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â€đŸ’ŠđŸ„° 23-Acrostiches du Chagrin ou DĂ©sillusion

Le mardi 4 janvier 2022 à 14:57, posté par FRANCOIS · 36 lectures

Illustration du poĂšme « â€đŸ’ŠđŸ„° 23-Acrostiches du Chagrin ou DĂ©sillusion »
Si j’eus Ă©tĂ© un circonvoisin sectateur
de Herbert Georges Wells, je lui
aurais certainement emprunté la
Machine Ă  remonter le temps, pour
me fondre dans les effets de
l’homme invisible, et je me serais
absenté pour un interminable
pĂ©riple, refusant une halte dans l’Île
du docteur Moreau, sans craindre
d’affronter la Guerre des mondes.



Contrairement Ă  cet incisif prophĂšte,
talentueux visionnaire, prédisant les
transmutations plausibles de
l’humanitĂ©, rĂ©flĂ©chissant sur les
répercussions éventuelles des
expansions scientifiques, je désirai,
à un point inimaginable, m’ensevelir
dans les genÚses mémorables du
passé, tùter le pouls de ces souvenirs
ataviques, sans me soucier des
horizons ultérieurs.



Je me fus acheminé, dans une
obscurité profonde, sans étoiles, à
pas de loup, sur la pointe des pieds,
vers cet imposant et fastueux hangar, afin
afin d’exploiter cette donnĂ©e
stratégique et de museler les
différentes défenses assurant
l’étroite surveillance d’un prĂ©cieux
aéronef.



J’eus dĂ©licatement sĂ©parĂ© les
orgueilleux vantaux condamnant
l’accùs, dans l’objectif d’atteindre et
caresser ce majestueux gyroplane,
prodigieux oiseau couronnĂ© d’une
voilure tournante, de m’évader de ce
nausĂ©eux dĂ©dale, de m’enfuir de ce
labyrinthe quotidien fastidieux.



Pouvoir concrĂ©tiser le mythe d’Icare,
connaĂźtre des sensations vertigineu-
ses plus intenses que les émotions de
George Cayley, inventeur britannique
un des pionniers de l’aĂ©ronautique,
concepteur d’un planeur pilotĂ© fonc-
tionnel, me permit d’extraire de l’ou-
bli Jean-Marie Le Bris et sa barque
ailée



.
Certes, je ne fus nullement l’hîte du
littérateur Guillaume Joseph de La
Landelle, un des fondateurs du jour-
nal La Flotte, ami de Jules Verne, de
Félix Nadar et de Gustave Ponton
d’AmĂ©court, avec lequel il entreprit
la construction d’un hĂ©licoptĂšre Ă 
moteur Ă  vapeur.



Je souhaitai exhumer également des
escarbilles monocordes de l’amnĂ©sie
Henry-Jacques Giffard, pùre de l’in-
jecteur et d’un dirigeable propulsĂ©
par un fluide gazeux, qui devait con-
naĂźtre une fin tragique, ne supportant pas
sa déficience visuelle progressive.



Ma conscience fiĂ©vreuse m’orienta
vers cet appareil de navigation, pour-
vu d’élĂ©ments Ă©pousant la forme
d’appendices mobiles, terminaisons
si ambulantes, car torsadées dans des
forges vulcaniennes.



Ces membres astucieusement vrillés,
maintenus solidement au moyeu de
l’hĂ©lice durent me propulser en une
fraction de secondes, m’assurer une
parfaite sustentation et me tracter
dans l’atmosphĂšre grĂące Ă  l’efficacitĂ©
et à l’intelligence de pales vigoureu-
ses réparties exactement en péri
phĂ©rie d’un axe central stimulĂ© par
une énergie motrice.



Je ne me résignais aucunement à
évoquer cet étrange artiste et ornitho-
logue lyonnais, Louis-Pierre-Marie
Mouillard, dont la vénération gradu-
elle pour ces vertébrés ovipares,
couverts de plumes, aux organes
supérieurs nécessaires pour le soutien,
le mouvement et le déplacement dans
les airs, aboutit Ă  percer les mystĂšres
du vol, magnifiés par des hampes
fleurs du grand agave, bois aussi
léger et aérien que la plupart de mes
rĂȘves.




NĂ©ant, ne serais-je | qu’un soupçon
sur la liste
AbĂźme malheureux, | en dehors
de la piste
Paradoxe sans voix, |
assoupissement triste,
Oubliant syntaxe, | pensée du
moraliste,
Lapidant tĂ©nĂšbres, | en quĂȘte
irréaliste,
Empruntant destinée, | ennui du
conformiste.




Tout n’est qu’illusion, | douleur ou
lésion,
Amour sans lendemain, | nid
d’incomprĂ©hension,
Naufrageant dĂ©lice, | suprĂȘme vision
Obtuse d’un monde, | dont la
confusion
Favorise cahot, | discorde et tension,
Routine néfaste, | manquant
d’ascension.



Ah ! rien qu’une fois, | voler brin de
jeunesse,
Nourrir l’espĂ©rance, | le grain de la
faiblesse,
Conspuer outrage, | fardeau de la
vieillesse,
Ouvertement avec | dextérité,
prouesse,
Imaginant dessein, | combinant
hardiesse,
Sans aucun repentir, | sans
partir Ă  confesse.




Désormais les relents, | des plaisirs
onctueux,
Éciment les faĂźtes, | des dĂ©sirs
montueux,
Saisissent promptement | des cƓurs
impétueux,
Immolent souvenirs | des cris
voluptueux
Laminent caresses, | embrassements
fougueux,
Lentement par venins, | par
assauts belliqueux




Ultimes rencontres, | derniĂšres
escrimes,
Sanglées de nostalgies, | de regrets
légitimes
Interminables temps, | dérobades
victimes
Octroyant peu d’issues, | des recours
si infimes,
Non porteurs de projets, | ascétiques
régimes
Suscitant ironies, | surprenantes
maximes.
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