Clair de lune de Victor Hugo

La lune était sereine et jouait sur les flots. -
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.
De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?
Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?
Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? -
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.
Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... -
La lune était sereine et jouait sur les flots.
Victor HUGO (1802-1885) - Les Orientales
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.
De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?
Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?
Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? -
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.
Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... -
La lune était sereine et jouait sur les flots.
Victor HUGO (1802-1885) - Les Orientales
5 commentaires
bluegirl · le dimanche 15 avril 2012 à 10:59
sacré type que ce Victor Hugo, sacrée époque.
merci pour ton poste, Oliverjane.
amicalement.
domidom · le dimanche 15 avril 2012 à 16:30
Une Merveille...
Amitiés....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 17 avril 2012 à 10:35
Ah, quel bonheur de faire connaître ou tout simplement de rappeler un de ces monuments poétiques que sont les Contemplations de ce génie littéraire qu'est Hugo. Et s'il ne s'agissait que du seul "monument" d'Hugo. Toute son oeuvre est à elle seule un immense monument. Merci, cher Oliver. Amitiés. Philip.
nidapoemes · le dimanche 22 avril 2012 à 15:20
http://www.mespoemes.net/nidapoemes
Tout simplement magnifique!!!! Ce poème me donne envie d'en lire plus.
Grand merci.
lna40 · le mardi 8 mai 2012 à 00:30
Musette
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