NUAGE

« The sanguine Sunrise,
With his meteor eyes,
And his burning plumes outspread,
Leaps on the back of my sailing rack,
When the morning star shines dead »
Percy SHELLEY
"L’écarlate soleil levant,
Aux yeux de météore,
Déployant ses plumes qui se consument,
Bondit sur le dos de mon corps vaporeux
Quand déclinent les rayons de l’étoile du matin".
Philip :
Je suis de ces contrées où rutilent, fugaces
Ces invincibles nues parsemées de douleur,
Chargées d’ambre et de feu, de folie et d’audace
Quand surgit le matin au rire racoleur.
Et me voici encor, sur la pente fatale,
Surgissant comme un fou que l’Univers emporte,
Pour d’improbables lieux bercés de bacchanales
Où d’antiques devins s’immolent en cohortes.
M’élevant jusqu’à Dieu dans un sublime oubli,
Au-dessus des linceuls si blancs qu’ils éclaboussent
Les recoins de notre âme où la foi a pâli,
Plus loin que le zénith, j’irai aux carmes rousses.
Et dans ces flottaisons phosphorées et inouïes,
Que nul esprit frondeur n’oserait aborder,
D’un sidéral envol, tous mes rêves enfouis
Iront cueillir l’étoile aux franges débordées.
Hurlez, constellations ! Maquillez vos émois !
Je suis bien loin du monde endormi à jamais,
Dans ma robe féconde où se mire parfois
Le jour nu qui reflète un cœur las sans attrait.
With his meteor eyes,
And his burning plumes outspread,
Leaps on the back of my sailing rack,
When the morning star shines dead »
Percy SHELLEY
"L’écarlate soleil levant,
Aux yeux de météore,
Déployant ses plumes qui se consument,
Bondit sur le dos de mon corps vaporeux
Quand déclinent les rayons de l’étoile du matin".
Philip :
Je suis de ces contrées où rutilent, fugaces
Ces invincibles nues parsemées de douleur,
Chargées d’ambre et de feu, de folie et d’audace
Quand surgit le matin au rire racoleur.
Et me voici encor, sur la pente fatale,
Surgissant comme un fou que l’Univers emporte,
Pour d’improbables lieux bercés de bacchanales
Où d’antiques devins s’immolent en cohortes.
M’élevant jusqu’à Dieu dans un sublime oubli,
Au-dessus des linceuls si blancs qu’ils éclaboussent
Les recoins de notre âme où la foi a pâli,
Plus loin que le zénith, j’irai aux carmes rousses.
Et dans ces flottaisons phosphorées et inouïes,
Que nul esprit frondeur n’oserait aborder,
D’un sidéral envol, tous mes rêves enfouis
Iront cueillir l’étoile aux franges débordées.
Hurlez, constellations ! Maquillez vos émois !
Je suis bien loin du monde endormi à jamais,
Dans ma robe féconde où se mire parfois
Le jour nu qui reflète un cœur las sans attrait.
15 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 20 septembre 2013 à 20:06
L’amie Ivy, anglophone, a fait des recherches dans les plus honorables dicos anglais. Et au final, l’ami Loïc, distingué prof d’anglais, m’a dit à peu près «Eh, réfléchis un instant, dans le quatrain anglais, c’est un nuage qui parle à la première personne ! Tu comprendras mieux après ! ». Je les remercie tous les deux.
Alors, j’ai appelé mon poème « Nuage » et j’ai commencé à l’écrire. Dans mon poème, c’est aussi un nuage qui parle à la première personne.
La traduction du quatrain anglais de Shelley, est à la finale la mienne (j’en suis bien fier, ma foi !), car les traductions des plus émérites traducteurs (dont le biographe de Shelley) ne m’ont pas plu ! Na !
Je vous souhaite une bonne lecture. Amitiés à tous et à toutes. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Ivy · le vendredi 20 septembre 2013 à 20:46
Mais ton plat est plutôt réussi! Smile!
Amitiés
----
http://www.mespoemes.net/worrell02
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 21 septembre 2013 à 07:23
Ah, Ivy, j'aurais dû en effet, dans mon poème, rebondir sur la notion de "drifting cloud". Ce sera pour une prochaine fois. En tout cas, ces recherches pour faire une traduction la plus poétique possible du quatrain de Shelley a été vraiment passionnante. Je t'avais parlé un jour des textes du premier chanteur du groupe "Marillion" (qui se surnommait The Fish) qui avait une subtilité et une richesse de vocabulaire dans sa langue, mais hélas intraduisible en français ! Bonne journée. Comme tu le sais, aujourd'hui et demain je fais le conférencier à l'église classée dont j'ai eu l'honneur de suivre, pendant des années, les travaux de restauration. Un bien beau plaisir que l'on m'offre. Bizzz. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
ma22nou68 · le samedi 21 septembre 2013 à 07:26
Manouchka
http://www.mespoemes.net/ma22nou68
José · le samedi 21 septembre 2013 à 07:34
Une sorte d'odyssée pourpre imprégnée de douleur mais aussi d'exaltation, pour, au final, cueillir la magnifique lumière de cette 'étoile aux franges débordées'. (superbe)
Amitiés.
bluegirl · le samedi 21 septembre 2013 à 14:45
...ou une recherche de dépassement de soi, avec cette touche de nonchalance ? ( propres à ton écriture).
En tout cas une atmosphère de spiritualité, et d'audacieuses connotations/sonorités, surtout aux deux premiers quatrains.
Amitiés poétiques, Lola.
armandstas18 · le samedi 21 septembre 2013 à 16:42
http://www.mespoemes.net/armandstas18 ce nuage m'emporte bien haut dans le ciel de la poésie et la photo du soleil se levant et tour,menté me fait penser à mon île où je retournerai dans deux mois pour passer l'hiver; je te promets d'y emporter mon pc; merci et amitiés cher philip; armand
belespoirs · le dimanche 22 septembre 2013 à 18:26
http://www.mespoemes.net/belespoirs
merci pour ce doux voyage dans les nuages ! flamboyants ou de blanc coton
Amitiés
domidom · le lundi 23 septembre 2013 à 10:29
Inutile de nous souhaiter une bonne lecture, te lire est à chaque fois un plaisir renouvelé....
Il faut bien reconnaître que l'univers est une muse extraordinaire, qui nous emporte dans les nuages et bien au delà...
Amitiés, Domie...
Philip de Berg (Jardin de Lune) · le mardi 24 septembre 2013 à 14:46
Pour LOLA :
A propos de l'expression "sublime oubli". Elle est sans rapport, ici avec Dieu, mais comme tu le sais, nous écrivons souvent en écriture automatique, le mot "oubli" peut signifier, s'élever au-dessus des mesquines chamailleries du monde pour aller vers l'essentiel, et l'adjectif sublime prend tout son sens.....mystique, comme tu me le fais remarquer, en évoquant le "dépassement de soi". Oui, se dépasser.....mais toi qui me connait, tu sais bien que ce n'est pas si facile que ça. Mais dépasser la sottise humaine, oui, ça il faut le faire. Pour le reste, oui, bien vu, bien sûr qu'il y a une atmosphère de spiritualité dans mon poème. Merci d'avoir aimé. Bises et amitiés. Philip.
Pour DOMIE : oui, si l'on ouvre les yeux autour de nous et....au-dessus de nous, on se rend compte combien l'univers est une source d'inspiration extraordinaire. Et qui élève notre pensée et donc nous élève nous-même, c'est évident. Bisous et amitiés. Philip.
Pour BELESPOIRS : eh bien merci si j'ai réussi à te faire voyager au-delà des nues. Eh, il n'y a pas que la mer qui est belle à contempler, n'est-ce pas . Bises et amitiés. Philip.
Pour JOSE :
Oui, comme Lola, tu as deviné la part un peu mystique de mon poème. Douleur et exaltation ? Oui, tu n'est pas si loin. Puisque nous évoquions la spiritualité et l'élévation d'esprit, ton choix du mot "exaltation" me parait très approprié (puisqu'il vient du latin "ex-altus" c'est à dire "s'élever". Merci pour tes fidèles visites et lectures. Amitiés. Philip.
Pour ARMAND : mon nuage n'était pas du côté de Tenerife, mais apparemment il t'y a emmené ! J'aime la beauté des nuages, elle me fascine toujours. Amitiés. Philip.
Pour MANOUCHKA :
Merci d'avoir aimé. Oui, pour reprendre ton exrpession, ce voyage poétique était....un peu au-delà des mots. Il y avait sans doute, de façon subliminale, quelque chose qui est de l'ordre d'une touche de spiritualité. Ce n'était pas le but quand j'ai commencé à écrire e poème; mais semble-t-il, vous l'avez tous remarqué. Merci. Amitiés.Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
debbie · le vendredi 23 mars 2018 à 16:14
Que nul esprit frondeur n’oserait aborder,
D’un sidéral envol, tous mes rêves enfouis
Iront cueillir l’étoile aux franges débordées. " wow superbe ! Ce fut un grand plaisir à lire j'ai eu l'impression de me promener avec ce nuage pendant un moment et c'était magique.
Bon weekend
Amitié
Debbie
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 27 mars 2018 à 19:41
Bonsoir Debbie.
En principe, je n'aime pas trop écrire des poèmes que je nomme "atmosphériques" !!! (sourire)
Ah, je ne l'avais pas relu.
Dans le vers que tu cite, il y a un très rimbaldien "flottaisons phosphorées", j'étais encore dans une lancée à la Rimbaud.
Et, bien sûr, le point de départ de cette poésie fur encore des vers de Shelly.
Tu retrouveras ce poème demain, en repost, car de retour de voyage et un peu fatigué, je n'aurais pas..."l'inspiration" pour en créer un autre (si tu le commentes; essaye de ne pas mettre le même commentaire ! (re-sourire)
Amitiés, Debbie. Philip
debbie · le mercredi 28 mars 2018 à 10:26
Amitié Philip, Debbie
scorpionne · le jeudi 13 septembre 2018 à 10:53
A travers tes vers, ton nuage narrateur nous emmène dans un agréable voyage astral.
J'ai particulièrement apprécié cette strophe :
"Et dans ces flottaisons phosphorées et inouïes,
Que nul esprit frondeur n’oserait aborder,
D’un sidéral envol, tous mes rêves enfouis
Iront cueillir l’étoile aux franges débordées."
Passe un bon jeudi, cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 14 septembre 2018 à 06:59
Bonjour Jocelyne, oui, voyage astral, mais ni astrologique, ni métaphysique.
Une petite fantaisie, faite pour emmener loin vers l'imagination, des vers un peu débridés, libérés….
Et un prologue de Shelley, un des poètes anglais que j'adore, au style très atmosphérique.
Belle journée à toi, Jocelyne.
Très amicalement. Philip.
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