le Paris des poètes : derrière les façades

Sous les ifs triomphants près des jardins tranquilles,
Le vent léger ramène la complainte endormie
Du jour naissant où se courtisent, immobiles,
Des refrains oubliés à l’audacieuse flatterie.
Sur le pavé froissé, loin des cloaques et des murs
Sombres des remparts, quand s’empourpre, rêveur,
Le cœur des Belles, larmoient souvent, sous les durs
Assauts des premiers vents d’hiver, leur sinistre ardeur.
Et les frissons de braise contemplant la discorde
Des hommes, désemparés par le crépuscule
Inexorable des flots de la miséricorde,
Ne savent plus réchauffer leur âme où la peur se bouscule.
Mais tout près des cimaises, au détour des décombres,
Vos yeux abasourdis contemplent les Sicambres
Aux pavanes vulgaires qui, loin des heures sombres,
Osent encore une danse dans leurs tristes antichambres ?
Et vous, ma délicate, abreuvée de vos nuits
A contempler le sort d’humeurs disparates,
Saurez-vous encore vous gavez de ces fruits
De l’opprobre où se moirent vos fois ingrates ?
Oubliez sur les divans vos ferveurs surannées !
Près de vous, à vos pieds, dans les jardins fragiles,
Ecoutez le vent qui supplie et hurle mes rimes aliénées
Comme le refrain farouche de mes espoirs dociles.
(Illustration : photos Philip, près du Parc Monceau, Paris XVIIème)
Le vent léger ramène la complainte endormie
Du jour naissant où se courtisent, immobiles,
Des refrains oubliés à l’audacieuse flatterie.
Sur le pavé froissé, loin des cloaques et des murs
Sombres des remparts, quand s’empourpre, rêveur,
Le cœur des Belles, larmoient souvent, sous les durs
Assauts des premiers vents d’hiver, leur sinistre ardeur.
Et les frissons de braise contemplant la discorde
Des hommes, désemparés par le crépuscule
Inexorable des flots de la miséricorde,
Ne savent plus réchauffer leur âme où la peur se bouscule.
Mais tout près des cimaises, au détour des décombres,
Vos yeux abasourdis contemplent les Sicambres
Aux pavanes vulgaires qui, loin des heures sombres,
Osent encore une danse dans leurs tristes antichambres ?
Et vous, ma délicate, abreuvée de vos nuits
A contempler le sort d’humeurs disparates,
Saurez-vous encore vous gavez de ces fruits
De l’opprobre où se moirent vos fois ingrates ?
Oubliez sur les divans vos ferveurs surannées !
Près de vous, à vos pieds, dans les jardins fragiles,
Ecoutez le vent qui supplie et hurle mes rimes aliénées
Comme le refrain farouche de mes espoirs dociles.
(Illustration : photos Philip, près du Parc Monceau, Paris XVIIème)
13 commentaires
Rose · le vendredi 20 novembre 2015 à 08:44
et merci pour ce magnifique texte malgré la tristesse...Tout mène au silence et l'oublie dans ce sombre monde d'ici bas....
Bonne journée cher ami bisous et a bientôt
Sylvie
euphonie0 · le vendredi 20 novembre 2015 à 08:58
Je viens te relire.
Ton poème à les mêmes émotions que, celui de ton anniversaire.
Il est à la fois triste gaie et plein d'espoirs.
euphonie0 · le vendredi 20 novembre 2015 à 09:06
euphonie0 · le vendredi 20 novembre 2015 à 09:08
Gros bisous Philip
Om
Marie
mespoèmes.net/euphonie0
Philip (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 20 novembre 2015 à 09:16
Coucou, Marie, j'avais crains que mon poème ne soit somme tout trop triste.
Mais depuis que je sais que l'émotion poétique ça te connait, me voici rassuré. Oui, ce n'est pas un poème fondamentalement triste (j'en connais une qui ne va pas aimer ce que je vais dire et remplacera ses miaous par des grrr ! Mais il faut quand même dire que j'ai écrit ce poème....très vite, vers 6 heures du matin + le temps de trouver des photos et de les retravailler, car il était indispensable que je sorte de ma torpeur pour recommencer à écrire, poster. Il n'y a rien de tel que de poster nos ressentis pour faire vivre le site en ces temps bien douloureux). Bisous. Philip.
Pour ROSE :
Merci d'avoir ressenti comme cela mon petit poème, Sylvie.
Le poème renoue avec une petite série que j'avais commencée il y a plus de deux ans "le Paris des poètes".
Je me projette derrière les façades des quartiers de Paris, dans des temps plus anciens, imaginés. J'avais en tête ces photos que j'ai prises dans le XVIIème arrondissement. Mais je pense que tu as compris que derrière ces mots un peu précieux, un peu désuets, un peu décalés, il y a l'actualité qui est hélas présente. Bisous à toi. Et bonne journée. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Rose · le vendredi 20 novembre 2015 à 10:05
BISOUS CHER AMI
euphonie0 · le vendredi 20 novembre 2015 à 10:33
Bisous bisous
Om
Marie
domi/amimots · le vendredi 20 novembre 2015 à 10:36
mais je te pardonne, lol, parce que c'est très beau, et que cette strophe m'a beaucoup émue :
"Et les frissons de braise contemplant la discorde
Des hommes, désemparés par le crépuscule
Inexorable des flots de la miséricorde,
Ne savent plus réchauffer leur âme où la peur se bouscule."
Merci Philip de faire vivre le site , gros gros bisous !
(je suis déconnectée sans arrêt depuis que l'ordi est en bas, c'est pénible...)
domidom · le vendredi 20 novembre 2015 à 11:17
Aujourd'hui, je ferme les yeux, j'écoute le vent, et je me laisse bercer, presque qu'une réplique à mon écrit...
Au bonheur de te lire....
Domie...
yanrevesud · le vendredi 20 novembre 2015 à 15:26
Mais comme des mains "dansent" sur la photo je vais installer un poème sur ce thème...
Soyez tous indulgents!
Philip (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 20 novembre 2015 à 16:57
Intimidant ? Etre indulgent pour ton prochain poème ? Tu veux rire, mon ami ! Je viens de découvrir ta "Lune descend sur le Temple qui fut !" Mazette, quel talent. Ce n'est pas Domi, qui est passée te voir, qui me contredira. Pour avoir la prétention de connaître un peu la musique, le poème cité est une réussite...et colle parfaitement à la partition ! Mais, oups, je m'aperçois que je suis en train de re-commenter TON poème.
Pour parler un peu du mien (lol !), je te dirai que c'est une sorte de léger collage impressionniste. Si tu as la curiosité de lire mon profil, tu verras que je voue une sorte de culte au Beau, donc à l'Art (pas seulement la musique et la poésie). Très mitigé ce matin après avoir relu mon poème, je pense que, par petites touches disparates, il délivrent des.....Images (ah, ah, clin d'oeil à Debussy !) avec quelques nuances poétiques. Je ne vais pas bouder mon propre poème quand même. Bienvenu sur mespoemes.net et infiniment merci d'être passé chez moi. A bientôt. Amicalement. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Pour tous les autres ami(e)s : je vous commenterai plus tard, je voulais commencer par Yan, nouveau venu !
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 22 novembre 2015 à 11:34
Oui, le vent est source d'inspiration.
C'est très sympa quand, sans se concerter, des poètes sont inspirés par quelque chose de commun, surtout que ça donne quelque chose de différent. Je te fais de gros bisous. Philip.
Pour DOMI (Amimots) :
Ben oui, je savais que tu allait faire un grrr ! (soft, le grrrr ! bien sûr).
Oui, j'aime bien la strophe que tu cites. Me remercier de faire vivre le site ? Mais nous sommes plusieurs à le faire vivre, dont toi ! Alors, à nos plumes. Bisous. Philip
Pour MARIE (Euphonie) :
Oh oui, les photos c'est pour faire joli (certains poète en mettent de très belles). Nos mots illustrent ce que voit le coeur, et c'est l'essentiel. Bisous, chère Marie. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Ivy · le vendredi 27 novembre 2015 à 14:15
Un peu de fraicheur et douceur par ces temps sombres et moroses !
Bises
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