cette imperturbable nuit qui marche, la paix s'installera largement dans mon cœur, cet ostensoir de l'âme gardien de mes prières, et Dieu y descendra doucement, comme un souffle, afin d'y reposer.
Cannes le 08 Août 2011
M.A.B.M.
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12 commentaires
micheline1940 · le jeudi 31 janvier 2019 à 17:46
Je me suis permise de reposter ce texte qui se rapporte à des ressentis aux abords du Désert, et cela peut faire suite aux précédents souvenirs. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur...
Bien amicalement, votre fidèle
Micheline
worrell02 · le jeudi 31 janvier 2019 à 19:49
Comment pourrait-on vous en tenir rigueur ? C'est toujours un immense plaisir de lire et relire vos magnifiques textes. De plus,celui-ci est tellement paisible.
Encore merci de votre inquiètude à mon sujet et de votre message.
Mes amitiés, Ivy
worrell02 · le jeudi 31 janvier 2019 à 19:56
mouchetyves · le jeudi 31 janvier 2019 à 20:45
Rêveuse · le jeudi 31 janvier 2019 à 20:56
Une prose de toute beauté que j'ai eu plaisir à lire, ne connaissant pas le désert , j'ai suivi vos mots avec passion !
Quel talent que le votre!
merci beaucoup de nous offrir tant de beauté!
avec mes meilleures amitiés
PS Juste une petite précision, c'est moi qui suis malade et je parlais de la maman d'Hélène, mais ce n'est pas grave du tout ....
belle soirée ma chère amie
Susan* Coquelicot * · le vendredi 1 février 2019 à 06:23
Très belle prose …Merci !
Le désert, j’ai eu le plaisir d’y aller, je dois vous dire que votre écriture m’a renvoyée vers ces paysages magnifiques mais parfois inquiétants …
Merci encore chère Micheline, je vous ai lu et relu avec beaucoup de nostalgie et de mélancolie, votre plume est si belle et le temps passe trop vite !!!
Bien amicalement.
Susan
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 1 février 2019 à 06:57
Bien sincèrement, voici une époustouflante prose poétique, où l'on ressent à la lecture (et de surcroît, une lecture en plein hiver) l'accablement et l'étourdissement que procure le désert. Les sens en sont bouleversés.
Tout comme Yves, dont j'ai lu le commentaire, l'on ne peut penser qu'à Saint-Exupéry, échoué en plein désert, n'ayant pour issue, afin de ne pas sombrer dans la folie, que son imaginaire Petit Prince.
Votre écrit a quelque chose d'épique, chère Micheline.
Bien à vous et avec toute mon amitié.
Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
debbie · le vendredi 1 février 2019 à 07:26
Belle journée
Avec toute mon Amitié
Debbie
liameliavq · le vendredi 1 février 2019 à 12:17
J'en reste coite d'admiration !!!
Merci de ce petit bijou chère Micheline.
Je vous embrasse avec gratitude de m'avoir emmenée avec vous dans ce périple poétique.
LN.
domidom · le vendredi 1 février 2019 à 15:08
Quelle superbe prose, c'est toujours un plaisir de se pencher sur votre poésie et vos textes, vos talents d'auteure ne sont plus à prouver et c'est toujours un bonheur de les partager...
Le désert, vaste étendue sablonneuse, horizon inconnu, dans lequel mon imagination m'a souvent transporté...
En fait, en vous lisant , rien ne ressemble vraiment à l'image que j'avais imagé...
Un grand merci pour ce partage perceptible et instructif...
Mes amitiés respectueuses...
Domie
henridurtal · le vendredi 1 février 2019 à 15:36
micheline1940 · le mardi 5 février 2019 à 02:30
Si vous saviez combien j'ai été heureuse de vous lire, d'autant que je me trouve alitée depuis un moment déjà, et que le temps me dure !
Merci chère Ivy pour votre mot, c'est si gentil à vous d'être passée me lire ! Je suis émue de tant de bonté...
Et comme vous avez raison cher Yves, le Petit Prince n'était pas loin de moi ! Il m' a même semblé l'entendre ! Merci aussi à vous pour votre visite sur mon texte, et croyez-m'en flattée ! Surtout ne m'en remerciez pas, car ce fut un plaisir de vous l'offrir ce petit bout de sable logé dans ma mémoire !
Et vous, chère Rêveuse, enfin revenue ! Je ne vous savais pas souffrante, aussi pardonnez-moi l'erreur que je fis en comprenant que c'était votre maman qui vous préoccupait. Croyez bien que je suis bien désolée de l'apprendre, et vous offre ici, tout mon secours moral et mes prières. Décidément, 2019 ne se présente pas pour nous comme une année câline. Souhaitons qu'elle change vite d'avis et nous remette vite sur pieds ! Merci pour votre mot. Il me mit baume au cœur ! Belle nuit à vous !
Ma chère Susan, pour vous aussi je vous dois de sincères remerciements pour votre ressenti de lecture. Il est vrai que devant pareille vastitude, l'on peut ressentir de l'inquiétude, et parfois même de l'effroi face au silence où perce par moment le souffle du vent. Merci pour votre visite.
Tout comme à vous mon cher Philip, un grand merci pour votre commentaire qui me remit dans les pas de notre Petit Prince... Non seulement il était gracieusement bavard, mais de plus, adorablement mignon et sensible à croquer ! Merci encore pour votre visite !
Ah ! Ma chère Debbie, la Lune et les Étoiles dans le ciel du Désert sont absolument incomparables, car elles semble danser et tourner toutes ensemble, et se trouver si bas, à portée de votre main si vous tendez le bras. Un véritable enchantement ! Si vous y allez, et je vous le souhaite, vous en serez toute envoûtée comme à jamais ensorcelée !!!
Merci de votre passage sur ma page. Ce me fut un plaisir de vous lire.
Merci ma chère Hélène pour votre appréciation de mon texte, et je suis heureuse de vous avoir fait un petit plaisir de lecture dans cette description minimaliste du Désert. Je vous envoie quelques éclats d'Étoiles qui, à ma demande, illumineront vos rêves.
Comme toujours ma chère Domie, vous me gâtez, et je me dis que sans vous et vos conseils, je serais moins à même d'écrire de cette manière que vous dîtes apprécier. Je vous remercie mille fois pour votre précieuse aide, comme aussi pour votre visite sur ma page qui m'est honneur et plaisir.
Il est vrai cher Henri que ces deux déserts ne se ressemblent pas beaucoup, mais la sensation de solitude doit être la même, sinon fort approchante. Merci pour votre compliment qui me va droit au cœur.
Mes bien chères amies, mes bien chers amis, se soyez pas étonnés de ma forme de réponse. J'ai craint que mon appareil se bloque au 2ème ou 3ème message, aussi ai-je opté pour cette formule.
Pour toutes et tous, ma vive et sincère amitié, comme aussi et toujours, mon bien amical souvenir.
Micheline.
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