STRANDED - Part 4 (Dans le caniveau) - inédit

LE DRAME
.......C’est dans ce contexte que survint l’événement qui allait changer à jamais la vie d’Elvin Prisley, icône de toute une génération, guitar hero pourtant adulé. Oh, on connaissait bien l’anecdote sordide, dans les bios qui lui étaient consacrées ; mais voilà, justement, elle n’avait rang que d’anecdote.
C’était un après-midi d’octobre. Joan et lui avaient décidé de vendre un de ses revolvers, par l’entremise d’un de leurs nouveaux amis, un dénommé Alvarez, qui habitait sur les hauteurs de la ville, près du Monte Valeriano. Mais lorsqu’ils arrivèrent chez lui, une gentille petite propriété cachée dernière une grande porte d’entrée et un muret blanc, Alvarez n’était pas là. Cet ancien comptable à la retraite, filait souvent un coup de main aux commerçants d’Hidalgo d’El Parral qui suaient sang et eau pour présenter chaque fin de mois des comptes à peu près en règle à la Direccion de los Impuestos. Il avait la cote auprès des restaurateurs particulièrement. Il y en avait quatre dans la ville, dont un qui tous les vendredis soir faisaient orchestre avec mariachis et tout le toutim.
Mais ce jour-là, donc, Alvarez tardait à rentrer. Alors, le bar de leur hôte étant open, Elvin et Joan passèrent l’après-midi à boire.
Joan a asticoté Elvin toute la journée, le mettant au défi de prouver son adresse au tir.
- « J’ai commencé à m’enfiler tequila sur tequila » dira Elvin pendant le procès. « J’étais vraiment très saoul ! Et tout d’un coup j’ai dit à Joan : « c’est l’heure de notre numéro de Guillaume Tell. Mets-toi un verre sur la tête ».
Bien qu’ils n’aient jamais joué à ce jeu, Joan s’exécute avec l’abandon insouciant du buveur invétéré. C’est que, la tequila, elle y a pris goût ; elle qui avait pourtant un faible pour le Southern Comfort – « Pour faire comme Janis, disait-elle ! ».
Elle pose un verre en équilibre sur sa tête. Elvin tire, et la balle explose le crâne de Joan, dans une projection de sang et de cervelle mêlée. Un vrai carnage.
Le constat de décès à l’hôpital voisin de Santa Maria del Pilar n’est plus qu’une formalité.
Sur ces instants, on a tout dit, on a tout écrit. Joan était-elle suicidaire ou était-ce la bravade nihiliste d’une alcoolique.
Elvin se souvient ; comment pourrait-il oublier jamais ? Depuis, la presse mal intentionnée s’est toujours posé des questions. Prisley a-t-il été un criminel, dissimulant son crime sous couvert du jeu ? Il n’y a sans doute rien eu de prémédité dans cet événement qui ne fut probablement qu’un accident dû à l’alcool.
- « Moi, un criminel ? » se répétait chaque soir Elvin, « c’est plutôt moi qui me suis assassiné, jusqu’au dernier de mes jours en enfer ».
.......C’est dans ce contexte que survint l’événement qui allait changer à jamais la vie d’Elvin Prisley, icône de toute une génération, guitar hero pourtant adulé. Oh, on connaissait bien l’anecdote sordide, dans les bios qui lui étaient consacrées ; mais voilà, justement, elle n’avait rang que d’anecdote.
C’était un après-midi d’octobre. Joan et lui avaient décidé de vendre un de ses revolvers, par l’entremise d’un de leurs nouveaux amis, un dénommé Alvarez, qui habitait sur les hauteurs de la ville, près du Monte Valeriano. Mais lorsqu’ils arrivèrent chez lui, une gentille petite propriété cachée dernière une grande porte d’entrée et un muret blanc, Alvarez n’était pas là. Cet ancien comptable à la retraite, filait souvent un coup de main aux commerçants d’Hidalgo d’El Parral qui suaient sang et eau pour présenter chaque fin de mois des comptes à peu près en règle à la Direccion de los Impuestos. Il avait la cote auprès des restaurateurs particulièrement. Il y en avait quatre dans la ville, dont un qui tous les vendredis soir faisaient orchestre avec mariachis et tout le toutim.
Mais ce jour-là, donc, Alvarez tardait à rentrer. Alors, le bar de leur hôte étant open, Elvin et Joan passèrent l’après-midi à boire.
Joan a asticoté Elvin toute la journée, le mettant au défi de prouver son adresse au tir.
- « J’ai commencé à m’enfiler tequila sur tequila » dira Elvin pendant le procès. « J’étais vraiment très saoul ! Et tout d’un coup j’ai dit à Joan : « c’est l’heure de notre numéro de Guillaume Tell. Mets-toi un verre sur la tête ».
Bien qu’ils n’aient jamais joué à ce jeu, Joan s’exécute avec l’abandon insouciant du buveur invétéré. C’est que, la tequila, elle y a pris goût ; elle qui avait pourtant un faible pour le Southern Comfort – « Pour faire comme Janis, disait-elle ! ».
Elle pose un verre en équilibre sur sa tête. Elvin tire, et la balle explose le crâne de Joan, dans une projection de sang et de cervelle mêlée. Un vrai carnage.
Le constat de décès à l’hôpital voisin de Santa Maria del Pilar n’est plus qu’une formalité.
Sur ces instants, on a tout dit, on a tout écrit. Joan était-elle suicidaire ou était-ce la bravade nihiliste d’une alcoolique.
Elvin se souvient ; comment pourrait-il oublier jamais ? Depuis, la presse mal intentionnée s’est toujours posé des questions. Prisley a-t-il été un criminel, dissimulant son crime sous couvert du jeu ? Il n’y a sans doute rien eu de prémédité dans cet événement qui ne fut probablement qu’un accident dû à l’alcool.
- « Moi, un criminel ? » se répétait chaque soir Elvin, « c’est plutôt moi qui me suis assassiné, jusqu’au dernier de mes jours en enfer ».
5 commentaires
Pierre · le mardi 3 mars 2015 à 18:02
Bang ! Je vise le verre et je t'explose
la tête ! Blood and Brain = (B)Rain
and Tears ! Je T' Aime - Ô - Globine ! But it' s too late !
Christopher Lee / Bloody Peter
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le mardi 3 mars 2015 à 18:45
Eh oui, man ! Et dire que pour te faire plaisir, amigo (tu dois être le seul lecteur de ces horreurs trash) je vais perdre à tout jamais, sur le site, ma réputation de doux romantique.
Eh, les autres.....c'est pour de rire, hein ?
It's only rock 'n roll, but I like it;
Friendly and bloody yours. Alice Cooper.
Cerise · le mercredi 4 mars 2015 à 17:34
Hihi ... moralité : boire ou tirer, il faut choisir !
Tu ne nuis pas à ta réputation, tu nous montres simplement l'étendue de ton univers artistique.
Ce serait vraiment dommage de se contraindre à une facette.
Douce soirée encore.
Amicalement
Béatrice
Ivy · le mercredi 4 mars 2015 à 23:47
Variety is the spice of life !
Bizz
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 5 mars 2015 à 08:08
Mmmmm, Béatrice, "univers artistique", l'expression n'est quand même pas trop appropriée pour ce type d'écriture.
Pour tout vous dire, j'adore écrire et je suis fasciné par l'expressivité que peut donner tous les genres d'écritures.
De tout temps, l'écriture quand elle décrit l'époque, sait être le trait forcé du pinceau qui accentue une démesure à la fois idéologique (oui, oui) et structurelle des différents moeurs des différentes couches de la société. Je ne me lasserai jamais - en dehors de la poésie - de relire Stendhal, Balzac, Chateaubriand pour m'immerger pleinement dans ces milieux. Ici, avec Stranded, outre la culture rock qui m'a toujours fasciné (sans en avoir, heureusement pratiqué le moindre excès), je me suis plongé dans ces univers excessifs qu'ont décrit des Burroughs, Britt Easton Ellis ou Selby (le fameux Last exit to Brooklyn). Ils expliquent aussi tout ce qu'est la "rock culture", faite parfois de jusqu'au-boutisme, parfois d'une recherche d'affirmation, pour exorcicer le "no future" !
Amitiés à toutes les deux. Philip.
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