AQUARELLES - portrait 1 : OPALE

Quelle offrande sage me promet ce regard
Dont les dieux et les rois, de leurs maussades nuits
Embrasaient l’effeuillage en flattant le hasard
Pour lui laisser le choix de frémir sous l’ennui.
Ton aquarelle pâle aux contours indécis
A fait frémir mon âme esquissée par le jour
Où chacun de mes pas brode un ciel obscurci
Que traverse la trame oubliée, sans contour.
Comme une trouble opale au parfum si léger
Qui respire et qui vit sur la toile animée
De couleur pastorale aux ombres trop froissées
Le portait s’esquisse en touches emmêlées.
Ton aquarelle pâle aux contours indécis
A fait frémir mon âme esquissée par le jour
Qui s’estompe en tremblant comme un fou en sursis,
Tes yeux de jade s’accrochent sans détour.
Quand l’artiste s’abime et s’éreinte en rêvant,
Pourtant la fleur se fane au somptueux matin
Ecorchée par la ruine où survit un Avant
Majestueux et fier, quelquefois libertin.
Ton aquarelle pâle aux contours indécis
A fait frémir mon âme esquissée par le jour
Aux couleurs fragiles d’un oublieux souci
Où s’achève les chants de nos pâles retours.
Dont les dieux et les rois, de leurs maussades nuits
Embrasaient l’effeuillage en flattant le hasard
Pour lui laisser le choix de frémir sous l’ennui.
Ton aquarelle pâle aux contours indécis
A fait frémir mon âme esquissée par le jour
Où chacun de mes pas brode un ciel obscurci
Que traverse la trame oubliée, sans contour.
Comme une trouble opale au parfum si léger
Qui respire et qui vit sur la toile animée
De couleur pastorale aux ombres trop froissées
Le portait s’esquisse en touches emmêlées.
Ton aquarelle pâle aux contours indécis
A fait frémir mon âme esquissée par le jour
Qui s’estompe en tremblant comme un fou en sursis,
Tes yeux de jade s’accrochent sans détour.
Quand l’artiste s’abime et s’éreinte en rêvant,
Pourtant la fleur se fane au somptueux matin
Ecorchée par la ruine où survit un Avant
Majestueux et fier, quelquefois libertin.
Ton aquarelle pâle aux contours indécis
A fait frémir mon âme esquissée par le jour
Aux couleurs fragiles d’un oublieux souci
Où s’achève les chants de nos pâles retours.
22 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 24 juillet 2013 à 19:22
Marie Laurencin fut une des rares femmes peintres du début du XX° siècle. Elles étaient peu nombreuses. Marie succéda à Berthe Morisot. Mais avec un style plus fragile, plus délicat. Ses aquarelles et ses toiles sont un enchantement. J'ai eu le privilège d'en voir les principales. Marie aimait les poètes et était une grande amie d'Apollinaire. Voici un poème dédié à l'une de ses toiles. Le personnage féminin qui m'a inspiré ces quelques vers, je lui ai donné un prénom : Opaline. Dors, douce et mystérieuse enfant ! (et c'est aussi un jeu de mot avec ma jeune amie poétesse....Aline !!! Lol !)
Amitiés à tous et à toutes. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Nadore · le mercredi 24 juillet 2013 à 20:08
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 24 juillet 2013 à 20:30
N'est-ce pas qu'il est évocateur, le pouvoir des mots ? Je me suis transporté, le temps d'écrire ces quelques vers, au début du XX° siècle, dans l'atelier du peintre. J'ai vu se tracer de coups de pinceaux en coups de pinceaux, le portrait de cette Opaline au visage esquissée comme une brume légère. L'occasion de jouer avec la musique des mots, en mêlant par exemple "pâle" et "opale" !!! Eh bien, continuons à rêver et à peindre nos mots avec le pinceau merveilleux qu'est notre plume. Amitié et bisous, Nadore. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
salus · le mercredi 24 juillet 2013 à 21:01
Ami Philip, C'est SUPERBE !
Amitié,
Salus
Nadore · le mercredi 24 juillet 2013 à 21:23
"Eh bien, continuons à rêver et à peindre nos mots avec le pinceau merveilleux qu'est notre plume"
Oui continuons, n'arrêtons pas de le faire, l'oeuvre (le vie) n'est qu'à son essor, il faut la terminer.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 25 juillet 2013 à 09:43
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
ptiteliline · le jeudi 25 juillet 2013 à 09:53
bluegirl · le jeudi 25 juillet 2013 à 16:17
Idée fort original que d'adresser un poème à une toile, à petites touches, comme tu l'as fais.
Bises.
bluegirl · le jeudi 25 juillet 2013 à 16:18
domidom · le jeudi 25 juillet 2013 à 16:31
Très joli....
Bisous, Domie...
odradek · le jeudi 25 juillet 2013 à 17:32
http://www.mespoemes.net/odradek
José · le vendredi 26 juillet 2013 à 08:16
Amitiés.
armandstas18 · le vendredi 26 juillet 2013 à 12:00
http://www.mespoemes.net/armandstas18 cher Philip, tu as su trouver les mots pour décrire ce personnage délicat tant physiquement que ce qu'il t'inspire moralement; les yeux sans doute; amitiés, armand
worrell02 · le vendredi 26 juillet 2013 à 12:23
Amitiés
Ivy
http://www.mespoemes.net/worrell02
larose · le vendredi 26 juillet 2013 à 17:59
Très beau et très belle aquarelle!!! Merci pour ce beau partage!! Bonne journée et bon WE!!! Biz
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 26 juillet 2013 à 18:11
Merci pour ton commentaire, Armand, car, outre le compliment, que j'apprécie, il comprend une réflexion intéressante : tu évoques en effet, une inspiration d'ordre "MORAL" que j'aurais ressenti en parlant d'une toile de Marie Laurencin, et donc de l'artiste elle-même. Je n'y avais pas pensé ! Ah les mystères inconscients et psychanalytiques de l'écriture automatique ! J'ai donc relu mon poème. Et oui, je comprends ce que tu veux dire. Le peintre Jérôme Bosh avait établi un rapport entre la peinture et la morale. Mais l'oeuvre de Bosh, souvent torturée, est aux antipodes de celle de la gracile Marie Laurecin !!! Au XVIII° siècle, on a un temps trouvé une convergence entre le discours féministe et la pensée bourgeoise dans la peintures de certains artistes, y trouvant somme toute un discours....moraliste (!!!) Il est vrai que les concepts de morale, de bourgeoisie (déjà au 18° ?) ne se déclinaient pas comme aujourd'hui.
Bon, de toute façon il y a mon modeste hommage à Laurencin, dans un écrit pas très bien ficelé, que j'estime être loin d'être bon (toujours mon gimmick, d'intercaler à la manière d'un refrain de chanson, un même idée "Ton aquarelle pâle aux contours indécis...", avec des variantes). Amitiés. Philip.
Pour JOSE : merci mon ami. Oui, malgré le côté imparfait de mon poème, j'ai au moins pu traduire avec des mots l'ambiance si particulière ainsi que les couleurs des oeuvres de Marie Laurencin. C'est déjà ça. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 26 juillet 2013 à 18:24
Merci d'avoir trouvé l'idée originale, Lola. Oui "par petites touches" est bien l'expression qui convient. C'est exactement ça. Ce que je savais au départ, c'est que je voulais écrire un poème sur les portraits délicats de Marie Laurencin. D'une part 9a me changeait de l'effroyable récit de la bataille d'Eylau. D'autre part, j'avais été voir, quelques jours auparavant l'exposition Marie Laurencin au musée Marmottant. Je m'étais donc abimé dans la contemplation de ces délicats portraits. Il m'a suffit d'acheter quelques cartes postales de ces peintures....et de me mettre à peindre avec des mots. Ne sachant ce que j'allais écrire au vers suivant....par petites touches ! Merci do,c d'avoir aimé, apparemment. Bisous. Philip.
Pour ODRADEK :
Ah, tu as aimé "où chacun de mes pas brode un ciel obscurcit". Le seul vers un peu sombre à mon goût. C'est le verbe "broder" qui donne un ton au vers. Merci d'avoir aimé. Amitiés. Philip.
Pour LAROSE : ah, chère Marie, dès qu'il y a une petite touche de romantisme, tu accoures ! Tu as bien raison. Ravi de t'avoir enchanté.
Pour ALINE : ben, tu es une de mes fans (flatté, Mademoiselle !!) et mes mots (et mes "maux") tu commences à les connaître ! Amitiés et bisous. Philip
Pour DOMIE :
Tu as bien raison :peintres et poètes savent s'accorder. A propos de s'accorder, il n'y a plus qu'à se mettre au piano et à appeler la muse de la Musique pour se joindre à la fête. Grrrrrros bisous, chère marraine ! Philip.
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philipchevalier · le vendredi 26 juillet 2013 à 18:28
Pour SALUS :
Eh bien si tu as aimé, j'en suis fort aise. Ma prochaine incursion poétique dans le domaine de la peinture sera sans doute, virage à 180° un poème/exégèse sur le fameux tableau de Jérôme Bosh : la "Nef des fous". Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Ivy · le samedi 27 juillet 2013 à 11:59
Bonne vacances ! Bisous
http://www.mespoemes.net/worrell02
leeyang83 · le mardi 30 juillet 2013 à 08:00
Tout d'abord merci pour tes messages.
Je viens d'arriver sur ce site et suis vraiment étonné que mes écrits interpellent quelque peu certains d'entre-vous ! Si l'amitié, le partage, la passion des mots est de rigueur sur cette toile, alors je suis vraiment tombé là où je le souhaitais depuis fort longtemps.
Auparavant je cherchais tous les moyens de mettre mes textes sur des sites de chansons, sans succès... La poésie marche bien mieux !
Je te laisse mettre tes mots sur la toile et ne doute pas un instant que ta plume fera ressortir d'aussi belles choses que ton poème "Aquarelle". Pour ma part, je suis bien plus à l'aise avec une feuille et un stylo plume qu'un clavier où je cherche encore les lettres !
Amitiés.
http://www.mespoemes.net/leeyang83
scorpionne · le vendredi 24 août 2018 à 11:00
Tu as joliment su mettre des mots sur le tableau de Marie Laurencin (peintre que j'avais découverte grâce à la chanson de Joe Dassin "L'été indien" *sourire*).
J'ai particulièrement apprécié la répétition du refrain :
"Ton aquarelle pâle aux contours indécis
A fait frémir mon âme esquissée par le jour"
Je te souhaite un agréable vendredi cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 25 août 2018 à 09:47
Bonjour Jocelyne. Merci d'avoir de nouveau aimé un autre de mes poèmes.
Comme tu as dû le lire, j'ai écrit ce poème au lendemain d'une exposition Marie Laurencin, à Paris.
Le "refrain" du poème est en effet à l'image de l'impression de tous ces merveilleux pastels peints par l'artiste.
Bon Week end à toi, Jocelyne.
Très amicalement. Philip
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