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Pour la postérité progressiste.

Les Daces

Le jeudi 13 janvier 2011 à 03:25, posté par Nyckhoff · auteur : Athanase Foeth · 331 lectures

Quand le soleil décline et sur les sept collines
Les galbes éthérés de Rome se dessinent
Si fabuleux à voir sous des nuages clairs,
Le Vatican repose à côté de Saint Pierre.
Là-bas, où, paraît-il, dieux et rois se rassemblent
Comme jadis, sortant de bains, palais et temples,
Foule sculptée, mi-nue, visages solennels,
Prête aux amusements et aux combats mortels,
Marchant sur les dessins des vieilles mosaïques
Où Triton, entouré de Chimères mythiques,
Conduit ses palefrois, — là-bas, près de l’entrée,
D’un peuple vigoureux je reconnais les traits.
Ils me sont familiers : l’épais sourcil qu’ils froncent
En muette question qui reste sans réponse,
Cette force d’esprit et cette noble audace :
Ce sont des prisonniers, ce sont des guerriers daces.
Dans mon cœur, en scrutant les marbres de la salle,
Je répétais les noms de mon pays natal
Et murmurais tout bas : — Que fais-tu, Slave austère,
Seul parmi ces gens-là qui méprisent ta terre ?
Personne ici — femme, homme, esclave ou empereur —
N’épargnera celui qui tombe en gladiateur.
Ces viveurs sont d’avis que les Daces ne vivent
Que pour se battre à mort devant leur foule oisive
Et fournir des légions de vaillants mercenaires
À des rois pour lesquels ils s’entretuent en guerre.
Quand l’ancien Colisée, délabré par le temps,
Se sera apaisé, aux yeux des descendants
De l’implacable plèbe avide de plaisirs
Que la vue de la mort ne fait que divertir,
Ces mornes combattants, où qu’ils aillent se battre —
Sur le champ de bataille ou dans l’amphithéâtre,
Auront le même sort qu’aux époques passées :
De combattre au milieu de spectateurs blasés
Et mourir, dents serrées, l’œil hagard et farouche.
Lorsqu’un d’entre eux, blessé, souillé de taches rouges,
Vers des hommes sauvés par lui d’un grand péril
Tendra en suppliant les bras, qu’entendra-t-il ?
Encore des huées, des jurons humiliants !
Une hétaïre va s’écrier en riant:
— Achève ! achève-le ! Il râle hors d’haleine !
On a bien applaudi sa lutte dans l’arène
(Comme ils savent mourir, cependant, ces barbares !),
Il nous faudra longtemps attendre une bagarre
Pareille, un tel combat de lions ! ... Allons-nous-en !
Pourquoi le regarder se raidir dans le sang ?
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5 commentaires

nyckhoff · le jeudi 13 janvier 2011 à 03:28

Traduit du russe par bibi.
http://www.mespoemes.net/nyckhoff

domidom · le jeudi 13 janvier 2011 à 13:30

Que dire de cet écrit...
Cette lointaine période s'en est allée, Dieu merci, il n'y a plus aujourd'hui ni lions, ni gladiateur, pourtant, il y a toujours les grands qui à leur façon nous humilient et applaudissent devant la souffrance...
Très beau texte...
Amicalement...
http://www.mespoemes.net/domidom

annette · le jeudi 13 janvier 2011 à 20:25

----
http://www.mespoemes.net/annette
Bienvenue sur le site! Tes poèmes sont philosophiques.Tu perçoit en profondeur la vie. C'est très important!
Est-ce que tu connais le russe? Moi, je parle bien russe.
J'attends tes poèmes!

nyckhoff · le vendredi 14 janvier 2011 à 17:24

----Je le sais suffisamment pour pouvoir l’apprendre aux Russkoffs, qui, même ceux d’entre eux qui habitent encore l’ex-URSS, ne le savent guère (quels cons !).
http://www.mespoemes.net/nyckhoff

annette · le vendredi 14 janvier 2011 à 19:47

----
http://www.mespoemes.net/annette
"Quels cons !"...oui je suis tout à fait d'accord avec toi! C'est très bien que tu parle le russe. à part le françait, j'aime beaucoup le russe. Heureusement, je peux lire Cehov et Tolstoi dans l'original.

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