Exode
J'étais arrivé seul, mais nous partîmes mille.
J'ai guidé tout mon peuple au travers de la ville ;
Mon périple commença où je vins sur terre :
En enfer. Et j'en partis pour rallier l'enfer.
Rien ne paraissait pire que ma triste demeure,
Empire des pleurs, des crises et des cris. Rejette,
Mon âme, les souvenirs pervertis et l'horreur
Des visages déformés par la joie de ces bêtes.
Mon père prenait un plaisir particulier
A faire de mon visage un masque tout noir,
Et toutes mes ecchymoses se confondaient
Pour assombrir complètement son défouloir.
Moqueries, insultes et coups ; j'ai tout encaissé
Comme un pauvre martyr, et ce durant dix-sept ans.
Mais, cette peine étant bien trop lourde à supporter
Pour moi, colosse de glace, Atlas aux bras d'enfant,
Je décidai de m'enfuir et d'ouvrir la voie
A ce peuple que je m'étais constitué :
Je m'évadais donc, suivi par Paranoïa,
Psychose, Dépression et Insécurité,
Sans faire impasse sur Insomnie et ses amis,
Le millier d'autre tares qui m'avaient rejointes.
Je n'avais choisi cette nouvelle compagnie,
Qui allait bientôt être le sujet de mes plaintes.
J'ai donc marché tout le soir, l'orage et la bruine
Couvrant ma silhouette noire ; je fondais
Dans le brouillard comme si j'étais de pluie fine ;
Comme si, aux gouttelettes, je me mêlais.
Bientôt je sortis de la ville et pris les chemins,
Les routes, qui me menèrent le plus loin possible ;
N'importe où, tant que je n'étais plus entre les poings
De cette chose infecte à qui je servais de cible.
J'étais arrivé seul, mais nous partîmes mille.
Je suis allé encore plus loin que la ville ;
J'ai guidé mon peuple pour partir de l'enfer
Et enfin trouver un Eden sur cette Terre...
Mais les démons avaient d'autres sbires, à part mon père.
J'ai guidé tout mon peuple au travers de la ville ;
Mon périple commença où je vins sur terre :
En enfer. Et j'en partis pour rallier l'enfer.
Rien ne paraissait pire que ma triste demeure,
Empire des pleurs, des crises et des cris. Rejette,
Mon âme, les souvenirs pervertis et l'horreur
Des visages déformés par la joie de ces bêtes.
Mon père prenait un plaisir particulier
A faire de mon visage un masque tout noir,
Et toutes mes ecchymoses se confondaient
Pour assombrir complètement son défouloir.
Moqueries, insultes et coups ; j'ai tout encaissé
Comme un pauvre martyr, et ce durant dix-sept ans.
Mais, cette peine étant bien trop lourde à supporter
Pour moi, colosse de glace, Atlas aux bras d'enfant,
Je décidai de m'enfuir et d'ouvrir la voie
A ce peuple que je m'étais constitué :
Je m'évadais donc, suivi par Paranoïa,
Psychose, Dépression et Insécurité,
Sans faire impasse sur Insomnie et ses amis,
Le millier d'autre tares qui m'avaient rejointes.
Je n'avais choisi cette nouvelle compagnie,
Qui allait bientôt être le sujet de mes plaintes.
J'ai donc marché tout le soir, l'orage et la bruine
Couvrant ma silhouette noire ; je fondais
Dans le brouillard comme si j'étais de pluie fine ;
Comme si, aux gouttelettes, je me mêlais.
Bientôt je sortis de la ville et pris les chemins,
Les routes, qui me menèrent le plus loin possible ;
N'importe où, tant que je n'étais plus entre les poings
De cette chose infecte à qui je servais de cible.
J'étais arrivé seul, mais nous partîmes mille.
Je suis allé encore plus loin que la ville ;
J'ai guidé mon peuple pour partir de l'enfer
Et enfin trouver un Eden sur cette Terre...
Mais les démons avaient d'autres sbires, à part mon père.
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5 commentaires
nisti · le jeudi 9 avril 2020 à 00:11
Pas d'inquiétudes quant au sujet du poème, ça ne parle pas de moi. En réalité c'est une pièce d'un concept que je suis en train de développer : le recueil autobiographique d'un de mes personnages. Au travers des poèmes, on suit sa vie, ses épreuves... et voici le second : son départ de chez lui.
didou · le jeudi 9 avril 2020 à 11:15
j'ai beaucoup apprécié
amicalement didou
liameliavq · le jeudi 9 avril 2020 à 11:44
Un beau projet que d'écrire une pièce en vers !
Ce monologue n'est pas sans rappeler le Cid et aussi Molière.
Une tragédie immense nourrit la motivation de notre héro et je suis sûre que tu peux en tirer une grande et émouvante histoire ainsi qu'une trépidante épopée.
Avec mes sincères et vifs encouragements poétiques.
LN.
nisti · le vendredi 10 avril 2020 à 21:22
Merci en tous cas pour les compliments, amitiés
nisti · le vendredi 10 avril 2020 à 21:25
Je n'ai toujours pas lu Le Cid, malgré le fait que ce soit un classique et que Corneil est un monstre de la littérature. De la même façon, je n'ai pas lu grand chose de ce qu'a écrit Molière. Néanmoins tout ce que vous avez dit me touche beaucoup, me rapprocher ainsi d'aussi grands auteurs et flatteur.
Merci pour le commentaire et les encouragements, amitiés
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