LE FAUBOURG DE LA FOSSE AUX OURS (re-post)
Traînant sur le faubourg un carnet à la main
Et dans son cœur si las, le poids des lendemains
Il contemple sans joie l’agitation du jour,
Sous le soleil frileux de ses défunts amours
Tandis que vient chancir le chant morne et lointain
Des plus vieux souvenirs qui hantent sa raison,
Comme un fardeau porté, maquillé de dédain
Le poète perdu fracasse ses frissons.
Les fiacres alourdis aux soupirs abradants,
Trimballent leurs humeurs aux pleurs accommodants,
Tandis qu’il chemine sur le pavé moisi
Recherchant une rime ou un refrain choisi
Ainsi passe le temps, comme un soupir fané,
Et le poète attend que le matin se meure
Des clameurs fatiguées, et des refrains fardés,
Et que gisent les jours, tandis que l’aube pleure.
…………………………………………………………………
Et Baudelaire, rentré chez lui de sa triste promenade dans le faubourg de la Fosse aux Ours, écrivit ces vers :
"Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon cœur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé."
Et dans son cœur si las, le poids des lendemains
Il contemple sans joie l’agitation du jour,
Sous le soleil frileux de ses défunts amours
Tandis que vient chancir le chant morne et lointain
Des plus vieux souvenirs qui hantent sa raison,
Comme un fardeau porté, maquillé de dédain
Le poète perdu fracasse ses frissons.
Les fiacres alourdis aux soupirs abradants,
Trimballent leurs humeurs aux pleurs accommodants,
Tandis qu’il chemine sur le pavé moisi
Recherchant une rime ou un refrain choisi
Ainsi passe le temps, comme un soupir fané,
Et le poète attend que le matin se meure
Des clameurs fatiguées, et des refrains fardés,
Et que gisent les jours, tandis que l’aube pleure.
…………………………………………………………………
Et Baudelaire, rentré chez lui de sa triste promenade dans le faubourg de la Fosse aux Ours, écrivit ces vers :
"Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon cœur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé."

23 commentaires
PHILIP (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 20 août 2015 à 11:57
J'écrivais ceci, à propos de ce poème :
Le Faubourg de la Fosse aux Ours n'a jamais existé, ni à Paris, ni sans doute ailleurs. Je l'ai inventé. Ca vous a un relent des quartiers de Paris racontés par le Victor Hugo des Misérables ou le Eugène Sue des Mystères de Paris. C’est amusant de mettre en scène Baudelaire, dans ses tristes pérégrinations parisiennes. Car le poète de mon Faubourg, c'est bien de Baudelaire dont il s'agit, promeneur matinal. La nuit n'a pas réussi à laver son spleen. Il s'enfonce dans la nuit perpétuelle d'un état mélancoliforme. Le voici, sous un ciel gris d'automne), il est tôt, il a son carnet à la main. Aura-t-il l'inspiration pour un nouveau poème ?
Je vous souhaite une douce lecture, peut-être un peu mélancolique. Philip.
José · le jeudi 20 août 2015 à 13:21
Amitiés.
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 20 août 2015 à 13:37
euphonie0 · le jeudi 20 août 2015 à 13:59
Au début de laecture je t'ai imaginé logeant la berge de la Seine un carnet dans la main et la plume dans l'autre, écrivant ses émotions au fil de sa marche lente et de recherche.
Philip j'ai éliminé les faubourg pour la berge de la Seine.
J'ai adoré ce poème émouvant
Bise
Om
Marie
vio · le jeudi 20 août 2015 à 14:52
je ne sais que dire d'autre
bisou
Rose · le jeudi 20 août 2015 à 15:08
Petite soeur :)
domi · le jeudi 20 août 2015 à 16:09
gros bisous !
Vénusia · le jeudi 20 août 2015 à 20:11
amicalement
ps suis pas douée pour les commentaires pardon)
Ivy · le jeudi 20 août 2015 à 21:16
Douce ou mélancolique; l'aire de rien ,c'est fossement bau !
Pauvre tentative de jeux de mots j'avoue ! Smile !
Bises
Claude · le jeudi 20 août 2015 à 22:06
Dans celui ci en effet l' atmosphère Baudelérienne " transpire " bien, on retrouve le ressenti de l' époque où vivait ce poète et j' irai même jusqu' à dire qu' il aurait pu écrire ce texte et qu' il serait certainement devenu un des incontournables de son oeuvre poètique.
Merci pour ce délicieux moments de lecture
Sincèrement à toi
Guy · le vendredi 21 août 2015 à 09:53
Amitiés
imparfait · le vendredi 21 août 2015 à 16:36
Je l'ai lu plusieurs fois et à chaque fois j'accroche sur le même vers et tu sais pourquoi? il ne fait que 11 pieds alors que tous les autres font 12!!!!!
Vers 12 Peut-être que si tu rajoutes un "re" à "cherchant" pour faire "recherchant", on est également à 12 et du coup, je n'accroche plus sur le vers!!!!!
Je fouine et je fouine et je fouine!!! rire
Merci pour ce moment de lecture triste est beau à la fois.
Bises amicales Philip
Philip (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 21 août 2015 à 19:24
(Merci à Imparfait, toi qui aime Baudelaire, je me dois de mettre un 12ème pid dans le vers concerné. C'est la moindre des choses. Lol ! A demain) Philip.
Ivy · le vendredi 21 août 2015 à 22:11
Bizz
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 23 août 2015 à 08:12
Je commence par Domi, sans favoritisme aucun :
Pour DOMI (Amimots) :
Ah, dire "ça chante" pour une musicienne, je prends ça pour un beau compliment. Oui, tu as deviné mon amour pour les grands poètes. Baudelaire a ma faveur, c'est vrai, depuis toujours. Mais il y a tant de "Grands poètes". Si j'ai commencé par toi, c'est parce que ce que tu as écris en fin de com' m'a interpelé : en effet, en privé - mais évoquant le piano - je t'ai dit le plaisir que j'avais à "improviser à la manière de...." (j'enregistrai et te ferai parvenir après mes vacances ces fameuses impro). Ce qui m'a plus c'est que tu évoques, tout comme pour la poésie, le plaisir avant tout, de jouer tout comme d'écrire. Mais.....tu m'as dit que cela démontre "beaucoup d'humilité" !
Il ne faut pas trop exagérer bien sûr. Mais ce que tu dis est important. A mes débuts sur le site, je me plaisait à souligner que parfois, j'écrivais tel poème "à la manière de....". Et de sincères ami(e)s du site me faisaient remarquer que cela pouvait paraître prétentieux. Je me suis dès lors abstenu de la dire.
En fait à bien y réfléchir, non seulement cette démarche ets le témoignage en effet de mon admiration pour les auteurs "imités" (mais pas égalés, lol !!!!).
Et puis je crois que quand je fais ça - pareil au piano - je me sens, l'espace d'un instant, PRES D'EUX. A l'instar, bien différemment, de cette phrase démoniaque "Satan m'habite !", je pourrais dire "Debussy m'habite ou Baudelaire m'habite". Mais sans prétention. Car : ce n'est que mon propre plaisir, je n'ambitionne ni de donner des concerts de piano sur de grandes scènes, ni de publier mes poèmes.
Alors tu vois, Domi, ton com' m'a interpellé. Les ami(e)s plus anciens du site qui liront cet échange me reconnaîtront. Ceux que je rencontre ou que j'ai rencontré me connaissent j'espère dans le personnage passionné de musique et de poésie, un peu foufou, un peu "à l'ouest". A bientôt Domi. Amitiés et bises. Philip.
PHILIP (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 23 août 2015 à 11:49
Pour IMPARFAIT :
Ah, chère Imparfait, ça devait être un de mes poèmes postés à une période où tu n'avais plus le temps d'aller sur le site. Merci de le decouvrir seulement maintenant et d'avoir apparemment aimé.
J'espère avoir restitué cette ambiance "triste et belle" de ce Paris de la fin du XIX° siècle, où nos chers grands poètes trainaient leur spleen et nous gratifiaient de merveilleux écrits.
Pour le reste (la forme), fouine, fouine, au contraire ! Et merci de passer de ton temps à fouiner ! (sourire). Je corrige tout ça, "pour la bonne forme"/ Je te souhaite un bon dimanche/Bises et amitiés, Imparfait. Philip.
imparfait · le dimanche 23 août 2015 à 11:56
Je te souhaite également un bon dimanche, je pars demain voir mon papa et fêter ses 85 ans alors je te lirai à mon retour.
Bises amicales et à bientôt Philip
PHILIP (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 23 août 2015 à 12:11
Merci d'avoir pris plaisir à cette relecture (car je reposte parfois les poèmes que j'aime bien, à la fois parce que je n'ai rien écrit de nouveau et à la fois pour les faire découvrir à nos nouveaux ami(e)s.
Pour MARIE :
Mes balades me conduisent souvent dans le vieux Paris (bien que le faubourg de la Fosse aux Ours soit inventé !!), arpentant également les bords de Seine, l'Ile St-Louis.... il y a encore de très rares endroits préservés où à certaines heures, l'on peut retrouver ou du du moins imaginer ce qu'était cette ambiance. La petite touche de romantisme parachève le tout. Merci d'avoir aimé, chère Marie et d'y avoir trouvé un peu d'émotion. Bises, Marie. Philip.
Pour MARINE :
Très beau, je ne sais pas. Pas trop mal écris, avec du feeling, certes. J'ai la chance de ne pas avoir trop de mal à me projeter dans une époque que je n'ai pas vécu, pour avoir tellement, tellement lu les auteurs de ce temps-là. Bises. Philip.
Pour VENUSIA :
Merci d'avoir aimé. Peu importe la longueur du commentaire (les miens savent être interminables !). Tu as aimé ? C'est l'essentiel. Ca fait plaisir d'avoir des lecteurs qui aiment ce que l'on écrit. Amitiés, Vénusia. Philip.
Pour ROSE :
Merci mon amie. Je sais que tu aimes les grands poètes et.....ma plus modeste poésie. Ca fait donc plaisir. A bientôt, tite soeur ! Bisous. Philip.
Pour GUY :
Tu as tout dit en deux mots, mon cher Guy : oui c'était "une évocation" d'un Paris, presque vu par mon imagination. Et avec une touche voulue de romantisme. Merci de ton appréciation. Amitiés. Philip.
Pour IVY :
Toi aussi, en deux mots tu as compléter ce que dit Guy : douceur et mélancolie. Et, oui, c'est aussi "fossement" beau ! (beau, je ne sais pas, joli, va-t-on dire !). Et ne t'inquiète pas, je ne perds pas pied ! A très bientôt. Kissous, Ivy. Philip
Pour CLAUDE :
Merci aussi à toi d'être passé, Claude. Oui, dans l'ambiance du poème, j'avais voulu me (et vous) transporter vers ce vieux Paris de la fin du XIXème siècle. Mais un Paris bien misérable ou suintait la misère. Ca c'est pour la touche de spleen ! Donc, je veux bien croire que l'atmosphère que tu appelles "baudelairienne" transpire un peu. Mais dans tous les cas, il ne faut pas dire que Baudelaire aurait pu écrire ce texte. Combien de de fois ai-je pris plaisir (et vanité ?) a me dire que je tentais d'imiter un tel ou un tel. Mais il y a un tel fossé entre l'écriture de ces Grands et la mienne, que la réalité est tout autre. Enfin, ça fait quand même plaisir d'avoir des petits compliments des ami(e)s du site. Merci, Claude ! Amitiés. Philip.
domidom · le dimanche 23 août 2015 à 21:56
(Enfin, il me semble)...
Bises....Domie...
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 24 août 2015 à 11:05
Claude · le mercredi 26 août 2015 à 00:27
Mais comment fais-tu (toi qui me paraît un homme très occupé ) pour répondre si longuement et avec passion à tout le monde ?
Chaque mot n' est jamais dit à la légère et il y a toujours quelque choses d' enrichissant dans tes coms ce qui rend encore plus agréable la lecture de tes textes car on sait qu' après il va y avoir un développement, une analyse toujours très intéressante.
Bon ! si jamais tu me répond sois bref !! ( lol )
C' est certainement parce que je ne suis pas quelqu'un de patient que j' ai du mal à me concentrer .Je ne pourrai jamais être aussi bon que toi. Que ce soit en poésie ou en com !
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 26 août 2015 à 10:23
Merci d'être passé et peut-être de t'être enrichi par les échanges qui s'en sont ensuivis en coms.
Comment fais-je pour répondre si longuement ? D'abord, tu l'as deviné, c'est la passion. Et encore, je n'ai pas le temps de commenter TOUS les poètes. Le temps, bah, je le prends, puisque je suis passionné (et il y a la musique, le piano, etc....).
En principe, oui, chaque mot n'est pas à la légère. Ce qui me conduit souvent à de longues disgressions "explicatoires" dont je suis conscient.
Voilà, je vais essayer d'être bref. Ne dis pas "je ne pourrai être aussi bon que toi". Ici il n'y a pas de classement élitiste. Que des ami(e)s qui aiment la poésie. Et quelqu'un qui répondra en com' un simple "c'est un joli poème" me suffit amplement. Toutes mes belles amitiés, Claude. Bien à toi. Philip.
Micheline 1940 · le jeudi 27 août 2015 à 05:10
Bien amicalement,
M.
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