MEMOIRES (PRESQUE) IMAGINAIRES - N° 2

Cher journal,
Quand, au bout de mes nuits abyssales où parfois mon âme recueille l’écho assourdissant de mes damnations, se lève enfin une aube pâle, je sens s’apaiser les battements de mon cœur.
Ouvrant mes paupières, je contemple un paysage inconnu. De lactescentes brumes s’étirent devant moi. Suis-je encore en train de rêver, où ai-je enfin fait mon temps sur cette lourde Terre. Me voici tout tremblant, attendant, effrayé, le dernier Juge.
Et quel est ce Parnasse effroyable d’où sourdent les mugissements de ces coeurs misérables qui comme moi ont tant péché, comme trébuchent les plus pauvres vertus.
Mais ce n’était rien qu’un rêve et dans ce matin d’automne où s’enroule un brouillard avide et affamé, je cherche la chaleur de l’âtre.
Et dans le petit jour magicien se forment des perles de brume. Leurs harmonies nacrées m’appellent et me rassurent.
Me voici, nocte obscura, je n’aurai plus peur ce soir. Je vais peut-être renaître, invisible et gravissant lentement la montagne sacrée, seul peut-être.
Comme le troupeau sauvage que le berger regrette, je vais m’étourdir, qu’importe, aux portes des Enfers ou dans l’humble chaumière. Homme, tes immondes excès, sous la foudre des anges s’en iront, consumés. Je lèverai les yeux et dans mon regard clair où brilleront toujours, pour des Eternités, mes larmes au goût de sel, je vous implorerai pour mériter le jour.
Je te confie ces lignes, cher journal et te dis à bientôt.
………………………………………………………………………………………..
« La majesté et l’amour n’habitent pas la même demeure » (Ovide)
Quand, au bout de mes nuits abyssales où parfois mon âme recueille l’écho assourdissant de mes damnations, se lève enfin une aube pâle, je sens s’apaiser les battements de mon cœur.
Ouvrant mes paupières, je contemple un paysage inconnu. De lactescentes brumes s’étirent devant moi. Suis-je encore en train de rêver, où ai-je enfin fait mon temps sur cette lourde Terre. Me voici tout tremblant, attendant, effrayé, le dernier Juge.
Et quel est ce Parnasse effroyable d’où sourdent les mugissements de ces coeurs misérables qui comme moi ont tant péché, comme trébuchent les plus pauvres vertus.
Mais ce n’était rien qu’un rêve et dans ce matin d’automne où s’enroule un brouillard avide et affamé, je cherche la chaleur de l’âtre.
Et dans le petit jour magicien se forment des perles de brume. Leurs harmonies nacrées m’appellent et me rassurent.
Me voici, nocte obscura, je n’aurai plus peur ce soir. Je vais peut-être renaître, invisible et gravissant lentement la montagne sacrée, seul peut-être.
Comme le troupeau sauvage que le berger regrette, je vais m’étourdir, qu’importe, aux portes des Enfers ou dans l’humble chaumière. Homme, tes immondes excès, sous la foudre des anges s’en iront, consumés. Je lèverai les yeux et dans mon regard clair où brilleront toujours, pour des Eternités, mes larmes au goût de sel, je vous implorerai pour mériter le jour.
Je te confie ces lignes, cher journal et te dis à bientôt.
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« La majesté et l’amour n’habitent pas la même demeure » (Ovide)
17 commentaires
salus · le mardi 15 octobre 2013 à 19:16
Hé !
C'est de la veine rimbaldienne d"une saison en enfer" !
Littéraires amitiés,
Salus
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 15 octobre 2013 à 19:34
Amitiés à tous et à toutes. Assuré de vos sympathiques indulgences, votre bien dévoué Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
salus · le mardi 15 octobre 2013 à 21:22
N'ayons pas, cher Philip, peur de nous exprimer !
...et mieux vaut en dire, des bêtises, que de s'en tenir coi !
(C'est qu'alors, elles risquent, fermentant, de créer, délétère,
une poche de gaz qui pourrait exploser !)
...Et puis, une belle bêtise, bien Cambré !
En tout cas, en fusse une que je la maintiendrais bec et ongles : tu écris admirablement ! - et à une vitesse qui défie !
Logorrhéiques amitiés,
Salus
bluegirl · le mardi 15 octobre 2013 à 21:33
Lola.
euphonie · le mardi 15 octobre 2013 à 22:09
http://www.mespoemes.net/euphoniePhilip je reste muette et que va donner la suite?
ouf, j'ai lu deux fois et je reste toujours muette que voulez-vous que l'on dise aprés avoir lu et relu tellement c'est prenant.Ame
DIDOU · le mardi 15 octobre 2013 à 22:13
à bientot pour te lire
amitié didou
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 16 octobre 2013 à 05:24
Attention l'ami, le terme "logorrhée" a un sens en principe péjoratif : soit le débordement verbal (ou écrit) est pathologique, soit il est inutile et sans fonds. Mais, je ne l'ai pas perçu comme tel, bien que très souvent, je tombe dans la logorrhée. A une vitesse qui défie ? Franchement, pour sortir ce genre de texte un peu décousu, bien qu'ayant un sens allégorique pourtant, cela ne prends pas beaucoup de temps (d'autant qu'en prose on n'a pas à chercher des rimes et à compter les pieds !). Amitiés, Salus. Philip
Pour LOLA :
Euh, l'ascension d'une simple montagne se suffit à elle-même. C'est déjà bien difficile. Si, allégoriquement il s'agit bien de la montagne sacrée, oui, je suis d'accord avec toi, c'est pour espérer avoir Son mérite. C'est le seul qui vaille, tu le sais. A méditer avec le vrai sens de la Miséricorde. Bisous et amitiés. Philip.
Pour EUPHONIE :
Chère Âme, tes compliments me touchent. Je serai tenté - avec tant facilité que vantardise - de te dire que ça ne m'est pas trop difficile de créer des "ambiances émotionnelles" dans mes écrits. C'est parce que j'ai tellement lu dans ma vie et avec une telle passion que j'assimile peut-être certains ressorts de l'écriture. Et puis, dans un autre registre, mon métier m'a dicté une exigence d'écriture. Ca n'empêche d'ailleurs pas le caractère logorrhique de mes écrits, ce qui n'est pas du tout une marque d'excellence. Mais je préfère de dire, que, très très souvent, il y a dans mes écris, ça se voit, une telle proportion de ressentis personnels qu'elle exacerbe peut être mon verbe. Voilà, pour cette petite confidence. Merci de me lire avec fidélité. Amicalement. Philip.
Pour DIDOU : merci, cher fan de la première heure ! L'imaginaire ? Il nous permet de nous évader du monde pour, toujours la même définition "substituer à notre regard l'image d'un monde qui s'accorde à nos désirs". Tu as tout à fait raison, l'encre (celle de notre âme ou de notre plume, devine ?) se permet toutes les libertés. Amitiés et à bientôt. Philip.
manouchka · le jeudi 17 octobre 2013 à 03:28
les mots ont une limite pour décrire ce que je ressens en lisant vos mémoires(presque)imaginaires,j'ai beaucoup aimé.Dans vos veines c'est je pense de l'encre qui coule.
J'attends la suite avec impatience.
Emmanuelle
http://www.mespoemes.net/ma22nou68
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 17 octobre 2013 à 19:20
Merci de continuer à aimer ce que j'écris. Et tes mots suffisent, pas besoin d'en dépasser des limites que je ne mérite pas. De l'encre dans mes veines ! Non, du sang tout simplement, et un coeur qui bat, sensible et qui guide mes mots. Amitiés, prends soin de toi. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
manouchka · le jeudi 17 octobre 2013 à 19:41
C'est un peu comme quand je lis une belle prière dans un silence religieux.
Douce soirée.
Emmanuelle
http://www.mespoemes.net/ma22nou68
ptite-liline · le vendredi 18 octobre 2013 à 22:48
J'ai hâte de lire bientôt ( j'espère ) un nouveau poème.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le samedi 19 octobre 2013 à 06:09
Merci ma gentille amie. Je vais alterner "vrais" poèmes et ces mémoires imaginaires (qui sont en prose). J'essaierai d'en poster un la semaine prochaine. Tu sais, tu peux écrire facilement de la "pose poétique" comme ce journal, c'est très facile, et connaissant les nouvelles que tu écrits tu en est tout à fait capable. Hier, tu m'as fait plaisir en me disant de vive voix que tes vers étaient beaux quand tu les écrivais avec moi. Ben, je crois que c'est ce que les gens pensent, parce qu'ils l'écrivent dans les coms de nos poèmes communs. Alors on va continuer, je serais très content de faire en sorte que toute la sensibilité qu'il y a en toi grimpe d'un cran par le travail de ton écriture. Car ce que dont tu ne prends pas conscience, c'est que quand tu écris seule tes poèmes, ils sont aussi beaux que quand tu les faits en tandem. Donc, moi, dans l'affaire, je ne suis rien d'autre que l'ami qui t'encourage et avec qui tu as plaisir d'écrire. Amitiés et bisous. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
domidom · le dimanche 20 octobre 2013 à 21:12
Les rêverie font parties de notre vie, elles peuvent nous entraîner dans des pensées secrètes et inconnues, quelquefois, les réveils sont amères, mais qu'importe, notre mémoire, discrètement, sera toujours présente pour nous ramener à la réalité....
Bisous, à toi, Domie...
armandstas18 · le mardi 22 octobre 2013 à 09:50
http://www.mespoemes.net/armandstas18 "Dans le petit jour magicien"... Oui, l'aube délivre souvent de bien des angoisses; j'ai aimé aussi ces moments où tu te dis "ça y est, je peux repartir encore aujourd'hui...A propos de Ténérife, je pars le 21 novembre et bien sûr je prendrai mon ordi mais pour l'instant je n'ai plus beaucoup d'attrait pour le postage de nouveaux textes, j'espère que ça me passera; en attendant, je lirai volontiers et commenterai les textes de tous nos amis sur la toile; amitiés à toi, cher Philip, armand (de Verlaine, en Hesbaye liégeoise...)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 28 octobre 2013 à 06:42
Eh bien, certes c'est de la prose poétique, mais cela permet plus de fluidité dans l'écriture et surtout d'écrire donc plus vite. Cela devient de moins en moins des mémoires imaginaires mais une narration qui devient un peu fantastique, mais qui reste toujours allégorique. L'inconvénient, c'est que lorsque je commence une ésérie", il faut en principe continuer, et j'en ai plein en panne, comme Azatoth, mon histoire fantastique que tu aimes bien. Grrrr !
Bisous, Domie.
Pour ARMAND :
Cette suite en prose m'a permis de belles associations de mot (comme "le petit jour magicien" où magicien est utilisé comme adjectif). Le reste est une classique facture utilisant les affres des cauchemars nocturnes. Mais ce n'est pas le genre de cauchemar que je fais. Là, il s'agissait plus d'une descente aux Enfers, traitée sous forme d'allégorie. Amitiés et dans moins d'un mois, chic, ton doux hiver canarien va commencer. Mais qu'est-ce qui t'empêche d'avoir de l'inspiration ? Les cieux froids et frémissant qui s'abattent sur la campagne liégeoise ? Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
scorpionne · le jeudi 4 octobre 2018 à 10:43
Ce 2e volet de tes mémoires imaginaires est de toute beauté ! J'avais déjà beaucoup apprécié le 1er mais j'aime encore plus celui-ci. Que d'émotions tu réussis à faire passer !
Je te souhaite un excellent jeudi, bien cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 5 octobre 2018 à 07:09
Bonjour Jocelyne. Merci d'avoir aimé ce 2ème volet de ces mémoires imaginaires.
En fait, c'était une variation, très très libre de la Divine Comédie de Dante,
le chemin incontrôlable qui va jusqu'aux portes de l'Enfer.
Il fallait un ton un peu désemparé, un peu comme l'effroyable phrase que cite Dante, dans sa divine comédie, à l'entrée de l'Enfer : "toi qui entre ici, abandonne toute espérance !".
Très belle journée à toi, Jocelyne.
Très amicalement. Philip
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