La Ballade des Poilus
Je suis mort à Verdun, voilà près de cent ans !
Ah ! vous n’y croyez pas ! Quoi ? cela vous étonne ?
Pourtant, c’est vrai, j’étais parmi les combattants
Qui devaient arrêter l’invasion teutonne.
J’y reviens aujourd’hui, l’occasion est bonne,
Comme un petit fantôme à l’opéra Garnier.
Ah ! sacré nom de Dieu – Pardonnez-moi Madone -
Ce qu’on en a bavé dans ce foutu merdier.
Au début nous étions ravis, presque contents,
Et nous n’aurions cédé notre place à personne
Car la guerre devait ne pas durer longtemps,
Et chacun se sentait l’âme assez fanfaronne
Pour dire à l’ennemi le beau mot de Cambronne,
Attraper un Frisé, le faire prisonnier,
Mais quelques mois après, d’Etain jusqu’à l’Argonne,
Ce qu’on en a bavé dans ce foutu merdier.
Dans les boyaux boueux de début de printemps,
Les touffeurs de l’été, les brouillards de l’automne,
L’hiver, le froid, la faim, la crasse qui bouillonne,
Et ce n’est pas assez, lorsque le clairon sonne,
Vous devez obéir à l’ordre qu’on vous donne
Et vous faire tuer, tuer jusqu’au dernier
En partant à l’assaut sous le canon qui tonne…
Ce qu’on en a bavé dans ce foutu merdier.
Envoi :
Princes, vous voudriez que Nous, on vous pardonne
D’avoir fait de Verdun cet infernal charnier ?
Jamais, nous n’oublierons – quoi ? cela vous étonne ? –
Ce qu’on en a bavé dans ce foutu merdier.
Ah ! vous n’y croyez pas ! Quoi ? cela vous étonne ?
Pourtant, c’est vrai, j’étais parmi les combattants
Qui devaient arrêter l’invasion teutonne.
J’y reviens aujourd’hui, l’occasion est bonne,
Comme un petit fantôme à l’opéra Garnier.
Ah ! sacré nom de Dieu – Pardonnez-moi Madone -
Ce qu’on en a bavé dans ce foutu merdier.
Au début nous étions ravis, presque contents,
Et nous n’aurions cédé notre place à personne
Car la guerre devait ne pas durer longtemps,
Et chacun se sentait l’âme assez fanfaronne
Pour dire à l’ennemi le beau mot de Cambronne,
Attraper un Frisé, le faire prisonnier,
Mais quelques mois après, d’Etain jusqu’à l’Argonne,
Ce qu’on en a bavé dans ce foutu merdier.
Dans les boyaux boueux de début de printemps,
Les touffeurs de l’été, les brouillards de l’automne,
L’hiver, le froid, la faim, la crasse qui bouillonne,
Et ce n’est pas assez, lorsque le clairon sonne,
Vous devez obéir à l’ordre qu’on vous donne
Et vous faire tuer, tuer jusqu’au dernier
En partant à l’assaut sous le canon qui tonne…
Ce qu’on en a bavé dans ce foutu merdier.
Envoi :
Princes, vous voudriez que Nous, on vous pardonne
D’avoir fait de Verdun cet infernal charnier ?
Jamais, nous n’oublierons – quoi ? cela vous étonne ? –
Ce qu’on en a bavé dans ce foutu merdier.
12 commentaires
rivaudais · le vendredi 29 novembre 2013 à 00:51
http://www.mespoemes.net/rivaudais
Superbe ballade dont le style impeccable relie de ce fait deux grandes périodes de l'Histoire. Bel hommage à nos vieux poilus qui en ont bavés, c'est vrai et dont il ne faut surtout oublier leur sacrifice. Un devoir de mémoire que vous faites -là.Important, nécessaire et original. J'avais retrouver d'un grand ère un carnet qui contenait des poèmes - somme toute pas négligeables question écriture et très intéressants de par leur contenu. Hélas il a disparu, pris ou jeté par un (e) ignare quelconque. Mais je me souviens encore des récits de mon oncle Francis, gazé au front. ce dont il ne se remis vraiment. Et qui 50 ans plus tard fut en partie responsable de sa mort.
rivaudais · le vendredi 29 novembre 2013 à 00:55
http://www.mespoemes.net/rivaudais
Recreation · le vendredi 29 novembre 2013 à 07:30
Alain
Salus · le vendredi 29 novembre 2013 à 14:20
- Cependant, et par taquinerie, suite à nos échanges récents, je ferais remarquer un détail :
si "invasi-on" s'inscrit en diérèse, pourquoi "occasion" est une synérèse ?
-Diziplineu, Helmut !
Amitiés,
deuxième classe Salus.
nemo · le vendredi 29 novembre 2013 à 18:20
Ne t'excuse pas, le seul clavier qui marche bien se prénomme Christian.
@ Salus : bien vu, en langage parlé, "occasion" fait trois syllabes, mais en poésie, il compte pour quatre. J'enlève donc le "car". Merci Salus, c'est aussi à cela que sert le partage.
@recreation : merci d'être passé.
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 30 novembre 2013 à 09:14
Mais il reste le souvenir de ces abominables charniers. Mon dieu que le prix est lourd à porter !
Sous la mitraille et le canon, le coeur des hommes n'était pas léger. Ils n'allaient pas "à l'abattoir" le coeur léger ! Ah oui, l'on peut, les pieds dans la boue et sous les balles, hurler "liberté, liberté chérie" comme le dit un couplet de la Marseillaise, notre hymne national. Et quand le compagnon tombe à terre pour ne plus jamais se relever, il sera peut-être temps de penser comme le poète Eluard "Quelle connerie la guerre !".
Merci, cher Pierre, pour cet hommage rempli d'une délicate justesse, envers nos "poilus". Amitié. Philip.
rejane · le samedi 30 novembre 2013 à 13:58
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http://www.mespoemes.net/rejane
domidom · le samedi 30 novembre 2013 à 22:15
Aujourd'hui, on peut se dire....
(Tout ça, pourquoi?)
Mes amitiés, Domie....
http://www.mespoemes.net/domidom
marcek · le mardi 17 décembre 2013 à 09:57
http://www.mespoemes.net/marcek
marcek · le mardi 17 décembre 2013 à 10:02
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marcek · le mardi 17 décembre 2013 à 10:05
http://www.mespoemes.net/marcek
nemo · le mercredi 18 décembre 2013 à 10:30
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