Mon témoignage du jour
( Vous le savez tous : ma vie est un poème. Mais la poésie ne se résume pas aux rimes ni aux vers avec ou sans pieds. J'ai présenter ce texte ce matin au Groupe Inter Alcool de la Région Rhône Alpes qui fêtera son trentième anniversaire l'année prochaine. Ce groupe est composé de professionnels en Addictologie: médecins, psy, infirmiers, assistantes sociales, etc mais aussi de bénévoles militants dans les associations.
Alors pour une fois j'étais sérieux sans être grave et j'ai livré mon témoignage sur la résilience et sur le bénéfice des fréquenter les associations d'aide à la guérison. J'ai eu le plaisir ce matin d'avoir de nombreux retours positifs et chaleureux tant sur le fond que sur la forme. Alors j'ai opté pour le partage à nouveau au lieu de le laisser croupir dans un tiroir. Tout ce qui peut apporter un éclairage sur la dépendance reste à offrir pour informer)
Témoignage d'un malade alcoolique en rémission, buveur guéri et abstinent heureux
Pour la descente aux enfers, comme dans toutes les conduites addictives, je serai bref car le sujet est souvent développé avec des parcours de vie quasi parallèles pour chaque malade :
- La découverte et l'initiation au produit avec le plaisir procuré
- Une fragilité ancienne ou un vide à combler
- L'habitude et l'accoutumance induisant une consommation accrue
- Le mésusage passant du plaisir à l'usage médicamenteux
- L'installation progressive de la dépendance avec la perte de contrôle
- Le passage de la lune de miel à la lune de fiel
- Le déni qui s'installe pour survivre
- Les pertes sociales, affectives, économiques qui se font plus lourdes que les avantages
Bizarrement malgré tout cela, au bout de ce parcours certains ne trouveront jamais leur fond et continueront jusqu'à ce que mort s'en suive. D'autres en revanche toucheront ce fond pour rebondir et accepteront l'aide des professionnels et les mains tendues des associations pour tenter un retour à une vie hors produit. Cela exige travail sur soi indispensable et essentiel.
Le préalable c'est aussi d'avoir suffisamment d'humilité pour accepter de se faire aider car si le malade reste acteur de sa guérison, comme dans une pièce de théâtre il a besoin des utilités tout autour de lui. La maladie est solitaire mais la victoire et la guérison collectives.
C'est le chemin que j'ai accepté de prendre il y a bientôt 27 ans, celui de l'abstinence heureuse qui est d'abord un objectif avant de devenir un moyen ou un itinéraire, à mesure que l'on avance jour après jour. La nécessité c'est d'avoir une vie meilleure sans produit, alors il faut changer de vie, d'habitudes ce qui n'est pas si simple.
En plus il faut aussi changer de vision sur la vie. Il faut du temps pour regagner un peu d'amour propre, de confiance en soi, réapprendre à relever la tête sans regarder le bout de ses godasses, oser croiser le regard des autres, recommencer à sourire.
Il faut se redonner confiance, s'accorder une nouvelle chance, savoir faire face aux problèmes du quotidien pour les résoudre au mieux au lieu de les fuir comme avant.
C'est cela le chemin de résilience et on y grandit chaque jour, de résistances en petites victoires sur soi et sur l'alcool, pour passer de la honte à la fierté.
Le remède pour ne pas replonger c'est de ne jamais oublier et les rendez-vous avec les associations d'entraide sont des piqûres de rappel d'une grande efficacité. Pour ceux qui ont la chance d'intervenir dans les centres de cure afin de proposer de l'aide aux malades, c'est une sorte de formation continue grâce à ses échanges car on apprend et on prend des autres autant qu'on leur donne.
Les expériences des uns ou des autres sont toujours instructives et riches en enseignement quand on veut bien les écouter et les comprendre. Le monde associatif peut devenir une superbe béquille pour conforter sa guérison et la vivre de façon plus facile. On y trouve écoute, bienveillance, stimulation et encouragements.
La revalorisation du malade aide à la reconquête de son amour-propre bien écorné par le passé. Il y a toujours des anciens pour vous pousser et bousculer les barrières de la timidité qui nous sclérosent. Ils vous incitent à faire, à agir, à prendre progressivement un nouvel essor d'abord au sein du groupe puis à l'extérieur.
J'ai moi-même bénéficié de ce climat positif pour accepter des responsabilités au sein de l'association d'abord, puis de participer au CA des Centres Sociaux pour y représenter l'association. Ensuite j'ai aidé puis cédé ma place à une autre malade, tout en continuant à titre individuel jusqu'à y accepter un poste de coprésident pendant plusieurs années.
Au fil du temps j'ai grandi, je me suis épanoui, on m'a aidé à prendre conscience de capacités trop longtemps noyées. J'ai gagné en profondeur, me suis retrouvé dans l'Être et non le Paraître.
J'ai compris que pour vivre il me fallait dire les choses plutôt que de les enfouir jusqu'à ce qu'elles nous bouffent de l'intérieur. Maintenant n'importe qui peut lire en moi comme dans un livre ouvert mais je m'en fous car je n'ai rien à cacher.
J'assume ce que je suis et ce que j'ai été, je revendique même ce passé car l'on sait tous que cette maladie est terrible et qu'il est difficile de s'en sortir. Maintenant je suis serein, détaché de l'alcool qui m’indifférerait presque sauf que j'ai encore besoin d'en parler pour éviter à d'autres de tomber dans ce piège par méconnaissance.
Après je reste vigilant et prudent car la bête n'est pas morte, elle dort blottie au fond de mon ventre comme une pieuvre avec ses tentacules et ses ventouses prête à remonter si je me laisse aller. Mais on cohabite car je suis en paix et je ne cherche pas à refaire le passé, je vis avec.
Alors oui, j'ai sûrement raté plein de choses mais qui sait si l'alcool ne m'a pas permis de survivre à une époque où je ne savais pas comment vivre ? Qui sait si sans lui je ne me serais pas suicidé ? En revanche il est sûr aussi que si je n'avais pas cessé de boire je serais mort depuis longtemps et du coup je vis comme un sursitaire qui fait du rab.
Tout ce que je vis je le prends pour du bonus et je croque dedans avec envie. Aujourd'hui je vis bien et je sais que sans ce parcours chaotique je ne serais pas devenu ce que je suis.
J'ai pris un sacré mauvais départ dans la vie mais je m'en suis remis et je n'en ai aucune honte, plutôt même une fierté grâce au monde médical mais surtout grâce aux associations d'entraide pour ce travail amical au quotidien sur les convalescents qu'ils confortent.
Maintenant je renvoie l'ascenseur et je transmets ce que l'on m'a donné car je sais que plus on donne et plus on reçoit.
Je ne serai jamais riche au sens monétaire mais ma richesse est ailleurs dans les échanges bénévoles et Vie Libre m'a offert une générosité qui n'a pas de prix, celle du cœur.
Je conclurai mon propos par une citation attribuée Jean Paul Sartre :
« L'important n'est pas ce qu'on fait de moi ; mais ce que je fais moi-même de ce qu'on a fait de moi »
Yves Mouchet vendredi 1 février 2019
Alors pour une fois j'étais sérieux sans être grave et j'ai livré mon témoignage sur la résilience et sur le bénéfice des fréquenter les associations d'aide à la guérison. J'ai eu le plaisir ce matin d'avoir de nombreux retours positifs et chaleureux tant sur le fond que sur la forme. Alors j'ai opté pour le partage à nouveau au lieu de le laisser croupir dans un tiroir. Tout ce qui peut apporter un éclairage sur la dépendance reste à offrir pour informer)
Témoignage d'un malade alcoolique en rémission, buveur guéri et abstinent heureux
Pour la descente aux enfers, comme dans toutes les conduites addictives, je serai bref car le sujet est souvent développé avec des parcours de vie quasi parallèles pour chaque malade :
- La découverte et l'initiation au produit avec le plaisir procuré
- Une fragilité ancienne ou un vide à combler
- L'habitude et l'accoutumance induisant une consommation accrue
- Le mésusage passant du plaisir à l'usage médicamenteux
- L'installation progressive de la dépendance avec la perte de contrôle
- Le passage de la lune de miel à la lune de fiel
- Le déni qui s'installe pour survivre
- Les pertes sociales, affectives, économiques qui se font plus lourdes que les avantages
Bizarrement malgré tout cela, au bout de ce parcours certains ne trouveront jamais leur fond et continueront jusqu'à ce que mort s'en suive. D'autres en revanche toucheront ce fond pour rebondir et accepteront l'aide des professionnels et les mains tendues des associations pour tenter un retour à une vie hors produit. Cela exige travail sur soi indispensable et essentiel.
Le préalable c'est aussi d'avoir suffisamment d'humilité pour accepter de se faire aider car si le malade reste acteur de sa guérison, comme dans une pièce de théâtre il a besoin des utilités tout autour de lui. La maladie est solitaire mais la victoire et la guérison collectives.
C'est le chemin que j'ai accepté de prendre il y a bientôt 27 ans, celui de l'abstinence heureuse qui est d'abord un objectif avant de devenir un moyen ou un itinéraire, à mesure que l'on avance jour après jour. La nécessité c'est d'avoir une vie meilleure sans produit, alors il faut changer de vie, d'habitudes ce qui n'est pas si simple.
En plus il faut aussi changer de vision sur la vie. Il faut du temps pour regagner un peu d'amour propre, de confiance en soi, réapprendre à relever la tête sans regarder le bout de ses godasses, oser croiser le regard des autres, recommencer à sourire.
Il faut se redonner confiance, s'accorder une nouvelle chance, savoir faire face aux problèmes du quotidien pour les résoudre au mieux au lieu de les fuir comme avant.
C'est cela le chemin de résilience et on y grandit chaque jour, de résistances en petites victoires sur soi et sur l'alcool, pour passer de la honte à la fierté.
Le remède pour ne pas replonger c'est de ne jamais oublier et les rendez-vous avec les associations d'entraide sont des piqûres de rappel d'une grande efficacité. Pour ceux qui ont la chance d'intervenir dans les centres de cure afin de proposer de l'aide aux malades, c'est une sorte de formation continue grâce à ses échanges car on apprend et on prend des autres autant qu'on leur donne.
Les expériences des uns ou des autres sont toujours instructives et riches en enseignement quand on veut bien les écouter et les comprendre. Le monde associatif peut devenir une superbe béquille pour conforter sa guérison et la vivre de façon plus facile. On y trouve écoute, bienveillance, stimulation et encouragements.
La revalorisation du malade aide à la reconquête de son amour-propre bien écorné par le passé. Il y a toujours des anciens pour vous pousser et bousculer les barrières de la timidité qui nous sclérosent. Ils vous incitent à faire, à agir, à prendre progressivement un nouvel essor d'abord au sein du groupe puis à l'extérieur.
J'ai moi-même bénéficié de ce climat positif pour accepter des responsabilités au sein de l'association d'abord, puis de participer au CA des Centres Sociaux pour y représenter l'association. Ensuite j'ai aidé puis cédé ma place à une autre malade, tout en continuant à titre individuel jusqu'à y accepter un poste de coprésident pendant plusieurs années.
Au fil du temps j'ai grandi, je me suis épanoui, on m'a aidé à prendre conscience de capacités trop longtemps noyées. J'ai gagné en profondeur, me suis retrouvé dans l'Être et non le Paraître.
J'ai compris que pour vivre il me fallait dire les choses plutôt que de les enfouir jusqu'à ce qu'elles nous bouffent de l'intérieur. Maintenant n'importe qui peut lire en moi comme dans un livre ouvert mais je m'en fous car je n'ai rien à cacher.
J'assume ce que je suis et ce que j'ai été, je revendique même ce passé car l'on sait tous que cette maladie est terrible et qu'il est difficile de s'en sortir. Maintenant je suis serein, détaché de l'alcool qui m’indifférerait presque sauf que j'ai encore besoin d'en parler pour éviter à d'autres de tomber dans ce piège par méconnaissance.
Après je reste vigilant et prudent car la bête n'est pas morte, elle dort blottie au fond de mon ventre comme une pieuvre avec ses tentacules et ses ventouses prête à remonter si je me laisse aller. Mais on cohabite car je suis en paix et je ne cherche pas à refaire le passé, je vis avec.
Alors oui, j'ai sûrement raté plein de choses mais qui sait si l'alcool ne m'a pas permis de survivre à une époque où je ne savais pas comment vivre ? Qui sait si sans lui je ne me serais pas suicidé ? En revanche il est sûr aussi que si je n'avais pas cessé de boire je serais mort depuis longtemps et du coup je vis comme un sursitaire qui fait du rab.
Tout ce que je vis je le prends pour du bonus et je croque dedans avec envie. Aujourd'hui je vis bien et je sais que sans ce parcours chaotique je ne serais pas devenu ce que je suis.
J'ai pris un sacré mauvais départ dans la vie mais je m'en suis remis et je n'en ai aucune honte, plutôt même une fierté grâce au monde médical mais surtout grâce aux associations d'entraide pour ce travail amical au quotidien sur les convalescents qu'ils confortent.
Maintenant je renvoie l'ascenseur et je transmets ce que l'on m'a donné car je sais que plus on donne et plus on reçoit.
Je ne serai jamais riche au sens monétaire mais ma richesse est ailleurs dans les échanges bénévoles et Vie Libre m'a offert une générosité qui n'a pas de prix, celle du cœur.
Je conclurai mon propos par une citation attribuée Jean Paul Sartre :
« L'important n'est pas ce qu'on fait de moi ; mais ce que je fais moi-même de ce qu'on a fait de moi »
Yves Mouchet vendredi 1 février 2019
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21 commentaires
Rêveuse · le vendredi 1 février 2019 à 17:14
Je suis sûre que de t'entendre doit être un magnifique soutien pour ceux qui cherchent à s'en sortir, un immense bravo à toi pour ce "chemin de vie" exemplaire !
Aves mes amitiés très sincères, belle fin de journée Yves!
Susan* Coquelicot * · le vendredi 1 février 2019 à 17:31
Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt ton témoignage …
Tout ce que tu as écrit me touche énormément, j’ai un ancien collègue qui vit actuellement ce calvaire …Il est jeune et n’a pas encore atteint la quarantaine …En début de semaine il est parti en cure pour un mois ou plus, tu dois connaitre « AU CALME » !!!
J’espère de tout cœur qu’il va s’en sortir …Nous savons tous et tu le dis dans ton propos que le chemin sera difficile pour lui, comme ça l’a été pour toi et pour d’autres…
Merci encore pour ton témoignage et GRAND MERCI pour ce que tu fais dans l’association pour les aider …Et en témoignant, bien sûr !
Tr7s bon choix la citation de Sartre !!!!
Bel après-midi Yves.
Bien amicalement.
Susan
soilon · le vendredi 1 février 2019 à 17:42
J'aime beaucoup ton état d'esprit qui transparaît dans tous tes textes, aujourd'hui pas d'humour mais une grande leçon de vie, sans fard, que je tiens absolument à saluer.
Bravo pour ton courage, ton implication et ta verve quotidienne !
Amitiés.
La Mouche Nounouche · le vendredi 1 février 2019 à 17:47
Amitiés à toi Susan ! Yves
La Mouche Nounouche · le vendredi 1 février 2019 à 17:54
Merci à toi Yves
Susan* Coquelicot * · le vendredi 1 février 2019 à 17:58
Merci Yves.
La Mouche Nounouche · le vendredi 1 février 2019 à 18:02
Yves
mariepaule · le vendredi 1 février 2019 à 18:12
Son fils de 40 vient de faire sa cinquième cure, cette fois il est parti loin de chez lui en Ardèche..
Il est rentré hier après avoir passé 4 mois là-bas sans boire une sseule goutte d'alcool.
Mais dés qu'il a franchit la porte de son appartement, il avait avec lui 8 bouteille de whiski, quand son père est venue le voir trois jours après il en restait 2.
Mon ami a eu envie de casser ses deux boutelles sur la tête de son flis, et lui s'était mis à genoux devant lui, et répétait pardon papa..
qQue faire, son père a tout tenté mais rien même sa fille de 10 ans en souffre...
Le comble est qu'il chante tout le temps "toujours debout' il a prit Renaud comme ex...
Bravo Ives tu peux être fier de stoi
J'ai aimé ton texte
Amicalement
Marie
debbie · le vendredi 1 février 2019 à 18:34
Belle soirée
Amitié
Debbie
La Mouche Nounouche · le vendredi 1 février 2019 à 21:06
Tristement Yves
La Mouche Nounouche · le vendredi 1 février 2019 à 21:19
Moi je ais parti des rares qui ont réussi à endormir La Pieuvre (c'est comme çà que j'appelle la Maladie alcoolique) car je me suis réveillé et rebellé un jour avec sans doute aussi la chance d'avoir rencontré les bonnes personnes au bon moment. . .
A demain pour des sujets plus légers.
Yves
liameliavq · le samedi 2 février 2019 à 00:44
Bravo de cette résilience et de ton implication pendant toutes ces années pour aider les autres et ainsi t'aider toi-même.
Malgré tout notre Amour, nous n'avons pas réussi à en sauver mon père tout comme Debbie...
Mes amitiés respectueuses.
LN.
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 2 février 2019 à 05:44
Et l’on est pourtant, comme ces vieux objets cabossés, parfois juste une carcasse vue de l’extérieur – comme ces voitures qui servent au stock-car.
Mais au-dedans, il y a parfois de la force, puisque la petite lumière n’est jamais tout à fait éteinte.
Et alors vient le temps des victoires. De SA propre victoire !
Et là, tu peux en être fier, et encore plus fier d’en montrer un vivant exemple.
Puis-je me permettre de te dire : Que la force soit avec toi ! Toujours.
Avec toute mon amitié, Yves.
Passe une belle journée. Philip
henridurtal · le samedi 2 février 2019 à 09:00
domidom · le samedi 2 février 2019 à 11:43
Comme ça doit être difficile de faire se repli sur soi même, tu peux avoir la tête haute et être fier de toi, tu es un exemple de persévérance...
Faire face à ceux qui cherchent à vous faire basculer demande une grande force de caractère, par contre, ceux qui jouent sur cette corde ne sont que des minables...
Fier, tu as le droit de l'être, tu es de plus méritant car tu tends la main à ceux qui connaissent cette déchéance...
Plonger dans une bouteille semble facile, en sortir c'est une autre histoire...
Un peu d'humour, en fait, c'est la faute des fabricants de bouteilles, (sans doute sont elles trop étroites)..
Je m'incline devant toi avec respect...
Amitiés, Domie.
La Mouche Nounouche · le samedi 2 février 2019 à 17:04
La Mouche Nounouche · le samedi 2 février 2019 à 17:13
La Mouche Nounouche · le samedi 2 février 2019 à 17:18
La Mouche Nounouche · le samedi 2 février 2019 à 17:23
Yves
debbie · le samedi 2 février 2019 à 22:16
Belle soirée !
Avec mon Amitié la plus sincère
Debbie
mouchetyves · le dimanche 3 février 2019 à 14:52
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