LE TESTAMENT DE BILITIS (re-post)

I - AU CHEVET DE MON ÂME
Au chevet de mon âme passent les regrets
Comme un serment infâme dans un sourd bosquet,
Que ravivent au Levant l’ombre de lourds secrets.
J’ai noyé à jamais, contournant mon tourment,
Les rivages légers des aurores transies,
Qu’aux vains crépuscules, aux pieux glapissements
Répondent en pleurant, les ruines de l’Oubli.
Ils s’en vont aux matins blêmes, les chants obscurs
Là dans les sentiers nus, ivres des saccages
De tous les désamours que les cieux torturent
Comme le vent maudit ride les visages.
Au chevet de mon âme mon cœur si repentant
Se meurt et réclame pour éternel instant
Un peu de la flamme de vos yeux méritants.
Levez-vous, servantes et sans froisser le Ciel,
Dans le silence nu des charmantes vallées,
Regardez sans frémir le jour gourd et cruel
Qui, mourant, vous supplie, gémissant et troublé.
Au chevet de mon âme, je les ai vus passer
Ces cortèges, madame, aux formes affaissées,
Qui, sans bruit entament, une ronde angoissée.
II – LE CREPUSCULE DES NYMPHES
Les ruches d’armoise qui, défiant le soir
De rumeurs sournoises qu’emportent les Titans,
Aux frontières ternies hurlant leur désespoir,
Blessent nos insomnies de brouillards fulgurants,
Tandis que nos cœurs las, comme des jours sans fin,
Se figent de trépas à s’en crever d’orgueil,
Comme un fauve vaincu par un cruel venin
Qui, d’un cri éperdu, s’effondre sur le seuil
Océanides nues, aux pubescents frimas,
Cachez-vous dans l’enfer de vos songes fatals,
Vos homériques fards et vos tristes comas
Sont enfin démasqués comme un souffle brutal
Aux portes de la nuit, dans un dantesque cri
Qui, griffant la Raison, se brise en tournoyant,
Et m’arrache en hurlant d’un sommeil affadi
Que mes rêves d’airain protégeaient en saignant.
Vos cultes orphiques iront aux gris matins,
Décorer de leurs glas les emphatiques voeux
Que nul ne peut dédier aux rustiques festins
Comme on donne au mendiant l’obole d’un adieu.
Et que nos jours maudits bénissent, en sots menteurs,
Les ruines alourdies des légendes ternies
Que les nymphes ont tissées de leurs chants protecteurs.
Les Panthéons brisés sont morts aux Infinis.
Au chevet de mon âme passent les regrets
Comme un serment infâme dans un sourd bosquet,
Que ravivent au Levant l’ombre de lourds secrets.
J’ai noyé à jamais, contournant mon tourment,
Les rivages légers des aurores transies,
Qu’aux vains crépuscules, aux pieux glapissements
Répondent en pleurant, les ruines de l’Oubli.
Ils s’en vont aux matins blêmes, les chants obscurs
Là dans les sentiers nus, ivres des saccages
De tous les désamours que les cieux torturent
Comme le vent maudit ride les visages.
Au chevet de mon âme mon cœur si repentant
Se meurt et réclame pour éternel instant
Un peu de la flamme de vos yeux méritants.
Levez-vous, servantes et sans froisser le Ciel,
Dans le silence nu des charmantes vallées,
Regardez sans frémir le jour gourd et cruel
Qui, mourant, vous supplie, gémissant et troublé.
Au chevet de mon âme, je les ai vus passer
Ces cortèges, madame, aux formes affaissées,
Qui, sans bruit entament, une ronde angoissée.
II – LE CREPUSCULE DES NYMPHES
Les ruches d’armoise qui, défiant le soir
De rumeurs sournoises qu’emportent les Titans,
Aux frontières ternies hurlant leur désespoir,
Blessent nos insomnies de brouillards fulgurants,
Tandis que nos cœurs las, comme des jours sans fin,
Se figent de trépas à s’en crever d’orgueil,
Comme un fauve vaincu par un cruel venin
Qui, d’un cri éperdu, s’effondre sur le seuil
Océanides nues, aux pubescents frimas,
Cachez-vous dans l’enfer de vos songes fatals,
Vos homériques fards et vos tristes comas
Sont enfin démasqués comme un souffle brutal
Aux portes de la nuit, dans un dantesque cri
Qui, griffant la Raison, se brise en tournoyant,
Et m’arrache en hurlant d’un sommeil affadi
Que mes rêves d’airain protégeaient en saignant.
Vos cultes orphiques iront aux gris matins,
Décorer de leurs glas les emphatiques voeux
Que nul ne peut dédier aux rustiques festins
Comme on donne au mendiant l’obole d’un adieu.
Et que nos jours maudits bénissent, en sots menteurs,
Les ruines alourdies des légendes ternies
Que les nymphes ont tissées de leurs chants protecteurs.
Les Panthéons brisés sont morts aux Infinis.
6 commentaires
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 7 septembre 2015 à 11:44
domi · le lundi 7 septembre 2015 à 11:53
je ne sais pas dire la souffrance en vers, te lire est comme un écho...
merci Phil bisous.
domidom · le lundi 7 septembre 2015 à 22:20
Je l'ai relu avec beaucoup de plaisir...
A plus, Bises, Domie.....
jekarev · le mardi 8 septembre 2015 à 04:06
Belle idée que de re-poster, j'ai aimé ce moment de lecture qui m'a transporté ailleurs en me faisant traverser la nuit en compagnie de nymphes...
Amitiés
Jérôme
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mardi 8 septembre 2015 à 09:33
Coucou, Domi, bah, tu sais :
1/La souffrance n'est pas ce qu'il y a de mieux à exprimer en poésie !!! (lol), il y a mieux et plus joli. Mais, le spleen favorise l'émotion dans l'écriture.
2/ Ah, quand on veut exprimer la souffrance, où à tout le moins les bobos de l'âme, il n'y a pas de recette d'écriture. Moi, j'ai mon style tout simplement. C'est vrai, pour ce dyptique poétique, lorsque je l'ai écrit, je n'avais pas noté qu'il pouvait exprimer une forme de souffrance, en filigrane, car ce poème est une pure invention, et pas très cohérent d'ailleurs.
4/ Et puis pour exprimer aussi la souffrance, ou la tristesse, il y a, pour toi et moi.....le piano, hein ? Je ne te ferai pas l'affront de te citer les compositeurs qui ont écrit ce genre de choses mélancoliques pour le clavier. Et si tu te laisses aller à l'improvisation, quelques accords mineurs, et hop, le tour est joué, c'est déjà plus triste. Gros bisous, Domi. Et belle journée. Phil.
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mardi 8 septembre 2015 à 11:39
Coucou, DomiE,
Ah, tant mieux si les "anciens" ami(e)s ont du plaisir à relire mes poèmes d'avant. J'ai toujours scrupule à reposter. Ce n'est pas interdit, mais ça prend une ligne sur la page des poèmes du jour, alors que ce sont des choses déjà postée.
Tu as donc aimé relire ce poème ???
Ah, ah.....sais-tu que c'est ce poème qui avait déclenché entre nous une petite prise de bec inutile.....car, écrit en libre et te faisant l'aveu que je l'avais vite écrit....c'est là où tu m'avais fait remarqué "que c'était dommage que je bâcle mes poèmes et qu'en les travaillant, je pourrais faire mieux" !!! Comme quoi, tu vois !
Là, ces derniers jours, je poste des poèmes totalement en libre, avant de partir, pour gagner du temps. Gros bisous, Domie. A bientôt. Philip.
Pour JEROME :
Ah, toi, Jérôme, tu fais donc partie des "nouveaux" ! Tu semblerais avoir été plus charmé par les nymphes de la deuxième partie du poème, ah, ah !
Ce dyptique poétique misait sur les associations de mots, la musique qui s'en dégageait, car je dois avouer que si ce n'est sur le plan de l'inconscient, le sens du poème n'est pas forcément clair, pour moi le premier. C'était un simple voyage au pays des mots.
Mais il y a de monumentales erreurs, comme par exemple la musicalité horripilante d'un "...jour gourd...." !
En tout cas, merci d'avoir apprécié la balade ! Amitiés. Prends soin de toi. Philip.
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