đźââïžđ”ïžââïžđââïž9 â Le collaborateur

Je mĂ©connais les fondements raisonnables, qui mâont incitĂ© Ă enfanter cette
pĂ©nible et douloureuse composition, mais je me devais de mâextirper de mon
silence par respect de ces millions de victimes massacrĂ©es au nom dâune
philosophie totalitaire et antisémite.
Ăvidemment, je ne dispose nullement dâun ensemble de connaissances
infuses,et jâai ingurgitĂ© avec une importante indisposition plusieurs
tĂ©moignages plus que dĂ©chirants et dramatiques dâhommes et de femmes
internĂ©s dans des camps dâextermination, car leur morphologie ou leurs
idées ne coïncidaient pas aux stupides préceptes de la politique eugéniste
définie par le TroisiÚme Reich, qui avait puisé ces sources sur la doctrine
galtonienne.
Chelmno, Treblinka, Lublin â Majdanek, Belzec, Auschwitz-Birkenau, Sobibor,
dâapocalyptiques Ă©pouvantes profĂ©rant une odeur satanique, dâinarrachables
abattoirs, oĂč lâexistence ne dĂ©pendait que de lâhumeur de bouchers sadiques,
des institutions fanatiques accoutumées à pratiquer ce pernicieux raffinement
de lâart de la mort.
Ces centres dâanĂ©antissement seront rĂ©futĂ©s par un nombre incalculable de
sujets Ă©quipĂ©s de brise-vue leur permettant dâacquĂ©rir une acuitĂ© proche de
celle des mammifĂšres fouisseurs, comparables Ă ces musaraignes amblyopes
et Ă ces taupes borgnes, que le soleil de la vĂ©ritĂ© et la lumiĂšre de lâobjectivitĂ©
aveugle, perturbe et déstabilise.
Bien entendu, ces infects lieux dâisolement se trouvaient souvent sur des
endroits insalubres et fangeux, propices à la fiÚvre des marais, qui sévissait
de façonperpĂ©tuelle, et ces emplacements malsains Ă©taient encerclĂ©s dâun
périmÚtre abominable et infranchissable de barbelés soumis à une haute
tension, sans négliger les précautionneux observatoires, qui phagocytaient
irrĂ©mĂ©diablement toute tentative dâĂ©vasion.
Un haras pour haridelle expirante aurait été conçu avec beaucoup plus de
conforts et de commodités, que cette loqueteuse famille de piteuses galetas,
oĂč Ă©taient amoncelĂ©s plusieurs milliers de squelettiques spectres immolĂ©s
sur de fĂ©tides paillasses garnies essentiellement dâĂ©barbures ligneuses, qui
facilitaient la détestable propagation des poux.
Quel inestimable quantiĂšme de bĂ©atitudes Ă©radiquĂ©es dâun simple geste de
la main, quelle considérable proportion de bonheurs saccagés par la démence
humaine, félicités violées et éparpillées aux quatre encoignures ténébreuses
de ces interminables baraques, strictement paupérisées en méthodes
dâhygiĂšne, privĂ©es de tout systĂšme dâaĂ©ration, dont le sol lugubre Ă©tait
spécialement confectionné en terre battue.
Afin de ne pas offusquer les consciences perméables et de ne pas froisser
les Ăąmes sensibles, jâeffleurerais les horribles souffrances des martyrs de
ces camps, je survolerais les exécutions perpétuées, soit en projetant une
balle dans la nuque, soit en accomplissant une crémation collective, en
évoquant briÚvement toute cette large gamme de punitions corporelles, en
ne mâĂ©tendant nullement sur les potences dressĂ©s pour la pendaison des
enfants dâorigine juive.
Comment pourrais-je extirper de ma mémoire, tous ces hurlements inhumains,
ces sinistres lamentations, ces pleurs muets et silencieux, certes je nâai pas
connu cette honteuse période, mais les vibrations cauchemardesques de ces
clameurs hantent ma mémoire, et ces échos hallucinants musÚlent ma sérénité
et paralyse complĂštement lâamplitude de mes rĂ©flexions.
Sans contredit, je peux pardonner la dĂ©nonciation arrachĂ©e sous lâimpulsion
efficace dâun mĂ©phistophĂ©lique supplice, qui ravirait des dĂ©clarations plus ou
moins avĂ©rĂ©es mĂȘme Ă des masses de pierre, mais je chĂątie vivement tous
ces sycophantes spumeux et serviles, dont lâunique prĂ©occupation est de
sâaccaparer du patrimoine dâautrui, en les trahissant et en les livrant Ă une
disparition irréfragable, mais qui se souvient de la rafle du 16 et 17 juillet
1942 du VĂ©lodrome dâHiver orchestrĂ© grĂące au concours de gendarmes et
policiers français appartenant Ă lâhorrifique RĂ©gime de Vichy.
Au dire de lâithos | ou du marmottement,
La nouvelle˜ est toujours | un renouvellement,
Avec gens corrompus | ou états émergents,
Avec classes choisies | ou essaims décadents.
Dans ce vaste magma | fermentant de méprises,
Qui se fend et se rompt | sous le poids de la crise,
Il est hypnotisé | par le bond des surprises,
Et du saint postulat | il cingle la maĂźtrise.
Par vil consentement | des impairs sociaux,
Pour ne pas chiffonner | les aspects raciaux,
Il calque lâautruche | gorgeant les fabliaux :
son esprit Ă©galant | lâineptie des troupeaux.
Afin dâĂȘtreËœ acquittĂ© | par les feux du dĂ©luge
Dans lâoubli, il pense | rencontrer un refuge,
Mais, lâamnĂ©sie produit | un capon subterfuge,
Un venin plus mortel | quâun puissant vermifuge.
Quand la foi se fige, | se dĂ©sisteËœ et sâendort,
Pour masquer les erreurs, | les fautes, et les torts,
Perdu, dans ses fumées, | il croit au réconfort,
Sans jamais sâĂ©mouvoir | des gueux et de leurs sorts.
En marmouset de grĂšs | dâexcellente facture,
Il railleËœ et liquide l lâĂȘtre mis en pĂąture,
Mais, prĂŽne les sphĂšres | dâimpeccable stature,
Méprisant les sujets | abordant la torture.
Sans droits, cette triste | civilisation,
Ne peut quâensemencer | champs de correction,
OĂč le maĂźtre se dit | normalisation,
Et le serf se nomme | discrimination.
Pour ne pas connaĂźtre | le talon dâune botte,
DĂšs quâau lever du soir, | hue la cryptiqueËœ hulotte,
Miséreux tsigane, | néglige ta roulotte,
Et sans regret, traßne | ta lignée dans ta hotte.
Car dans la nuit, fusent | dâindues tractations,
Hélant pour résoudre | toutes ces questions,
Des scĂ©lĂ©rats chargĂ©s | de lâĂ©puration,
Menant et conduisant | Ă lâarrestation.
Alors que les sbires, | sans nul ménagement,
BrĂ©sillĂšrent lâentrĂ©e | de milleËœ appartements.
Les seuils furent garnis | par tous ces contingents,
Capturant leurs martyrs | avec discernement.
Vu quâon eĂ»t dĂ©finit | planification
La liquidation vint | sans brin dâobjection,
Car la fondamentale˜ | et simple˜ injonction
Fut dâactiver la clĂ© | de la solution.
Sans aucuns anodins | discours ou jugements,
Les terribles fauves | mirent ces mouvements,
Dans dâobscures niches | de grands rassemblements,
Avec précisions | et maints empressements.
Du moment que le rapt | des proscrits innocents
Eut ravi les enfants | des bras de leurs parents,
Le banni fut servi | aux camps dâinternements,
Pour courtiser rebuts | infects et excréments.
Massacrés, par haine | trop idéologique,
Constamment inculpés | par rÚgles laconiques
De décrépitude | de rang pathologique
Ils furent tous offerts | à la mort schématique.
Oui, les fours ne furent | point une˜ illusion,
Les faits eugéniques, | des jeux de fiction,
Et les rafles, pures | mystifications,
Car ces cris turent | nefs et religions.
Qui a pu subsister | dans ces conditions,
En ces fossĂ©s pavĂ©s | dâexterminations,
Sous joug et carcan des | clans dâinterventions,
Enragés, ivres de | moult exécutions
Eh ! toi, vil poison, qui, | sous lâoccupation,
Eut dupé, grugé tant | de populations,
Par vols, expulsions, | expropriations,
Nul pardon ne pourra | blanchir lâexaction.
Et pour clore le huis | de la réalité,
Je dirais que lâhumain | pĂ©trit sa vĂ©ritĂ©,
Que lâhumeur est hostileËœ | Ă la moralitĂ©,
Et quâelle luit dans lâart | de la perversitĂ©.
pĂ©nible et douloureuse composition, mais je me devais de mâextirper de mon
silence par respect de ces millions de victimes massacrĂ©es au nom dâune
philosophie totalitaire et antisémite.
Ăvidemment, je ne dispose nullement dâun ensemble de connaissances
infuses,et jâai ingurgitĂ© avec une importante indisposition plusieurs
tĂ©moignages plus que dĂ©chirants et dramatiques dâhommes et de femmes
internĂ©s dans des camps dâextermination, car leur morphologie ou leurs
idées ne coïncidaient pas aux stupides préceptes de la politique eugéniste
définie par le TroisiÚme Reich, qui avait puisé ces sources sur la doctrine
galtonienne.
Chelmno, Treblinka, Lublin â Majdanek, Belzec, Auschwitz-Birkenau, Sobibor,
dâapocalyptiques Ă©pouvantes profĂ©rant une odeur satanique, dâinarrachables
abattoirs, oĂč lâexistence ne dĂ©pendait que de lâhumeur de bouchers sadiques,
des institutions fanatiques accoutumées à pratiquer ce pernicieux raffinement
de lâart de la mort.
Ces centres dâanĂ©antissement seront rĂ©futĂ©s par un nombre incalculable de
sujets Ă©quipĂ©s de brise-vue leur permettant dâacquĂ©rir une acuitĂ© proche de
celle des mammifĂšres fouisseurs, comparables Ă ces musaraignes amblyopes
et Ă ces taupes borgnes, que le soleil de la vĂ©ritĂ© et la lumiĂšre de lâobjectivitĂ©
aveugle, perturbe et déstabilise.
Bien entendu, ces infects lieux dâisolement se trouvaient souvent sur des
endroits insalubres et fangeux, propices à la fiÚvre des marais, qui sévissait
de façonperpĂ©tuelle, et ces emplacements malsains Ă©taient encerclĂ©s dâun
périmÚtre abominable et infranchissable de barbelés soumis à une haute
tension, sans négliger les précautionneux observatoires, qui phagocytaient
irrĂ©mĂ©diablement toute tentative dâĂ©vasion.
Un haras pour haridelle expirante aurait été conçu avec beaucoup plus de
conforts et de commodités, que cette loqueteuse famille de piteuses galetas,
oĂč Ă©taient amoncelĂ©s plusieurs milliers de squelettiques spectres immolĂ©s
sur de fĂ©tides paillasses garnies essentiellement dâĂ©barbures ligneuses, qui
facilitaient la détestable propagation des poux.
Quel inestimable quantiĂšme de bĂ©atitudes Ă©radiquĂ©es dâun simple geste de
la main, quelle considérable proportion de bonheurs saccagés par la démence
humaine, félicités violées et éparpillées aux quatre encoignures ténébreuses
de ces interminables baraques, strictement paupérisées en méthodes
dâhygiĂšne, privĂ©es de tout systĂšme dâaĂ©ration, dont le sol lugubre Ă©tait
spécialement confectionné en terre battue.
Afin de ne pas offusquer les consciences perméables et de ne pas froisser
les Ăąmes sensibles, jâeffleurerais les horribles souffrances des martyrs de
ces camps, je survolerais les exécutions perpétuées, soit en projetant une
balle dans la nuque, soit en accomplissant une crémation collective, en
évoquant briÚvement toute cette large gamme de punitions corporelles, en
ne mâĂ©tendant nullement sur les potences dressĂ©s pour la pendaison des
enfants dâorigine juive.
Comment pourrais-je extirper de ma mémoire, tous ces hurlements inhumains,
ces sinistres lamentations, ces pleurs muets et silencieux, certes je nâai pas
connu cette honteuse période, mais les vibrations cauchemardesques de ces
clameurs hantent ma mémoire, et ces échos hallucinants musÚlent ma sérénité
et paralyse complĂštement lâamplitude de mes rĂ©flexions.
Sans contredit, je peux pardonner la dĂ©nonciation arrachĂ©e sous lâimpulsion
efficace dâun mĂ©phistophĂ©lique supplice, qui ravirait des dĂ©clarations plus ou
moins avĂ©rĂ©es mĂȘme Ă des masses de pierre, mais je chĂątie vivement tous
ces sycophantes spumeux et serviles, dont lâunique prĂ©occupation est de
sâaccaparer du patrimoine dâautrui, en les trahissant et en les livrant Ă une
disparition irréfragable, mais qui se souvient de la rafle du 16 et 17 juillet
1942 du VĂ©lodrome dâHiver orchestrĂ© grĂące au concours de gendarmes et
policiers français appartenant Ă lâhorrifique RĂ©gime de Vichy.
Au dire de lâithos | ou du marmottement,
La nouvelle˜ est toujours | un renouvellement,
Avec gens corrompus | ou états émergents,
Avec classes choisies | ou essaims décadents.
Dans ce vaste magma | fermentant de méprises,
Qui se fend et se rompt | sous le poids de la crise,
Il est hypnotisé | par le bond des surprises,
Et du saint postulat | il cingle la maĂźtrise.
Par vil consentement | des impairs sociaux,
Pour ne pas chiffonner | les aspects raciaux,
Il calque lâautruche | gorgeant les fabliaux :
son esprit Ă©galant | lâineptie des troupeaux.
Afin dâĂȘtreËœ acquittĂ© | par les feux du dĂ©luge
Dans lâoubli, il pense | rencontrer un refuge,
Mais, lâamnĂ©sie produit | un capon subterfuge,
Un venin plus mortel | quâun puissant vermifuge.
Quand la foi se fige, | se dĂ©sisteËœ et sâendort,
Pour masquer les erreurs, | les fautes, et les torts,
Perdu, dans ses fumées, | il croit au réconfort,
Sans jamais sâĂ©mouvoir | des gueux et de leurs sorts.
En marmouset de grĂšs | dâexcellente facture,
Il railleËœ et liquide l lâĂȘtre mis en pĂąture,
Mais, prĂŽne les sphĂšres | dâimpeccable stature,
Méprisant les sujets | abordant la torture.
Sans droits, cette triste | civilisation,
Ne peut quâensemencer | champs de correction,
OĂč le maĂźtre se dit | normalisation,
Et le serf se nomme | discrimination.
Pour ne pas connaĂźtre | le talon dâune botte,
DĂšs quâau lever du soir, | hue la cryptiqueËœ hulotte,
Miséreux tsigane, | néglige ta roulotte,
Et sans regret, traßne | ta lignée dans ta hotte.
Car dans la nuit, fusent | dâindues tractations,
Hélant pour résoudre | toutes ces questions,
Des scĂ©lĂ©rats chargĂ©s | de lâĂ©puration,
Menant et conduisant | Ă lâarrestation.
Alors que les sbires, | sans nul ménagement,
BrĂ©sillĂšrent lâentrĂ©e | de milleËœ appartements.
Les seuils furent garnis | par tous ces contingents,
Capturant leurs martyrs | avec discernement.
Vu quâon eĂ»t dĂ©finit | planification
La liquidation vint | sans brin dâobjection,
Car la fondamentale˜ | et simple˜ injonction
Fut dâactiver la clĂ© | de la solution.
Sans aucuns anodins | discours ou jugements,
Les terribles fauves | mirent ces mouvements,
Dans dâobscures niches | de grands rassemblements,
Avec précisions | et maints empressements.
Du moment que le rapt | des proscrits innocents
Eut ravi les enfants | des bras de leurs parents,
Le banni fut servi | aux camps dâinternements,
Pour courtiser rebuts | infects et excréments.
Massacrés, par haine | trop idéologique,
Constamment inculpés | par rÚgles laconiques
De décrépitude | de rang pathologique
Ils furent tous offerts | à la mort schématique.
Oui, les fours ne furent | point une˜ illusion,
Les faits eugéniques, | des jeux de fiction,
Et les rafles, pures | mystifications,
Car ces cris turent | nefs et religions.
Qui a pu subsister | dans ces conditions,
En ces fossĂ©s pavĂ©s | dâexterminations,
Sous joug et carcan des | clans dâinterventions,
Enragés, ivres de | moult exécutions
Eh ! toi, vil poison, qui, | sous lâoccupation,
Eut dupé, grugé tant | de populations,
Par vols, expulsions, | expropriations,
Nul pardon ne pourra | blanchir lâexaction.
Et pour clore le huis | de la réalité,
Je dirais que lâhumain | pĂ©trit sa vĂ©ritĂ©,
Que lâhumeur est hostileËœ | Ă la moralitĂ©,
Et quâelle luit dans lâart | de la perversitĂ©.
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