â€đŠđ„° 23-Acrostiches du Chagrin ou DĂ©sillusion

Si jâeus Ă©tĂ© un circonvoisin sectateur
de Herbert Georges Wells, je lui
aurais certainement emprunté la
Machine Ă remonter le temps, pour
me fondre dans les effets de
lâhomme invisible, et je me serais
absenté pour un interminable
pĂ©riple, refusant une halte dans lâĂle
du docteur Moreau, sans craindre
dâaffronter la Guerre des mondes.
Contrairement Ă cet incisif prophĂšte,
talentueux visionnaire, prédisant les
transmutations plausibles de
lâhumanitĂ©, rĂ©flĂ©chissant sur les
répercussions éventuelles des
expansions scientifiques, je désirai,
Ă un point inimaginable, mâensevelir
dans les genÚses mémorables du
passé, tùter le pouls de ces souvenirs
ataviques, sans me soucier des
horizons ultérieurs.
Je me fus acheminé, dans une
obscuritĂ© profonde, sans Ă©toiles, Ă
pas de loup, sur la pointe des pieds,
vers cet imposant et fastueux hangar, afin
afin dâexploiter cette donnĂ©e
stratégique et de museler les
différentes défenses assurant
lâĂ©troite surveillance dâun prĂ©cieux
aéronef.
Jâeus dĂ©licatement sĂ©parĂ© les
orgueilleux vantaux condamnant
lâaccĂšs, dans lâobjectif dâatteindre et
caresser ce majestueux gyroplane,
prodigieux oiseau couronnĂ© dâune
voilure tournante, de mâĂ©vader de ce
nausĂ©eux dĂ©dale, de mâenfuir de ce
labyrinthe quotidien fastidieux.
Pouvoir concrĂ©tiser le mythe dâIcare,
connaĂźtre des sensations vertigineu-
ses plus intenses que les émotions de
George Cayley, inventeur britannique
un des pionniers de lâaĂ©ronautique,
concepteur dâun planeur pilotĂ© fonc-
tionnel, me permit dâextraire de lâou-
bli Jean-Marie Le Bris et sa barque
ailée
.
Certes, je ne fus nullement lâhĂŽte du
littérateur Guillaume Joseph de La
Landelle, un des fondateurs du jour-
nal La Flotte, ami de Jules Verne, de
Félix Nadar et de Gustave Ponton
dâAmĂ©court, avec lequel il entreprit
la construction dâun hĂ©licoptĂšre Ă
moteur Ă vapeur.
Je souhaitai exhumer également des
escarbilles monocordes de lâamnĂ©sie
Henry-Jacques Giffard, pĂšre de lâin-
jecteur et dâun dirigeable propulsĂ©
par un fluide gazeux, qui devait con-
naĂźtre une fin tragique, ne supportant pas
sa déficience visuelle progressive.
Ma conscience fiĂ©vreuse mâorienta
vers cet appareil de navigation, pour-
vu dâĂ©lĂ©ments Ă©pousant la forme
dâappendices mobiles, terminaisons
si ambulantes, car torsadées dans des
forges vulcaniennes.
Ces membres astucieusement vrillés,
maintenus solidement au moyeu de
lâhĂ©lice durent me propulser en une
fraction de secondes, mâassurer une
parfaite sustentation et me tracter
dans lâatmosphĂšre grĂące Ă lâefficacitĂ©
et Ă lâintelligence de pales vigoureu-
ses réparties exactement en péri
phĂ©rie dâun axe central stimulĂ© par
une énergie motrice.
Je ne me rĂ©signais aucunement Ă
évoquer cet étrange artiste et ornitho-
logue lyonnais, Louis-Pierre-Marie
Mouillard, dont la vénération gradu-
elle pour ces vertébrés ovipares,
couverts de plumes, aux organes
supérieurs nécessaires pour le soutien,
le mouvement et le déplacement dans
les airs, aboutit Ă percer les mystĂšres
du vol, magnifiés par des hampes
fleurs du grand agave, bois aussi
léger et aérien que la plupart de mes
rĂȘves.
NĂ©ant, ne serais-je | quâun soupçon
sur la liste
AbĂźme malheureux, | en dehors
de la piste
Paradoxe sans voix, |
assoupissement triste,
Oubliant syntaxe, | pensée du
moraliste,
Lapidant tĂ©nĂšbres, | en quĂȘte
irréaliste,
Empruntant destinée, | ennui du
conformiste.
Tout nâest quâillusion, | douleur ou
lésion,
Amour sans lendemain, | nid
dâincomprĂ©hension,
Naufrageant dĂ©lice, | suprĂȘme vision
Obtuse dâun monde, | dont la
confusion
Favorise cahot, | discorde et tension,
Routine néfaste, | manquant
dâascension.
Ah ! rien quâune fois, | voler brin de
jeunesse,
Nourrir lâespĂ©rance, | le grain de la
faiblesse,
Conspuer outrage, | fardeau de la
vieillesse,
Ouvertement avec | dextérité,
prouesse,
Imaginant dessein, | combinant
hardiesse,
Sans aucun repentir, | sans
partir Ă confesse.
Désormais les relents, | des plaisirs
onctueux,
Ăciment les faĂźtes, | des dĂ©sirs
montueux,
Saisissent promptement | des cĆurs
impétueux,
Immolent souvenirs | des cris
voluptueux
Laminent caresses, | embrassements
fougueux,
Lentement par venins, | par
assauts belliqueux
Ultimes rencontres, | derniĂšres
escrimes,
Sanglées de nostalgies, | de regrets
légitimes
Interminables temps, | dérobades
victimes
Octroyant peu dâissues, | des recours
si infimes,
Non porteurs de projets, | ascétiques
régimes
Suscitant ironies, | surprenantes
maximes.
de Herbert Georges Wells, je lui
aurais certainement emprunté la
Machine Ă remonter le temps, pour
me fondre dans les effets de
lâhomme invisible, et je me serais
absenté pour un interminable
pĂ©riple, refusant une halte dans lâĂle
du docteur Moreau, sans craindre
dâaffronter la Guerre des mondes.
Contrairement Ă cet incisif prophĂšte,
talentueux visionnaire, prédisant les
transmutations plausibles de
lâhumanitĂ©, rĂ©flĂ©chissant sur les
répercussions éventuelles des
expansions scientifiques, je désirai,
Ă un point inimaginable, mâensevelir
dans les genÚses mémorables du
passé, tùter le pouls de ces souvenirs
ataviques, sans me soucier des
horizons ultérieurs.
Je me fus acheminé, dans une
obscuritĂ© profonde, sans Ă©toiles, Ă
pas de loup, sur la pointe des pieds,
vers cet imposant et fastueux hangar, afin
afin dâexploiter cette donnĂ©e
stratégique et de museler les
différentes défenses assurant
lâĂ©troite surveillance dâun prĂ©cieux
aéronef.
Jâeus dĂ©licatement sĂ©parĂ© les
orgueilleux vantaux condamnant
lâaccĂšs, dans lâobjectif dâatteindre et
caresser ce majestueux gyroplane,
prodigieux oiseau couronnĂ© dâune
voilure tournante, de mâĂ©vader de ce
nausĂ©eux dĂ©dale, de mâenfuir de ce
labyrinthe quotidien fastidieux.
Pouvoir concrĂ©tiser le mythe dâIcare,
connaĂźtre des sensations vertigineu-
ses plus intenses que les émotions de
George Cayley, inventeur britannique
un des pionniers de lâaĂ©ronautique,
concepteur dâun planeur pilotĂ© fonc-
tionnel, me permit dâextraire de lâou-
bli Jean-Marie Le Bris et sa barque
ailée
.
Certes, je ne fus nullement lâhĂŽte du
littérateur Guillaume Joseph de La
Landelle, un des fondateurs du jour-
nal La Flotte, ami de Jules Verne, de
Félix Nadar et de Gustave Ponton
dâAmĂ©court, avec lequel il entreprit
la construction dâun hĂ©licoptĂšre Ă
moteur Ă vapeur.
Je souhaitai exhumer également des
escarbilles monocordes de lâamnĂ©sie
Henry-Jacques Giffard, pĂšre de lâin-
jecteur et dâun dirigeable propulsĂ©
par un fluide gazeux, qui devait con-
naĂźtre une fin tragique, ne supportant pas
sa déficience visuelle progressive.
Ma conscience fiĂ©vreuse mâorienta
vers cet appareil de navigation, pour-
vu dâĂ©lĂ©ments Ă©pousant la forme
dâappendices mobiles, terminaisons
si ambulantes, car torsadées dans des
forges vulcaniennes.
Ces membres astucieusement vrillés,
maintenus solidement au moyeu de
lâhĂ©lice durent me propulser en une
fraction de secondes, mâassurer une
parfaite sustentation et me tracter
dans lâatmosphĂšre grĂące Ă lâefficacitĂ©
et Ă lâintelligence de pales vigoureu-
ses réparties exactement en péri
phĂ©rie dâun axe central stimulĂ© par
une énergie motrice.
Je ne me rĂ©signais aucunement Ă
évoquer cet étrange artiste et ornitho-
logue lyonnais, Louis-Pierre-Marie
Mouillard, dont la vénération gradu-
elle pour ces vertébrés ovipares,
couverts de plumes, aux organes
supérieurs nécessaires pour le soutien,
le mouvement et le déplacement dans
les airs, aboutit Ă percer les mystĂšres
du vol, magnifiés par des hampes
fleurs du grand agave, bois aussi
léger et aérien que la plupart de mes
rĂȘves.
NĂ©ant, ne serais-je | quâun soupçon
sur la liste
AbĂźme malheureux, | en dehors
de la piste
Paradoxe sans voix, |
assoupissement triste,
Oubliant syntaxe, | pensée du
moraliste,
Lapidant tĂ©nĂšbres, | en quĂȘte
irréaliste,
Empruntant destinée, | ennui du
conformiste.
Tout nâest quâillusion, | douleur ou
lésion,
Amour sans lendemain, | nid
dâincomprĂ©hension,
Naufrageant dĂ©lice, | suprĂȘme vision
Obtuse dâun monde, | dont la
confusion
Favorise cahot, | discorde et tension,
Routine néfaste, | manquant
dâascension.
Ah ! rien quâune fois, | voler brin de
jeunesse,
Nourrir lâespĂ©rance, | le grain de la
faiblesse,
Conspuer outrage, | fardeau de la
vieillesse,
Ouvertement avec | dextérité,
prouesse,
Imaginant dessein, | combinant
hardiesse,
Sans aucun repentir, | sans
partir Ă confesse.
Désormais les relents, | des plaisirs
onctueux,
Ăciment les faĂźtes, | des dĂ©sirs
montueux,
Saisissent promptement | des cĆurs
impétueux,
Immolent souvenirs | des cris
voluptueux
Laminent caresses, | embrassements
fougueux,
Lentement par venins, | par
assauts belliqueux
Ultimes rencontres, | derniĂšres
escrimes,
Sanglées de nostalgies, | de regrets
légitimes
Interminables temps, | dérobades
victimes
Octroyant peu dâissues, | des recours
si infimes,
Non porteurs de projets, | ascétiques
régimes
Suscitant ironies, | surprenantes
maximes.
Note : 8/10
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