Bertaèyn
Ô sauvage province, ô pays de beauté !
Terre aux mille couleurs où par d'autant de larmes
Mon âme a su se perdre et mon corps à côté
Ressentir ton aura, ton essence, tes charmes !
Si de ton sein fleuri, je ne suis pas l'enfant,
J'en ai goûté le lait et connu les promesses,
La lèvre dans le vent et dans l'oeil des griffons
Qui se mêlent aux fous, aux grillons, aux vanesses.
Tel un barde, et sans fin, j'ai contemplé ce flanc
Que le rose gardien même endormi protège,
Et paré mon esprit de ce plumage blanc
Qu'ont laissé les corbeaux, légendaire cortège.
Puis l'ajonc m'a piqué, soumis aux korrigans
Tapi sous la bruyère et sous les agapanthes,
Jamais on ne les voit, gentils comme arrogants,
Et même ces douleurs n'en sont pas moins plaisantes.
Ô Bretagne ! Si riche et si humble à la fois,
Sauvageonne de l'ouest, d'hortensias tu te pares
Sans égal, innocente, et ne me laisse en choix
Que celui d'être là toujours où tu m'égares.
Des joyaux de la mer, tu te couvres le jour
Et demeure à mes yeux la plus belle des tombes,
Et si je peux mourir au coeur de cet amour,
Alors je te verrai fleurir entre mes lombes.
Contre l'or et l'argent, je prendrai le genêt
L'hypne, le buddléia, chaque échium de ton île,
Contre mots et complots, ail des ours et gaillet,
Tout de toi contre tout ce qui fait cet asile.
Je te pleure aujourd'hui, mon amour, loin de toi,
Je me meurs dans la ville infecte et monochrome,
Ô je pleure ton corps, tes fragrances, ta loi,
Car en toi, je ne suis plus que l'ombre d'un homme.
Terre aux mille couleurs où par d'autant de larmes
Mon âme a su se perdre et mon corps à côté
Ressentir ton aura, ton essence, tes charmes !
Si de ton sein fleuri, je ne suis pas l'enfant,
J'en ai goûté le lait et connu les promesses,
La lèvre dans le vent et dans l'oeil des griffons
Qui se mêlent aux fous, aux grillons, aux vanesses.
Tel un barde, et sans fin, j'ai contemplé ce flanc
Que le rose gardien même endormi protège,
Et paré mon esprit de ce plumage blanc
Qu'ont laissé les corbeaux, légendaire cortège.
Puis l'ajonc m'a piqué, soumis aux korrigans
Tapi sous la bruyère et sous les agapanthes,
Jamais on ne les voit, gentils comme arrogants,
Et même ces douleurs n'en sont pas moins plaisantes.
Ô Bretagne ! Si riche et si humble à la fois,
Sauvageonne de l'ouest, d'hortensias tu te pares
Sans égal, innocente, et ne me laisse en choix
Que celui d'être là toujours où tu m'égares.
Des joyaux de la mer, tu te couvres le jour
Et demeure à mes yeux la plus belle des tombes,
Et si je peux mourir au coeur de cet amour,
Alors je te verrai fleurir entre mes lombes.
Contre l'or et l'argent, je prendrai le genêt
L'hypne, le buddléia, chaque échium de ton île,
Contre mots et complots, ail des ours et gaillet,
Tout de toi contre tout ce qui fait cet asile.
Je te pleure aujourd'hui, mon amour, loin de toi,
Je me meurs dans la ville infecte et monochrome,
Ô je pleure ton corps, tes fragrances, ta loi,
Car en toi, je ne suis plus que l'ombre d'un homme.
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2 commentaires
louis · le dimanche 20 juillet 2014 à 20:37
une vraie ballade botanique et, de surcroît, d'une composition irréprochable. J'ai hâte de te lire à nouveau. Amitiés. Richard.---
http://www.mespoemes.net/louis
salus · le dimanche 20 juillet 2014 à 21:21
Que l'Ankou nous épargne !
Ça envoie...
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