C'était le mois de la Lune-fraise

Ô, combien de saisons, combien de pluies dociles
Ont effacé le Temps et veillé sur mon âme,
Quand mon regard d’enfant et ses rêves faciles
Suppliaient le jour mort pour allumer la flamme,
Raviver la nuit pâle et frissonner soudain
Quand le vent supplicié rappelle aux Séraphins
Le coeur à peine éclos, prêt pour le lendemain
Où viendront s’échouer les oublieux matins.
Et j’étais apaisé, dans cette nuit tranquille.
C’était le mois de la lune-fraise…..
It was the month of strawberry moon !
Dans mon incomplaisance endormie et fatale,
Les parfums de jadis embaumaient mon orgueil
Et les reflets glacés, d’une moue impériale
M’invitaient, immortel, à repasser le seuil.
Et l’inconstant émoi du rêve qui s’épuise,
Dans la douce morsure au rythme cadencé
Des boucles argentées d’une exquise marquise,
Achève en soupirant le refrain ébauché.
Et j’étais apaisé par cette nuit tranquille.
Quand venait enfin le mois de la lune-fraise…..
It was the month of strawberry moon !
Alors, j’irai demain, contempler l’horizon
Dans sa mystique gloire où palpitent les cris
Des invisibles rois, abreuvés de poison
Qui implorent en vain d’insondables mépris.
Mais que m’importe alors ces tristes pantomimes,
Mon unique raison est d’oublier l’Instant,
Pour vivre à tire-d’aile tous ces songes infirmes
Et soudain m’éveiller dans un souffle hésitant.
Et j’étais apaisé par cette nuit tranquille,
Quand mourait au matin le fruit couleur de lune !
It was the month of strawberry moon !
(Lien musical : Consolation n° 3 lento placido de Frantz Liszt)
https://www.youtube.com/watch?v=wWnWZcTuqW4
Ont effacé le Temps et veillé sur mon âme,
Quand mon regard d’enfant et ses rêves faciles
Suppliaient le jour mort pour allumer la flamme,
Raviver la nuit pâle et frissonner soudain
Quand le vent supplicié rappelle aux Séraphins
Le coeur à peine éclos, prêt pour le lendemain
Où viendront s’échouer les oublieux matins.
Et j’étais apaisé, dans cette nuit tranquille.
C’était le mois de la lune-fraise…..
It was the month of strawberry moon !
Dans mon incomplaisance endormie et fatale,
Les parfums de jadis embaumaient mon orgueil
Et les reflets glacés, d’une moue impériale
M’invitaient, immortel, à repasser le seuil.
Et l’inconstant émoi du rêve qui s’épuise,
Dans la douce morsure au rythme cadencé
Des boucles argentées d’une exquise marquise,
Achève en soupirant le refrain ébauché.
Et j’étais apaisé par cette nuit tranquille.
Quand venait enfin le mois de la lune-fraise…..
It was the month of strawberry moon !
Alors, j’irai demain, contempler l’horizon
Dans sa mystique gloire où palpitent les cris
Des invisibles rois, abreuvés de poison
Qui implorent en vain d’insondables mépris.
Mais que m’importe alors ces tristes pantomimes,
Mon unique raison est d’oublier l’Instant,
Pour vivre à tire-d’aile tous ces songes infirmes
Et soudain m’éveiller dans un souffle hésitant.
Et j’étais apaisé par cette nuit tranquille,
Quand mourait au matin le fruit couleur de lune !
It was the month of strawberry moon !
(Lien musical : Consolation n° 3 lento placido de Frantz Liszt)
https://www.youtube.com/watch?v=wWnWZcTuqW4
23 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 14 août 2014 à 13:45
C'est fait !
L'origine de ce poème ? Il y a quelques semaines, un ami poète m'a fait découvrir d'éthérés morceaux de rock progressif. En plein cœur de la nuit, l’écoutais un de ces morceaux, planants à souhait (Ozrik Tentacles ou Pendragon, je ne sais plus) qui contenait cette phrase "It was the month of strawberry moon » que j’ai préféré traduire par « c’était le mois de la Lune-fraise » plutôt de « de la lune de fraise ».
C’est souvent comme cela que naissent mes idées de poèmes. Le hasard a fait que j’ai attendu pour l’écrire et que, il y a quelques jours, la Lune, à son périgée, était immense et majestueuse dans le ciel. Chère Lune qui a toujours fait rêver ce Pierrot que je sais encore être !
Un poème sucré comme un fruit d’été, naïf car je l’ai voulu ainsi.
Mais pour rester dans la réalité, alors que dehors les hommes continuent à se déchirer, pour d’absurdes pouvoirs, au détour d’un vers l’on subira encore ces petits roitelets dont les desseins n’ont d’autres horizons que l’auréole du mépris. Mais ce n’est qu’un petit détour, un pas de côté dans ce poème où, pour paraphraser Baudelaire, tout se veut calme et volupté !
Sachez enfin que je viens de découvrir le sens de cette expression « le mois de la fraise-lune ». Elle désigne la première pleine lune du mois de Juin. Elle tire ainsi son nom du fait que la tribu des Algonquins (une des communautés d’Indiens du Canada) appelait ainsi ce cycle lunaire où l’astre de la nuit a une teinte légèrement rosée et qui signifie que c’est le signal pour une récolte de fruits abondante.
Enfin, je vous invite à cliquer sur le lien et à écouter la Contemplation de Frantz Lizst, remarquablement interprétée au piano, qui sied particulièrement à l'ambiance de ce poème?
Voilà, mes ami(e)s. Prenez bien soin de vous. Amitiés sincères. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
salus · le jeudi 14 août 2014 à 15:16
Si, rendant à Hugo tout ce que tu lui dois,
ton vers reste enlevé de savantes maîtrises,
C'est qu'en littérature, où tes matière grises
Excellent, te relire est un des meilleurs choix !
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 14 août 2014 à 15:43
Pour venir à mon poème et à son commentaire : je pense qu'en m'écrivant rapidement, tu voulais dire :
- En poésie la matière (le matériau poétique) grise (verbe griser !!!!). Un de tes jeux de mots !
Et en écrivant "te relire" tu voulais dire certainement "te lire de nouveau", car je viens tout juste d'écrire ce poème. Très laborieusement je dois dire et pour ne pas dire, limite bâclé. Ceux qui connaissent mon style, verront que ce sont des vers écrits à l'emporte pièce. Pour tout te dire, un exemple : que viennent faire les "rois" et leur "mépris" ??? Après avoir bouffé 4 syllabes avec "invisibles" il me fallait un nom en une syllabes, et mépris n'est là que pour rimer avec "cris". Mais temps mieux, ces deux vers désignent, comme je l'ai dit, allégoriquement tous ces fous de pouvoir bien.... méprisable. Pareil pour les "exquises marquises" qui me permettaient ainsi une rime avec "s'épuise". Mais globalement, pas mécontent quand même après une petite absence. Quant à Hugo, je lui rendrai bien mes plus vibrants et respectueux hommages sans problème. Mais il aurait fallu que mon poème soit d'une très grande qualité, ce qui n'est pas le cas. En tout cas, merci d'avoir apparemment aimé ces quelques vers. Amitiés. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
lemecducerclezutique · le jeudi 14 août 2014 à 18:19
du grand De Berg , un magnifique poème , pour ma part je ne trouve pas qu'il soit bâclé .
Amitiés Philip et encore merci de ton passage
Zutiquement moi
lemecducerclezutique · le jeudi 14 août 2014 à 18:23
Ce vers par contre , lui est mortel
lemecducerclezutique · le jeudi 14 août 2014 à 18:27
J'y passerai avec plaisir
euphonie0 · le jeudi 14 août 2014 à 18:33
http://www.mespoemes.net/euphonie0
Bonjour Philip
J'aime quand tu écrls des poèmes baclés
Ils débordent encore plus de sentiments profond et touchant.
Et en plus en compagnie de la lune...fraise
Merci Philip je ne connaissais pas ce terme
Si je comprend bien tu vas nous quitter pour un petit moment
Ah être un pigeon vayageur, tu vas nous en conter des histoires et poèmes de tous les paysages et sensations que tu auras eu pendant ton péricle américain
Mais pour l'instant vivons le présent et profitons de la douceur de tes sentiments
Tout comme notre ténor poétsalus je vais te relire
Bonne soirée Philip
Om
Marie
lemecducerclezutique · le jeudi 14 août 2014 à 18:53
Un grand merci à toi Philip et une bonne soirée
Zutiquement
bluegirl · le vendredi 15 août 2014 à 00:29
Je lis dans tes vers de l'apaisement, en tout cas un désir profond de faire le deuil : l'enfant n'est plus, mais il n'a rien oublié.
Alors comme tu dis, c'est un poème un peu comme un fruit d'été, et une belle interprétation de la Consolation n°3.
Bon week end, bises.
PS : c'était pas OzriC Tentacules qui ne fait que de l'instrumental.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 15 août 2014 à 07:27
Oui, les amis, comme j'ai quand même ma fierté, je voulais vous dire que je ne suis pas nul en orthographe. Je vous dis cela parce qu'en relisant le com' que j'ai fait à Salus, au premier regard, j'ai vu que j'avais écrit "Mais temps mieux !" au lieu, bien sûr, de "TANT mieux" et, plus loin, "tous ces fous bien méprisablE", sans le s du pluriel. C'est très très souvent qu'il doit y avoir des fautes, tout simplement parce que je ne relis pas mes coms - l'esprit déjà ailleurs - alors qu'il n'y a pas de fautes dans mes poèmes que je relis attentivement. Je tenais à vous faire cette précision, pour ceux qui auraient remarqué ça.
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didou · le vendredi 15 août 2014 à 09:00
MERCI philipp
amitié didou
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Philip de Berg (Jardin de Lune)) · le vendredi 15 août 2014 à 09:35
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Ivy · le vendredi 15 août 2014 à 10:18
Bisous
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 15 août 2014 à 13:55
Aaaaaaah, Ivy, évoquer ma gourmandise éclipse mes vers ! Mon seul régal fut de construire ce petit poème un peu nostalgique. Rêveries ! Under the moonbeams ! Amitiés. Phil
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 15 août 2014 à 14:08
Ah, tu es bien perspicace mon amie, toi qui connait un peu ma vie ! Mais, tu sais, il restera toujours un peu de l'enfant que je fus. Les fracas du rock 'n roll ou les mélopées hypnotiques du piano n'ont pas effacé le temps de l'innocence. L'apaisement ? Oui, c'est drôle, je me le refusais....... et pourtant il est là, ténu peut-être. Car être en paix (avec soi-même, est une nécessité. Et tu le sais bien, je souhaite bien sûr que tout le monde et ceux qui me sont chers, soient en paix avec eux-même. Perspicacité encore : quand j'écris ce genre de poème (et je persiste à dire que je l'ai un peu bâclé) c'est que je suis apaisé. Je n'aurais pas dû évoquer les rois méprisants et les marquises. Ils n'ont rien à voir là-dedans. Mais les retirer aurait fait un poème trop court. Bah, je laisse ! Alors, gardons le fruit d'été. Il y a longtemps, j'avais composé une chanson pour un groupe ami. Le chanteur voulait évoquer un enfant qui, naïvement voudrait "décrocher la Lune". La chanson et les premiers mots de chaque couplet, c'était tout simplement, avec une naïveté voulue : "J'veux le ballon !". Celui qui brille, là-haut dans le ciel, la nuit. Cet enfant de la chanson, n'était-ce pas moi ? Euh.... rappelle-moi mon pseudo déjà ? Euh....Jardin de Lune, c'est bien ça ?
Suis content d'échanger quelques mots avec toi, dans ce contexte poétique. Prends soin de toi. Amitiés. Philip.
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 15 août 2014 à 14:15
Merci d'avoir aimé, ma chère Marie. Oui, tu as raison, qu'importe que le poème soit écrit "à la va vite" (c'est qu'inconsciemment, il doit y avoir urgence à faire passer des émotions, alors, vite, vite, peu important le style !), en me relisant je vois de l'émotion en effet. Mais le problème, c'est qu'à chaque fois, ce sont les autres amis qui me le font remarquer (tu n'a pas été la seule à le souligner ici). Tant mieux si ces quelques vers t'ont touché. Ca sert à cela la poésie : à nous rendre l'âme meilleure à travers une pluie de sentiments.
Eh oui, je serai bien loin tout le mois de septembre (reviens le 4 octobre). Il y aura des livres d'images en vers, racontant peut-être ce long périple à travers 7 états de l'Amérique profonde. Au coeur des gens, même s'ils sont différents de nous. Mais je ne suis pas encore parti. Amitiés, Marie. Philip.
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 15 août 2014 à 14:20
Merci mon ami d'avoir apprécié mes vers.
Oui, je ne soigne pas assez la construction de mes poèmes. Tellement pressé, comme je le suis toujours. Mais, il y a quand même de belles évocations : ce sont celles de mes plus profonds ressentis; ça en est la raison. Oui, il faudrait que j'ouvre un blog poétique. Comme je ne suis pas très doué en Internet, je me permettrai de te demander conseil en mail privé, la semaine prochaine. A très bientôt. Et merci. Bien à toi. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Domidom · le vendredi 15 août 2014 à 15:04
De plus, lorsque l'on regarde ton illustration, c'est une merveille, à l'égal d'ailleurs de ta poésie....
Pourtant....Un énorme hiatus... (qui-implorent)...
Désolée de t'en faire la remarque, je ne supporte pas le (hiatus)....
J'ai adoré l'ensemble, c'est tout simplement magnifique....
Bisous, Domie...
http://www.mespoemes.net/worrell02
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 15 août 2014 à 16:17
Merci d'avoir aimé ces vers. Tiens ? Tu n'es pas la seule a avoir perçu une notion gourmande dans mon poème. Ce n'était pourtant pas le thème. Sans doute est-ce parce que évoquer une lune de fraise appelle à se lécher les babines. De surcroît; je ne te cacherai pas que la fraise est un de mes fruits préférés. Et j'ai fait - je le reconnais - en sorte que mon illustration donne cette impression sucrée qui donne envie de croquer la lune. En fait, j'en suis tout fière, c'est une banale photo de pleine lune, cendrée, que j'ai retouché avec un logiciel, en rendant le ciel pourpre profond et en rosissant la lune elle même. Mmmm, on en mangerait. A très bientôt ma Domie. Gros bisous. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
Ivy · le vendredi 15 août 2014 à 18:11
Biz
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Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le lundi 18 août 2014 à 07:42
C'est une autre gourmandise exquises. Tiens, il faudrait que j'écrive un poème sur le thème "The pumpkin cake-moon" ! Lol ! Kissous. Phil.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier
cerise · le samedi 30 août 2014 à 23:50
Bref...bonnes vacances !...sourire
Béatrice
debbie · le jeudi 25 octobre 2018 à 13:49
Belle journée
Amitié
Debbie
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