Tout Pourrira
Ta chair, tes muscles, tes os et tes dents ;
Rongé par les vers le banquet qu'est ton corps.
Rien ne restera après que la mort
T'aura prise entre ses deux bras aimants.
Tout va rouiller, y compris l'acier
Des barrières gardant nos souvenirs.
Il restera, au mieux, des ruines, au pire
Un lieu stérile et deux tombes brisées.
Tout pourrira ; les mots lancés au vent
Se disloqueront dans les brises froides ;
Oui, les mots : ceux qui me rendaient malades,
Ou ceux qui m'illuminaient chaque instant.
Même les promesses qu'on s'était faites,
Qui sont en train d'errer dans nos cerveaux,
Celles qui étaient censées rester à flot,
Vont finir par pourrir avec nos têtes.
Quoi que l'on fasse, tout se putréfiera,
Reposera dans les estomacs vides
D'une armée de rats, putride, morbide,
Qui, de nos deux corps, se régalera.
Et alors que nos squelettes blanchis
Vieilliront ensemble sous un soleil
Clair, danseront, sans égaux, sans pareils,
Tous les mots d'amour que j'avais brandis.
Rongé par les vers le banquet qu'est ton corps.
Rien ne restera après que la mort
T'aura prise entre ses deux bras aimants.
Tout va rouiller, y compris l'acier
Des barrières gardant nos souvenirs.
Il restera, au mieux, des ruines, au pire
Un lieu stérile et deux tombes brisées.
Tout pourrira ; les mots lancés au vent
Se disloqueront dans les brises froides ;
Oui, les mots : ceux qui me rendaient malades,
Ou ceux qui m'illuminaient chaque instant.
Même les promesses qu'on s'était faites,
Qui sont en train d'errer dans nos cerveaux,
Celles qui étaient censées rester à flot,
Vont finir par pourrir avec nos têtes.
Quoi que l'on fasse, tout se putréfiera,
Reposera dans les estomacs vides
D'une armée de rats, putride, morbide,
Qui, de nos deux corps, se régalera.
Et alors que nos squelettes blanchis
Vieilliront ensemble sous un soleil
Clair, danseront, sans égaux, sans pareils,
Tous les mots d'amour que j'avais brandis.
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1 commentaire
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 2 avril 2019 à 08:13
Tu vas encore penser que je te flatte peut-être, mais ton poème est dans l'âpreté qui cogne de ces poèmes que balançait Baudelaire dans ses fleurs du Mal. Je pense notamment à son célèbre poème "Une charogne".
Bien sûr, sûr, Baudelaire est passé le premier au niveau de l'idée.
Mais je dois dire que ton poème est pas mal du tout, et je dirais même, avec la touche contemporaine qui, en filigrane, souligne la violence - hélas - de notre époque.
Bien joué. Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
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