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Nouveau né

Le mardi 26 avril 2016 à 09:50, posté par Luc · 178 lectures

Marie
Magie du nouveau né
Encore déjà bébé





Une main comme un rouge gorge,
Un sourire de lune d’un nouveau monde,
L’énergie d’années lumière, larges ondes,
Coton épars repose en paix sur le sol d’ail,
Pétales d’or lancés au coeur dans le soleil :
Plus rien d’autre n’existe, nu
L’univers tout entier contenu
Dans le glougloutement louche,
Qui luit doucement de sa bouche,

Ravissement rythmique,
Illumination mystique,
Unique désir,
Eclat de rire,
Ravinement des durs à cuir,
Effacement des brochures,

Ruissellement harmonique,
Machinations carboniques,
Tout juste jouir,
Ne plus courir,
Ravissement pur, gastrique,
Ensevelissement magique,

Si le paradis était un jour sur terre,
Ce serait pour toujours cette mère.
Brusque à venir,
Risque à tenir,
Evanouissement de l’ancien être,
Resurgissement profond de bien-être.

Tout est absout.
A nouveau absolu,
Rien d’abscons,
Néant des gascons,

De fierté, que le sourire,
De rareté, que le pire
Apprentissage de la lumière pure,
Ravaudage des mistigris trop pires,
De piété abasourdir,
De pitié à en mourir.

Elle a pris un seul de mes doigts gantés.
Elle a saisi de son index mon nez prémonitoire.
Elle a compris comment m’aimanter.
Elle n’a rien d’autre, qu’être sur son promontoire,

Dont elle ne redescend que pour rire.
Elle connait tout de mes langueurs.
Elle renait si loin de mes peurs,
Dont elle balaie légère les repentir.


Autour d’elle l’ancien hop ! renait.
Nouvelle vie d’espérance,
Non pas faite d’errance,
Chemins sous nos pas, amenés.

Invitation courtoise,
Initiation bourgeoise,
Sans en avoir l’air,
Redonner de l’air,
Nous laisse pantoise,
Ecriture fine d’ardoise

Avec notre prénom
Et tous nos noms,
Y compris les échappés,
Ceux qu’on a bien oubliés.

Nouvelle naissance
Offerte soudain par le nouveau né.
Pieuse arborescence
Délivrée par la chenille bien aimée.

Tous se tenait à genoux,
Non pas pour l’honorer,
Mais pour se rassurer,
Sur ce Dieu si tant doux.

Le merci parait mendiante,
La louange grandiloquente,
La prière modeste,
Seule, est adéquate.

Dans le grand silence
De cette communion gazouillante
Il n’y a plus d’absence.
Dans cette réunion aimante,

L’étonnement
Amoureux,
Tâtonnement
Heureux.
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2 commentaires

rivaudais · le mardi 26 avril 2016 à 15:11

Touchant poème d'amour paternel (et maternel aussi), ode à la vie du nouveau-né, cantate de la joie à l'enfance juste éclose. Des lignes qui me rappellent tant de souvenirs émus. Il est vrai que parfois les nouveaux parents deviennent un peu "gâteux" devant l'apparition puis les progrès de leur progéniture. Mais c'est tellement sympathique. Et c'est bellement exprimé .

luc · le jeudi 28 avril 2016 à 00:11

Merci pour votre aimable commentaire . Oui le bébé rend "gâteux" mais surtout il rend tout vivant à nouveau. La force de sa faiblesse est d'être "lazaréenne" .

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