Le Miroir
CRÉPUSCULES
III
LE MIROIR
J’ai peigné mes cheveux d’une main, certes, habile,
Maquillé mon regard de fards et de crayons,
Usé de mascara pour souligner mes cils,
Et de la poudre enfin pour matifier les tons.
Miroir ! Tu me renvoies les traits d’une inconnue,
La mine rajeunie d’un visage ignoré
À la face figée que je n’ai reconnue.
Et ton reflet brutal afflige l’éploré…
Aussi, m’insupportant devant ce pur mensonge
J’ai usé de pratique alerte et enlevé
Ce masque ridiculement jeune, et je songe
À l’aménité d’un vieil ami retrouvé...
Autrefois tu trônais, doux et câlin miroir,
Flattant sans réfléchir la fraîche joliesse…
Aujourd’hui tu m’es un bien sinistre avaloir
Fracassant le minois à l’avenante liesse,
Et j’y lis le soucis, ombrageux ou morose
Du présent infertile et bourreau de beauté,
Me faisant regretter la fraîcheur de la rose
Qui, dans mon clair bonheur, puisait l’éternité…
M.A.B.M
Cannes, le 17 Janvier 2022
Page 4
Droits Réservés.
III
LE MIROIR
J’ai peigné mes cheveux d’une main, certes, habile,
Maquillé mon regard de fards et de crayons,
Usé de mascara pour souligner mes cils,
Et de la poudre enfin pour matifier les tons.
Miroir ! Tu me renvoies les traits d’une inconnue,
La mine rajeunie d’un visage ignoré
À la face figée que je n’ai reconnue.
Et ton reflet brutal afflige l’éploré…
Aussi, m’insupportant devant ce pur mensonge
J’ai usé de pratique alerte et enlevé
Ce masque ridiculement jeune, et je songe
À l’aménité d’un vieil ami retrouvé...
Autrefois tu trônais, doux et câlin miroir,
Flattant sans réfléchir la fraîche joliesse…
Aujourd’hui tu m’es un bien sinistre avaloir
Fracassant le minois à l’avenante liesse,
Et j’y lis le soucis, ombrageux ou morose
Du présent infertile et bourreau de beauté,
Me faisant regretter la fraîcheur de la rose
Qui, dans mon clair bonheur, puisait l’éternité…
M.A.B.M
Cannes, le 17 Janvier 2022
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3 commentaires
José · le vendredi 29 avril 2022 à 09:02
J'aime vos poèmes qui au delà de leur beauté donnent matière à réfléchir. Ici c'est tout le rapport que nous avons au temps qui est décrit dans le reflet de ce miroir; si l'on sait donner du prix au temps, on vit intensément et le pouvoir du miroir n'est alors plus le même.
Avec affection, bonne journée.
micheline1940 · le jeudi 5 mai 2022 à 17:35
Merci pour votre commentaire sur ce texte qui ouvre la terrible fenêtre sur le temps et ses affreux et bien pénibles cortèges, compagnons de vieillesse...
Songez au parangon : vieux, triste et malade_ le délice infernal de l'âge avancé...
Il faut absolument que j'oublie mes maux et emploie résolument d'autres mots !
Merci pour votre bonsoir que je vous retourne avec ma bien vive amitié.
Votre bien affectionnée Micheline.
rivaudais · le vendredi 3 juin 2022 à 12:46
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