GETTYSBURG

Prologue :
These obscene ravens, clamourous o’er the dead,
Who feed where Desolation first has fed
And whose wings rain contagion ; how they fled !
(Percy Shelley)
…………………………………………………………………………………….
Là-bas, vers le grand Sud, les terres moribondes
Hurlent encor et ploient sous leurs douleurs profondes ;
Exsangue de fureur, trop abreuvé de sang.
Le soir implore et pleure un soldat de son rang
Comme une Apocalypse éreintée par le Temps,
Qui, d’un sommet féroce, abjure trop longtemps,
La facétie de l’ombre enrubannée de deuil
Soupire et se lamente en foulant son orgueil.
Ainsi marchent les cœurs, sous un hideux fronton
Quand le tocsin rugit dans les champs de coton,
Et que le peuple obscur, en lourde catacombe,
Tout de larmes fardées attend le jour qui tombe.
Leur cri s’étiole enfin, libéré par le vent;
Leur sang bouillonne en vain dans un désir fervent,
Abreuvé de victoire au parfum dérisoire
D’exploits inconsolés pour abreuver l’Histoire
……………………………………………………………
Epilogue :
Stay yet a while ! Speak to me once again,
And, in my heartless breast and burning brain,
That word, that kiss shall all thoughts else survive,
With food of saddest memory kept alive.
Now, Thou are dead !
(Percy Shelley)
1 * (traduction premier verset en anglais) :
Ces obscènes corbeaux vociférant au-dessus de la Mort
Qui se nourrissent, là où la Désolation s’est nourrie la première,
Et dont les ailes versent la contagion, ô comme ils se sont enfuit.
2 * (traduction deuxième verset en anglais) :
« Là, reste encore un peu. Et parle-moi encore une fois.
Et dans ma poitrine vide et ma tête brûlante,
Ce mot, ce baiser, à toutes autres pensées survivront.
Maintenant , tu es mort ! »
These obscene ravens, clamourous o’er the dead,
Who feed where Desolation first has fed
And whose wings rain contagion ; how they fled !
(Percy Shelley)
…………………………………………………………………………………….
Là-bas, vers le grand Sud, les terres moribondes
Hurlent encor et ploient sous leurs douleurs profondes ;
Exsangue de fureur, trop abreuvé de sang.
Le soir implore et pleure un soldat de son rang
Comme une Apocalypse éreintée par le Temps,
Qui, d’un sommet féroce, abjure trop longtemps,
La facétie de l’ombre enrubannée de deuil
Soupire et se lamente en foulant son orgueil.
Ainsi marchent les cœurs, sous un hideux fronton
Quand le tocsin rugit dans les champs de coton,
Et que le peuple obscur, en lourde catacombe,
Tout de larmes fardées attend le jour qui tombe.
Leur cri s’étiole enfin, libéré par le vent;
Leur sang bouillonne en vain dans un désir fervent,
Abreuvé de victoire au parfum dérisoire
D’exploits inconsolés pour abreuver l’Histoire
……………………………………………………………
Epilogue :
Stay yet a while ! Speak to me once again,
And, in my heartless breast and burning brain,
That word, that kiss shall all thoughts else survive,
With food of saddest memory kept alive.
Now, Thou are dead !
(Percy Shelley)
1 * (traduction premier verset en anglais) :
Ces obscènes corbeaux vociférant au-dessus de la Mort
Qui se nourrissent, là où la Désolation s’est nourrie la première,
Et dont les ailes versent la contagion, ô comme ils se sont enfuit.
2 * (traduction deuxième verset en anglais) :
« Là, reste encore un peu. Et parle-moi encore une fois.
Et dans ma poitrine vide et ma tête brûlante,
Ce mot, ce baiser, à toutes autres pensées survivront.
Maintenant , tu es mort ! »
16 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 5 juin 2014 à 12:59
L'idée m'est venue parce qu'il se trouve qu'en septembre je vais faire un long périple sur les hauts-lieux de la guerre de Sécession. Ce poème est un poème de paix et de liberté; mais il souligne avant tout, qu'une guerre (fût-elle nécessaire ??????) engendre la mort et la désolation. Gettysburg fut une bataille décisive qui fut LE tournant de la guerre de Sécession, à l'honneur d'Abraham Lincoln. Mais ce fut aussi la bataille la plus lourde en pertes humaines, au sein de cette guerre civile.
Le prologue et l'épilogue, en anglais, extraits de poèmes de Shelley, que j'affectionne particulièrment, sont en réalité sans rapport direct avec le poème. Sinon que le prologue annonce la mort qui plane, qui rôde sur le champ de bataille aux deuils crépusculaires. L'épilogue est un mot d'amour, en hommage à tous ceux qui sont partis et ne sont jamais revenus, offrant leur vie pour l'honneur et la liberté (on notera que Shelley, dans son poème avait utilisé la forme sacralisée en utilisant "thou" au lieu de "you" pour dire Tu. Ici, cette forme s'applique parfaitement pour désigner par là l'Humanité.
Enfin, on remarquera une inexactitude dans mon poème : il est question du Sud et plus loin des champs de coton.... Non, les champs de coton sont plus bas et le Sud commence tout au plus, avec réserve en Caroline voire en Georgie. Gettysburg se trouve en Pennsylvanie, entre Philadelphie et Washington DC ! L'on me pardonnera cette petite tricherie. Je vous souhaite bonne lecture/ Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
cerise · le jeudi 5 juin 2014 à 13:19
Merci pour ce poème qui témoigne avec sensibilité et virtuose de la boucherie de la guerre.
Merci aussi pour tout ce que tu nous apprends...sourire
Bien amicalement
Béatrice
http://www.mespoemes.net/cerise
didou · le jeudi 5 juin 2014 à 13:19
Merci pour ce moment d'histoire
amitié didou
http://www.mespoemes.net/didou
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 5 juin 2014 à 14:05
Merci, chère Béatrice d'avoir perçu la sensibilité de ce poème un peu âpre, quoi mâtiné d'une touche de la délicatesse de Shelley (mais ce n'est donc pas de moi). Oui, il m'arrive de de dénoncer la barbarie. Comme, heureusement, ne n'ai jamais mis les pieds sur un champ de bataille, je me contente donc d'essayer de restituer la lourde désolation qui ruine l'âme et le coeur quand s'affrontent les hommes.
Si cela t'intéresse, j'ai écrit un autre poème sur la bataille d'Eylau intitulé "les Châtiments" (en page 2 de la liste de mes poèmes), beaucoup plus âpres, mais malhabile dans l'écriture. De toute façon Victor Hugo était passé avant moi pour décrire ce champs de bataille. Alors je je faisais pas le poids. Je faisais tout juste le singe ! Amicalement à toi. Philip.
Pour DIDOU :
Eh bien merci mon ami. Oui j'aime raconter l'Histoire (et des histoires aussi). Elle vient à mes yeux par tous ceux qui l'ont faite et écrite. Il faut surtout s'imprégner, non pas des images qu'elles suscitent mais des sentiments profonds qu'elle fait remonter en nous. Si nous pouvons comprendre un millième de la leçon, nous sommes alors un peu meilleur que l'instant d'avant. La poésie est un très bel outil pour cela. Nos mots deviennent alors témoins immortels du temps qui passe. Amitiés, Didier. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
euphonie · le jeudi 5 juin 2014 à 15:56
http://www.mespoemes.net/euphonie
Si nous pouvons comprendre un millième de la leçon nous, sommes alors un peu meilleur que l'instant d'avant.
Mais Phiip l'homme est une bombe atomique toujours prête à la barbarie
L'homme est-îl programmer pour tuer?
Bonjour Philip
Un poème trés puissant par tes mots et ta sensibilité
Amicalement
Om
Marie
Ivy · le jeudi 5 juin 2014 à 16:06
One day perhaps but maybe too late !
Amitiés
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http://www.mespoemes.net/worrell02
domidom · le jeudi 5 juin 2014 à 17:40
Depuis la nuit des temps, l'homme à semé la mort, les guerres ont toujours existé, elles existeront encore, même si nous ne sommes plus là pour en parler....
Nous pouvons remercier le ciel d'avoir pu profiter chez nous, de 70 ans de paix, hélas, ce n'est pas la même chose pour d'autre pays....
Tous ces pauvres gens, qui ne connaissent que la peur, qui tremble à chaque instant, qui voient leurs enfants mourir sous leurs yeux, tous ces pauvres innocents qui meurent pour rien....
Un bel écrit, qui nous fait ouvrir les yeux sur tous ces pauvres malheureux, qu'égoïstement nous avons tendance à oublier....
Bisous, à plus....
Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom
oliverjane1950 · le jeudi 5 juin 2014 à 22:12
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
rose · le vendredi 6 juin 2014 à 23:25
Bisous a bientot
http://www.mespoemes.net/rose
Guy · le samedi 7 juin 2014 à 09:40
Épique me semble le mot juste. Bien sûr 4 strophes ne racontent pas une épopée, mais le caractère épique vantant l'héroïsme et sa dimension symbolique sont présent dans ce poème.
Mais bien sûr le message que tu veux délivrer est un appel à la paix en dénonçant l'absurde atrocité de la guerre. C'est bien ça l'important.
Amitiés. Guy
http://www.mespoemes.net/renato
Philip de Berg (JARDIN) · le mercredi 11 juin 2014 à 08:48
"Epique" est un bien grand mot, je trouve mon cher Guy. Je dois te faire l'aveu que, si l'écriture est un fabuleux vecteur de la connaissance de soi, et de la connaissance de la vie tout court - et la partager entre nous est merveilleux - elle est pour moi un "exercice de style". Ici, le but était en effet de délivrer un appel à la paix, si nécessaire, indispensable. J'écris rarement de la poésie "actuelle" qui se déroule ici et maintenant. Alors, j'ai choisi le thème de la guerre de Sécession, dont peu de nos compatriotes connaissent les origines. Ce fut une guerre civile, meurtrière, mais ce fût un combat humaniste qui devait mener à la liberté. Mais la liberté a trop souvent un prix : le sang versé.
Si tu persiste à voir de l'épique dans mes poèmes "guerriers", je préfère de beaucoup mes "Châtiments" (la bataille d'Eylau) qui n'était pourtant qu'un prétentieux pastiche de Hugo.
Mais, le plus important, dans ce genre de poème, c'est le message, tu l'as bien compris. Amitiés. Philip
Pour ROSE :
Merci d'avoir aimé ces vers, mon amie. Sous quelque latitude que ce soit, quand les hommes s'affrontent au nom d'idée qu'eux-même ne comprennent peut-être même pas, parce qu'ils n'ont pas fait l'effort de comprendre le Monde, il y a de quoi s'inquiéter. Et cela dure, dure, depuis des siècles et des siècles, sans fin.....
Pour OLIVER :
Oui, tu as raison, nous devrions être programmés pour aimer ! Oh oui ! Et l'aimant, tapi au fond de chacun a bien du mal à faire surface. Ne restent alors en surface que ruine et désolation....de l'âme, du monde ! Merci pour ta pertinente réflexion.
(ps : j'ai du retard dans le commentaire de tes derniers poèmes. Patience, ça va venir :)
Amitiés cher Oliver. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Philip de Berg (JARDIN) · le mercredi 11 juin 2014 à 08:58
Merci d'avoir rajouté ce commentaire, mon amie. Nous sommes chacun, installés dans notre petit confort, à nous plaindre trop souvent de choses futiles. Notre pays, comme tu le souligne, est en paix depuis 70 ans (si l'on prend pour référence le grand conflit de la 2ème guerre mondiale). Mais autour de nous le canon tonne. Le canon des armes, mais aussi le canon de misère ! Des enfants meurent chaque jour, sous les balles ou sous la faim. Ouvrons-nous notre écran de télé pour y voir chaque jour les même images : "Encore la guerre ! On ne voit que ça !" Oui. Notre réflexion semble alors être blasée, inconsciente des réalités.
Amitiés et gros bisous, ma chère Domie. Philip.
Pour IVY :
Unfortunately, I guess it's too late !
Pour MARIE :
Encore ce justes mots qui se rajoutent à ce qui a été dit.
Si tu as vu de la sensibilité dans mes quelques vers, j'en suis heureux car cette sensibilité, j'aimerais tant que l'humanité toute entière la ressente. Mais tant de gens préfèrent tourner la tête et regarder ailleurs.
Je donne peut-être une image trop romantique aux amis, ce Jardin de Lune, toujours dans les rêves, à égrener des notes charmantes sur son piano..... Je suis pourtant réaliste et sensible. Je n'ai pas "d'armes" pour mon combat contre la bêtise et la barbarie. J'essaie d'agir un tout petit peu, chaque jour, dans la Cité. Mais je fatigue. Enfin, il y a toujours en moins cette étincelle qui ne s'éteindra jamais. Amitiés, Marie. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
oliverjane1950 · le mardi 17 juin 2014 à 17:16
Je peux te donner la liste de ce qu'il vend avec ces prix. S'il y a accord ( sans jeu de mot), je donnerais son n° téléphon ! Merci infiniment...
Amitiés. Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
oliverjane1950 · le mardi 17 juin 2014 à 17:17
Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 18 juin 2014 à 13:23
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
oliverjane1950 · le mercredi 18 juin 2014 à 17:04
Amitiés. Oliver
http://www.mespoemes.net/oliverjane1950
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