LES NACRES D'EPIDAURE

Bien loin de ma chaumière où s’étire le jour
Dans un pâle sanglot, monotone et sans fin,
Il est, songe meurtri, détourné par l’amour,
Un théâtre de pierre au contour assassin.
Ô, éternels gardiens de ces ruines sans vie,
Renaissez de vos nuits pour taire les soupirs
Des âmes fatiguées de leur lâche amnésie ;
La Grèce est un tombeau aux vastes souvenirs.
Dans son aube nacrée, à mes pieds, Epidaure
Toute sertie de glyphe et d’olifant mêlé
S’éveille, émerveillée, en implorant l’aurore
Que des rois imprudents avaient trop confisqué.
Vais-je me souvenir de ce matin lointain,
Qui dans mon cœur s’emmêle en rêvant d’un Ailleurs
Où l’horizon tiédit d’un frissonnant dédain,
Quand meure la mémoire au faste encanailleur.
Etes-vous endormies, filles des océans ?
Loin des marbres noircis par l’écume du Temps,
Les temples chavireux ont brisés leurs carcans ;
Ils relèvent le front, pour un dernier Printemps.
Dans le soir irisé des nacres intrépides
Où l’écho des penseurs venu loin, de Mycène
Rivalise d’envie, du chant des Néréides
S’éteint le soir de sang d’Alcée de Mytilène.
Dans un pâle sanglot, monotone et sans fin,
Il est, songe meurtri, détourné par l’amour,
Un théâtre de pierre au contour assassin.
Ô, éternels gardiens de ces ruines sans vie,
Renaissez de vos nuits pour taire les soupirs
Des âmes fatiguées de leur lâche amnésie ;
La Grèce est un tombeau aux vastes souvenirs.
Dans son aube nacrée, à mes pieds, Epidaure
Toute sertie de glyphe et d’olifant mêlé
S’éveille, émerveillée, en implorant l’aurore
Que des rois imprudents avaient trop confisqué.
Vais-je me souvenir de ce matin lointain,
Qui dans mon cœur s’emmêle en rêvant d’un Ailleurs
Où l’horizon tiédit d’un frissonnant dédain,
Quand meure la mémoire au faste encanailleur.
Etes-vous endormies, filles des océans ?
Loin des marbres noircis par l’écume du Temps,
Les temples chavireux ont brisés leurs carcans ;
Ils relèvent le front, pour un dernier Printemps.
Dans le soir irisé des nacres intrépides
Où l’écho des penseurs venu loin, de Mycène
Rivalise d’envie, du chant des Néréides
S’éteint le soir de sang d’Alcée de Mytilène.
14 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 31 décembre 2013 à 19:49
Comme le poème comprend des mots inusités - so sorry ! - comme je le fais en ces circonstances, quelques repères :
- Un glyphe désigne un caractère, une lettre pouvant prendre une forme originale, détournée. L'écriture grecque a été légèrement altérée par son usage sur parchemin et est une des sources du cyrillique slave. L'olifant est un cor (comme celui de Roland de Roncevaux). On en voit les prémisses de cet instrument de musique rudimentaire sur certains médaillons et poteries de la Grèce antique. Et, piètre jeux de mot, signalons que dans la mythologie grecque, Perséphone, fille de Zeus était aussi appelée Coré !
- Les néréides sont des nymphes marines, moins perfides que les sirènes d'Ulysse.
- Enfin, Alcée de Mytilène est un poète grec antique, peu connu. Il écrivit des chants d'amour, mais surtout des odes belliqueuses et guerrières (d'où l'allusion au "soir de sang". Mais surtout, c'est le clin d'oeil à la poésie en ces dernières heures de l'année, Alcée s'est distingué pour avoir promu cette forme poétique que fut ce que l'on a appelé le "canon alexandrin" dans le but d'améliorer la pureté de la langue. Bel hommage, n'est-ce pas ?
Je vous adresse à tous et à tous mes plus chaleureuses amitiés.
Et de l'inspiration à revendre pour cette nouvelle année. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
salus · le mardi 31 décembre 2013 à 19:50
Cher De Berg, mon amour naturel pour l'Attique et l’Hellène (Epidavros, j'y fut !)
vibre à ces vers homériques !
Ephéristo poli ! (ou dieu sait comment on écrit ça !)
Salus
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 31 décembre 2013 à 20:02
Merci pour ce premier commentaire (qui sera sans doute le dernier de l'année !).
Pendant que tu postais ton com' j'étais en train d'écrire mon explication de texte. Tu auras ainsi certaines clés.
Enfin, quitte à paraître encore prétentieux, en effet le "merci beaucoup" s'écrit plutôt "Efharisto polli", mais se prononce "Efkharisto" puiqu'en grec ancien (et dans les caractères d'origine) on écrit "κρα" qui se prononce "kha". Dans la langue contemporaire, le son kh est très légèrement prononcé, presque chuinté. Voilà pour ce petit complément d'information. Amitiés helléniques. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
cissou40 · le mardi 31 décembre 2013 à 22:02
Sincères amitiés ...
http://www.mespoemes.net/cissou40
rose · le mardi 31 décembre 2013 à 23:46
http://www.mespoemes.net/rose
DIDOU · le mercredi 1 janvier 2014 à 06:54
Amitié didou
nisti · le mercredi 1 janvier 2014 à 12:43
cordialement misterb
raphaelle13 · le mercredi 1 janvier 2014 à 20:21
Je trouve les deux premiers quatrains superbes avec cette image d'aube nacrée ensuite...C'est un bien joli portrait qui s'offre à nous.
"Dans le soir irisé des nacres intrépides", magnifique...
J'aime aussi beaucoup le titre qui cache la sensibilité d'une évocation. On se laisse porter en ce lieu, merci pour ce partage,
Mes amitiés, bises, Raphaëlle
domidom · le mercredi 1 janvier 2014 à 21:59
Au bonheur de te lire...
Pleins de bisous, Domie..;
José · le jeudi 2 janvier 2014 à 16:12
Amitiés et bonne année.
christine · le vendredi 3 janvier 2014 à 10:23
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 3 janvier 2014 à 13:39
Pour CECILE, ROSE et DIDOU :
Merci. Oh, ce n'est ni un chef d'oeuvre, ni une mélopée, juste quelques idées, issues à la fois d'un manque d'imagination (eh oui, eh oui), allié à la volonté de ne pas écrire une fois de plus un poème chargé de spleen (comme on me l'a fait remarqué) et quelques instants de réflexions, pour trouvez un sujet et qui ont fait jaillir deux mots, sans rapport l'un avec l'autre, Epidaure et Nacre. L'imagination un peu boostée, alors, a fait le reste. Amitiés et bises.
Pour NISTI :
Merci de m'avoir fait ce gentil commentaire. Eh bien situ aimes l'histoire de la Grèce, je suis très heureux de lui avoir donné peut être un autre regard, un beau regard à travers mes quelques vers. Amitiés. Philip.
Pour RAPHAELLE :
Eh bien, très heureux si j'ai pu te transporter vers ces lieux magiques, rien qu'avec quelques mots. La sensibilité ? Elle est toujours présente dans chacun de mes mots. Cela se ressent je pense.
Ce grand poète que fut Stéphane Mallarmé que beaucoup d'entre nous apprécient cassait le moral de ses lecteurs qui, à la question "« Maître, pleurez-vous dans vos vers ? » répondait sèchement « ni ne me mouche ! ».
Paul Claudel disait, plus humble, à propos de sa poésie : « Les mots que j’emploie, ce sont les mots de tous les jours, et ce ne sont point les mêmes ».
Je suis plutôt de son avis, mais mes mots, particulièrement en poésie, renferment peut-être un plus, qui révèle souvent un peu de moi-même.
Dans une récente et passionnante étude littéraire, la question était posée de savoir si, somme toute, la poésie est un langage particulier et...."un chant de l'âme". Je serais plutôt d'accord. Et cela renvoie au mystère de l'âme, cette éblouissante inconnue que nous avons évoqué récemment. Poème que je considère purement "de transition" voire "bouche trou" mes Nacres d'Epidaure, c'est vrai, révèle quand même une facette de ma sensibilité, je le reconnais. Amitiés poétiques, Raphaëlle. A bientôt. Philip.
Pour DOMIE :
Ben, sans te flatter, je dirai que mon trop court passage chez toi et ta gentillesse m'a rappelé le devoir de ne plus écrire n'importe quoi pour être digne de toi que j'ai considéré bien vite comme ma marraine en poésie (et crois moi, moi qui ai eu peu de famille et jamais ni parrain, ni marraine, cette qualité de "marraine" et "filleul" dont nous nous sommes affublés un jour, me touche beaucoup plus que tu ne le penses. Mais, ô, pour me rendre digne des conseils que tu m'as prodigué, je n'ai pas trop regardé en détail le respect des règles prosodiques. Je sais au moins que je n'ai pas respecté la règle du nombre avec un "ailleurS" avec un S et "encanailleur" sans S ! Bah, toujours prêt à trouver une excuse, je dirai que c'est le dernier jour de l'année ! Gros bisous, Domie. Philip.
Pour Christine :
C'est la musique des mots qui peut souvent donner une impression de "joliesse". Tiens ? ....."Epidaure".... n'est-ce pas un mot agréable à prononcer et qui invite au rêve ? Et le "soir irisé des nacres intrépides" que souligne Raphaëlle, n'est pas une musique agréable et une autre invitation au rêve. Avec l'association de mots qui sont une autre invitation, à s'interroger, donc à arrêter le Temps, un instant. En effet, en quoi des nacres pourraient-elles être....."intrépides".
C'est la raison pour laquelle lorsque je lis vos poèmes à vous tous, et notamment ceux que je connais moins de d'autres (et dont je perçoit un peu mieux la sensibilité, connaissant un peu de leur histoire) eh bien je me dis qu'il y a toujours une émotion à trouver à travers chacun des mots. Eh, lire un poème, ce n'est quand même pas mire les horaires de la SNCF !!!! Amitiés. Philip.
Pour JOSE :
Quelques petit retards à lire (et commenter) tes poèmes cher José.
Merci d'avoir, une fois de plus aimé mon poème. Je sais que tu comprends la sensibilité des mes mots, et j'y suis sensible, crois-moi.
Enfin, bonne année et les meilleures choses pour toi. Amitiés sincères. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Ivy · le vendredi 3 janvier 2014 à 15:09
Smile !
scorpionne · le dimanche 4 novembre 2018 à 12:27
Ce n'est qu'aujourd'hui que je reprends ma promenade dans ton Jardin de Lune, le site rencontrant quelques difficultés de fonctionnement ces derniers jours.
Merci pour ce voyage en Grèce, entre aujourd'hui et hier. J'ai particulièrement apprécié la dernière strophe :
"Dans le soir irisé des nacres intrépides
Où l’écho des penseurs venu loin, de Mycène
Rivalise d’envie, du chant des Néréides
S’éteint le soir de sang d’Alcée de Mytilène."
A bientôt, cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne
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