Les crépuscules fatigués

A l’aube des crépuscules fatigués
Toute une vie défile dans les miroirs ensommeillés…….
Ces soleils roux qui tombent encor
Dans des océans de feu
Et dans des cascades d’or,
Rimaillent leurs adieux
Quand meurt le souffle lent
Des innocences fragiles,
Glanées dans la chanson du vent,
Comme des fagots, attardés et dociles
Je les ai reconnus !
Mais que m’importent alors
Toutes ces proies ribotes,
Quand de sourcilleux trésors
Affolent rois et despotes,
Pour un sequin fardé
De puissance et d’envie,
Aux contours déjà fanés.
Je les ai reconnues !
Qui sont ces fiévreux paysages
Que brassent des torrents de lune
Aux vêtures pales, si chastes et si sages,
Quand vient le vent d’hiver, affalé sur la dune.
Je les ai reconnus !
Oui, je les ai reconnues,
Ces insensées sarabandes
Qui voltigent au loin comme des inconnues
Mugissant sur les landes,
Tandis qu’au loin les aigles
Accompagnent, prudent
Le chant ténu des faibles
Au regard trop ardent.
C’est simplement ma mémoire,
Qui saigne un peu dans le noir……
Toute une vie défile dans les miroirs ensommeillés…….
Ces soleils roux qui tombent encor
Dans des océans de feu
Et dans des cascades d’or,
Rimaillent leurs adieux
Quand meurt le souffle lent
Des innocences fragiles,
Glanées dans la chanson du vent,
Comme des fagots, attardés et dociles
Je les ai reconnus !
Mais que m’importent alors
Toutes ces proies ribotes,
Quand de sourcilleux trésors
Affolent rois et despotes,
Pour un sequin fardé
De puissance et d’envie,
Aux contours déjà fanés.
Je les ai reconnues !
Qui sont ces fiévreux paysages
Que brassent des torrents de lune
Aux vêtures pales, si chastes et si sages,
Quand vient le vent d’hiver, affalé sur la dune.
Je les ai reconnus !
Oui, je les ai reconnues,
Ces insensées sarabandes
Qui voltigent au loin comme des inconnues
Mugissant sur les landes,
Tandis qu’au loin les aigles
Accompagnent, prudent
Le chant ténu des faibles
Au regard trop ardent.
C’est simplement ma mémoire,
Qui saigne un peu dans le noir……
21 commentaires
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 11 décembre 2014 à 08:01
Et ces associations de mots comme je les aime, flirtant parfois avec l'oxymore (L'aube des crépuscules !!!). Tantôt une personnification de mots qui, en anglais, appartiendraient au genre neutre : les crépuscules sont...."fatigués", les paysages sont...."fiévreux", les vêtures sont..."chastes", les fagots sont...."dociles". Le poème - Salvador Dali et Lautréamont se sont imposés à moi pendant l'écriture - ne souffrait pas un traitement plus "classique". Juste la rime, avec une métrique volontairement déstructurée. Un inventaire "à la Prévert", c'est ce qu'est aussi l'énumération émotionnelle et descriptive de ce poème. Il sera bien temps que je le décrypte ultérieurement, dans une psychanalytique introspection ! Et d'ailleurs, quand, entre les strophes, j'écris "je les ai reconnus"....en fait, je n'ai rien reconnu du tout, ce n'est qu'un effet narratifs, car le narrateur qui ici parle à la première personne, n'est certainement pas mon "moi" conscient ! Mais nous n'allons pas ici décortiquer les topiques freudiennes pour chercher une explication, l'heure est à la poésie. Bah, ça doit être mon pélerinage récent à Vienne, dans le cabinet de Freud érigé aujourd'hui en musée qui me ramène un peu à de psychanalytiques délires. Je préfère les psychedeliques délires en ce moment !
Voilà mes amis. Je vous souhaite une agréable lecture et une bonne journée. Amitiés à tous et à toutes. Philip.
Salus · le jeudi 11 décembre 2014 à 08:01
Au gré du vent d'hiver, volée,
Toute emportée et désolée,
Tu virevoltes dans le soir...
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 11 décembre 2014 à 08:19
Merci pour ces quelques vers, en guise de commentaire, mon cher Salus. Une petite explication : mes deux vers conclusifs ("c'est simplement ma mémoire qui saigne un peu dans l'noir") sont encore un petite hommage à mon ami Patrick que j'ai perdu (mon complice depuis l'adolescence, musicien et chanteur de mon groupe), parti trop vite. Il m'avait demandé d'écrire les paroles d'une chanson dont il avait écrit la musique, évoquant avec la pudeur nécessaire, les moments difficiles qu'il vivait un temps. Et, en fin de chaque couplet, j'avais écrit cette phrase. Il avait trouvé cela approprié à son état d'esprit et pudique aussi.
Voilà. Bonne journée Salus. Amitiés. Philip.
domidom · le jeudi 11 décembre 2014 à 13:15
Je sais que tu n'aime pas que je te parle ainsi, mais ce poème aurait tant mérité que tu développes tout ton savoir faire....
Je vais t'envoyer un mail, ce soir sans doute, j'aimerais que tu répondes...
D'avance merci...
Bisous, Domie...
bluegirl · le jeudi 11 décembre 2014 à 14:00
...Dieu sait que dans notre pays, nous sommes globalement bien lotis en terme de réconfort !
Alors si je repasse pas forcément te commenter en cette fin d'année, et bien je te souhaite déjà de bien profiter de cette période propice aux rapprochements avec les tiens.
J'aime bien le ton émerveillé et éphémère de ton poème, "je les ai reconnu(e)s"...il me semble percevoir que tu fais plus la part des choses entre ce qui a du sens ou pas, pour toi.
Bises, Lola.
Guy · le jeudi 11 décembre 2014 à 19:38
Amitiés
euphonie0 · le jeudi 11 décembre 2014 à 21:31
J'aime énormément ce passage de ton poème.
Il a une grande force dans ses mots et ses émotions
En le lisant j'ai été emporté par sa puissance
Bonne soirée Philip
Marie
Philip de Berg (JARDIN DE LUNES) · le vendredi 12 décembre 2014 à 11:51
Chère Marie,
Ben, faut pas t'émotionner comme ça, à la lecture des mes vers !
Le mot 'ardent" que tu cites, n'est pas dans mon poème. Ne me dis pas que mon poème est......"ardent" quand même ! Rien de tout cela. Pourtant, si force il y a, c'est dans l'aspect émotionnel qui transparait peut-être. Oui, comme le souligne ci-dessus Bluegirl, il y a de l'émerveillement dans mes mots qui sont ici, comme les yeux d'un enfant. Ce que j'ai reconnu ? Je ne le sais encore, mais....c'est beau !!!! Amitiés, chère Marie et merci d'avoir aimé. Amitiés. Philip.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNES) · le vendredi 12 décembre 2014 à 11:54
Eh bien cher Guy, c'est que je me suis......envolé en écrivant ce poème ? Vers des contrées lointaines comme à mon habitude ? Eh bien non. Juste dans un petit coin de mon âme, pas très loin.
En attendant, j'ai vu que toi aussi tu es du voyage pour cette contrée incroyable d'Azadeh ! (sourires). Amitiés, Guy. Philip.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 12 décembre 2014 à 13:27
Oui, conscient et inconscient semblent s'être mélangés très.....inconsciemment, ma foi.
Depuis mon retour, j'avoue de pas avoir trop fait d'effort pour "classiciser" mes poèmes. Et puis, tu sais bien qu'il faut de la diversité dans l'écriture. J'ai des projets de poèmes, quelques mots jetés par-ci, par-là qui appelleront très certainement une écriture plus classique. Mais celui-ci vois-tu, avec du recul, dans l'émotion lâchée dans l'urgence, il ne nécessitait pas d'exigence plus classique à mon avis. Gros bisous et à bientôt. Philip
Pour LOLA :
Ton commentaire reflète réalisme et sagesse, ma foi. Plus globalement, j'ajouterai que tant d'autres personnes, sous toutes les latitudes sont mille fois plus malheureuses que nous, que nous plaindre deviendrait vite indécent. Mais ce poème n'a rien d'un poème-plainte !
La dernière partie de ton commentaire est plus intéressante :
Oui, le ton est "émerveillé" (l'âme d'enfant n'était pas bien loin !). Ephémère ? Oui, je n'y avais pas pensé en ces termes. Toute émotion est éphémère de toute façon. Elle peut réapparaître simplement et selon les cas, comme une amie ou une ennemie !
Oui, je commence peut être à acquérir un peu de sagesse (ou de recul), en faisant la part des choses quant à l'Essentiel.
"Je LES ai reconnu(e)s". Qu'ai je reconnu ? Trois jours après l'écriture impromptue de mon poème, je ne sais toujours pas ce que j'ai reconnu.....où plutôt; cela parait être d'une telle......comment dirais-je....."globalité conceptuelle" (Oh !!!!!!! :) ) que je ne peux l'expliquer avec des mots. Et pis, je vais quand même pas m'allonger sur le divan d'un psychanalyste et lui payer 100 euros d'honoraires, pour savoir ce que j'ai reconnu !!! Lol !
Profite de l'apaisement de cette fin d'année et ferme les yeux sur cette course folle à la consommation qui nous assaille en ces veilles de fêtes. Bises. Philip.
bluegirl · le vendredi 12 décembre 2014 à 14:25
Quand à (presque) comparer le prix d'une consultation psy, à la misère dans le monde...certes il y a un décalage, mais ce n'est pas se vautrer dans la luxure que de se poser sur un divan de psy !
J'ai "reconceptualisé" Azadeh, pour éviter de tomber dans le brouillon...
A suivre !
Bon week end, Lola.
Micheline 1940 · le vendredi 12 décembre 2014 à 17:14
Accompagnent, prudent
Le chant ténu des faibles
Au regard trop ardent."
Voilà un bien bel exercice de style, et j'adore cette prudence des aigles en opposition aux faibles, dont le regard darde, transperce, crucifie notre douleur à les bien regarder ... comme notre impuissance à supporter le jour d'après tant notre sensibilité est grande !
Je vous envie de tels réveils, cher Philippe, et soyez récompensé de nous avoir offert ce cadeau. J'y adhère complètement, comme à vos fiévreux paysages, tremblant sous des torrents de Lune... J'en ai frissonné, de cette beauté suggérée qui m'a, en un instant, projetée dans un fantastique paysage !
Bien bonne soirée à vous, et tous mes compliments amicaux.
J'oubliais de vous dire que je vous ai répondu en fin de mes deux ou trois derniers textes, un peu tard surement, et de cela, je vous prie de me pardonner.
Micheline.
Micheline 1940 · le vendredi 12 décembre 2014 à 17:34
… notre impuissance à supporter " quelquefois " le jour d'après ...
…" sûrement " bien entendu !
J'ai craint, un court instant, que tout ne s'efface ! Et la relecture une fois le texte posté me fut chagrine !!!
Ivy · le vendredi 12 décembre 2014 à 18:47
Amitiés
Dedeye · le mardi 16 décembre 2014 à 11:05
Mes amitiés et un joyeux Noël
André Dauphin
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 17 décembre 2014 à 07:08
Merci pour la gentillesse de ton commentaire. Tu sais, il n'est pas nécessaire de préciser - comme en forme d'excuse - "pour une fois je te commente", je sais très bien que commenter et même lire tous les poèmes des ami(e)s, cela prend du temps que nous n'avons pas toujours le temps de la faire. Moi-même il m'arriver de "sauter" malencontreusement un de tes poèmes. Mais, grrrrrr ! Arrête de dire, mon ami, que je suis le numéro un. Je dirais aujourd'hui, que malgré nos différences aux uns et aux autres, la petite communauté que nous formons autour de Mespoemes.net est la numéro 1 de gens qui ont encore une passion, la poésie, dans ce monde si gris. D'autre part, à chaque fois que je me rends aux Etats-Unis où ils passent beaucoup de retransmission de tournois de billard, j'ai une petite pensée pour toi. Car il y a quand même des tournoi de billard à 3 boules, pas uniquement du bilard.....américain (qui lui aussi demande des prouesses). A toi aussi, André, excellentes fêtes de fin d'année. Et...prends soin de ta petite santé. Amitiés. Philip.
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 17 décembre 2014 à 07:20
Je réponds tardivement à ton/votre si charmant et gentil commentaire. Parti de nouveau, mais beaucoup moins longtemps, sur les routes à l'étranger, j'ai de nouveau pris du retard dans mes commentaires et remerciements. Tu/vous as frissonné à l'évocation de ce que tu/vous appelle "la beauté suggérée" dans mes vers ? En corrélation avec ce que je t'ai écrit ç propos des artistes que Quattrocento de la Renaissance Italienne, ce ne sont pas MES propres vers qui ont apporté du frisson.....mais l'évocation du Beau. D'ailleurs, comme je le dis souvent, les mots et ce qu'on peut leur faire évoquer, ce sont des couleurs et des notes de musique aussi. Merci d'avoir apprécié et......frissonné !!! (en tout bien tout honneur !!!). Bien amicalement. Philip
Pour IVY :
La mémoire ! C'est parfois comme une sorte de prisme déformant. Elle fait surgir des moments que l'on a envie de revivre. Et on les enjolive parfois. Elle fait aussi surgir des moments que l'on voudrait oublier, et on les noirci. Et puis, viens - hélas ou heureusement ? - le moment où l'on commence à perdre la mémoire. Alors, il faut vivre l'instant : ici et maintenant. Kissous et à très bientôt, bercés par l'âme vibrante du gospel.
Connais-tu ce gospel qui s'appelle "Precious memories".
Voici le 1st verse :
"PRECIOUS MEMORIES, HOW THEY LINGER
HOW THEY EVER FLOOD MY SOUL
IN THE STILLNESS, OF THE MIDNIGHT
PRECIOUS, SACRED SCENES UNFOLD" Philip.
Cerise · le dimanche 21 décembre 2014 à 11:19
J'ai déserté le site ces temps-ci ; trop peu de temps hélas à y consacrer en ce moment...pfff.
Mais je tenais tout de même à venir vous saluer avant les fête...sourire.
Je te souhaite donc un joyeux Noël.
Que sa magie rayonne au coeur des personnes qui te sont chers...sourire
amicalement,
et à bientôt j'espère,
Béatrice
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 21 décembre 2014 à 12:29
Coucou Béatrice. Merci pour tes souhaits de Noël. Je t'adresse les mêmes, bien sincèrement.
Je me doutais bien que ton absence (provisoire je l'espère) du site était due à cette vie débordante que nous menons les uns les autres. Moi même, ne peux être tous les jours sur le site. Alors, outre ce souhait de Joyeux Noël, je rajoute celui que tu n'abandonne pas cet endroit magique que sait être mespoemes.net. Amitiés chaleureuses, Béatrice. Philip.
violette · le dimanche 8 mars 2015 à 10:30
Oui c’est ça la mémoire
Le souvenir qui saigne
Jusqu’au creux de la tempe
Et ne tarit jamais
Et tache l’oreiller
Et prévient le sommeil
C’est cette source rouge
Qui renaît au réveil
Et tout ce que tu fais
Et tout ce que tu dis
Est empreint de ce sang
Le sang rouge coupable.
(La mémoire.)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 8 mars 2015 à 11:41
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