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Ecrits pleins et déliés

Insomnies, (à dates anniversaires)

Le vendredi 10 novembre 2017 à 23:59, posté par La Mouche Nounouche · 385 lectures

De nouveau, cette nuit du dix au onze novembre
Je ne parviens pas à rester alité dans ma chambre.
Invariablement je revis encore cette veillée funèbre
L'angoisse puis la délivrance au milieu des ténèbres
Il n'est pas si simple de voir partir à jamais son père
De trinquer avec lui à sa mort, qu'il attend et espère
Quand la maladie et la souffrance l'ont fait grabataire
Et que la science s'acharne sans une once d'humanitaire
De nouveau, je revis là, notre culpabilité d'être démuni
Face aux serments d'hypocrites dont ils se sont prémunis
Même quand ils savent l'issue irréversible et sans lendemain
Ayant plus d'égard pour leurs animaux que pour des humains
J'en ai encore la rage d'avoir subi avec lui cette déchéance
De les avoir vu s'acharner retardant l'inévitable échéance
Trente six ans ont passés comme trente six chandelles allumées
Qui ne s'éteindront jamais sur mes souvenirs d'alors enfumés
Je traîne cette mort et cette histoire comme une sale cicatrice
Jamais pour ce genre de chose n'existe de formule réparatrice
Quand nous accepteront-ils le droit de mourir dans la dignité ?
Quand mettrons-nous un terme à ce festival d'inhumanité ?
Quand sera-t-il possible de passer normalement de vie à trépas ?
Il me faudra attendre ce jour là pour dormir sereinement Papa
Dès lors qu’enfin libres nous aurons réussi à gagner ton combat
C'est en ta mémoire qu'aujourd'hui moi aussi je me bats
Pour libérer les consciences de cet obscurantisme religieux
Accompagné parfois d'intérêts financiers plus que litigieux
Et j'irai revendiquer jusqu'au suicide assisté si nécessaire
Car même face à la mort la liberté jamais ne nous dessert
De nouveau cette nuit est encore pour moi faite d'insomnie
Et elle le restera tant que la société s'endormira sur ce déni
T'inquiète pas Papa, tes petits-enfants prendront la relève
Tu peux être fier car de tes principes ils sont de bons élèves.

La Mouche 11/11/2015.
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7 commentaires

Lesmotsbleus · le samedi 11 novembre 2017 à 02:11

Je suis avec toi, j'ai vécu ce drame, et je salue ton vombat quand à accepter un rien d'humanité, tant d'acharnement pour en arriver à une déchéance qui mènera de toute façon à la fatalité. Le serment d' Hypocrate n'a plus aucune valeur, et tu as vraiment trouvé le bon mot d'hypocrite en parlant du corps médical. Merci La Mouche. Vraiment touchée et émue.

joey de provence · le samedi 11 novembre 2017 à 06:58

mille excuses pour le commentaire d'avant , je ne savais pas et moi aussi je suis pour partir sereinement avec une assistance et hop passer de vie à trépas ! pardonne moi encore j'aime tes écrits ils sont triste mais ....... amie amie Joey !

La Mouche Nounouche · le samedi 11 novembre 2017 à 09:24

Ce que j'ai du mal à comprendre c'est qu'une grosse majorité pense ainsi et pourtant rien ne bouge. . .

taia · le samedi 11 novembre 2017 à 09:34

Calme-vous, donnez libre passage au destin, le fatalisme peut guérir, ne laissez pas les cicatrices couler liquides! Vous l'avez dit: "T'inquiète pas Papa, tes petits-enfants prendront la relève Tu peux être fier car de tes principes ils sont de bons élèves." Voilà l'espérance. Un virtuel câlin.
taya.

milady44 · le samedi 11 novembre 2017 à 11:04

Oui tout est dit dans ce cri, j'ai écrit un poème aussi sur ce sujet brûlant , espérons que les choses changent .
Milady

Lesmotsbleus · le samedi 11 novembre 2017 à 13:43

Pas pour habitude d'intervenir deux fois sur un poème, et loin ma pensée d'ouvrir un débat sur un site de poèmes, mais il est difficile de calmer une colère, quand on garde l'image d'une personne aimée, dégradée, tout ce qu'on désir non pour nous mais pour EUX.

La Mouche Nounouche · le samedi 11 novembre 2017 à 13:53

Lesmotsbleus, très dur lorsque seul la tête aimée fonctionne encore mais en perdant tout contrôle sur un corps qui se liquéfie littéralement. . .Honte et colère jaillissent de cette torture infamante et la culpabilité pour les aimants d'être impuissant face au corps médical. Milady44 ou Jo j'ai lu ton poème qui m'a plu. Amicales pensées à vous deux. Yves

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