LA CLEMENCE DE TITUS (Rien qu’un peu d’amour)

(D’après la pièce – fortement revisitée – de William Shakespeare : Titus Andronicus (ou La Très Lamentable Tragédie romaine de Titus Andronicus)
A la cadence de trois…….
Sous des cieux incléments, quand, dans Rome en folie,
De magnanimes chants célébraient l’Insolent,
Que restait-il encor d’une pâle embolie,
Surgie d’un noir tombeau et d’un effarement ?
Comme une flétrissure où saigne la blessure,
Titus, trois fois puissant, abrège sa douleur,
Et consume sa gloire au creux de l’imposture.
Sa destinée faillit, il n’est plus de vainqueur.
"…Nor wrong mine age with this indignity " *
(n’outragez pas – non plus - mon âge de cette indignité)
Et passe la cohorte aux mains grises de cendre.
A la cadence de cinq……
Parce qu’il faut pleurer la rançon d’une perte,
Quand le trône s’efface au tout premier linceul,
Les flocons d’espérance ont le goût d’une inerte
Ambition dérisoire à l’homme resté seul.
Cinq fils ou mille enfants, perdus en d’autres lieux,
N’exigent de vengeance à l’aune du Destin,
Sans orgueilleux présage et sans pleurs obséquieux.
Alors soit magnanime à l’aube des chagrins.
Car la clémence impose aux mères éplorées,
D’espérer le poignard, rangé dans notre Oubli,
Pour ne voir que le frère aux ultimes veillées,
Le serrer sur son cœur d’un geste inaccompli.
"Titus, would thou be shipp'd to hell,
Rather than rob me of the people's hearts !" *
(Titus, mieux vaudrait pour toi être embarqué pour l’enfer
que me ravir des cœurs du peuple)
Mais l’âge de raison naîtra peut-être un jour,
De légendes perdues qui proclamaient l’amour.
(* ces phrases sont extraites de la pièce originale de Shakespeare)
A la cadence de trois…….
Sous des cieux incléments, quand, dans Rome en folie,
De magnanimes chants célébraient l’Insolent,
Que restait-il encor d’une pâle embolie,
Surgie d’un noir tombeau et d’un effarement ?
Comme une flétrissure où saigne la blessure,
Titus, trois fois puissant, abrège sa douleur,
Et consume sa gloire au creux de l’imposture.
Sa destinée faillit, il n’est plus de vainqueur.
"…Nor wrong mine age with this indignity " *
(n’outragez pas – non plus - mon âge de cette indignité)
Et passe la cohorte aux mains grises de cendre.
A la cadence de cinq……
Parce qu’il faut pleurer la rançon d’une perte,
Quand le trône s’efface au tout premier linceul,
Les flocons d’espérance ont le goût d’une inerte
Ambition dérisoire à l’homme resté seul.
Cinq fils ou mille enfants, perdus en d’autres lieux,
N’exigent de vengeance à l’aune du Destin,
Sans orgueilleux présage et sans pleurs obséquieux.
Alors soit magnanime à l’aube des chagrins.
Car la clémence impose aux mères éplorées,
D’espérer le poignard, rangé dans notre Oubli,
Pour ne voir que le frère aux ultimes veillées,
Le serrer sur son cœur d’un geste inaccompli.
"Titus, would thou be shipp'd to hell,
Rather than rob me of the people's hearts !" *
(Titus, mieux vaudrait pour toi être embarqué pour l’enfer
que me ravir des cœurs du peuple)
Mais l’âge de raison naîtra peut-être un jour,
De légendes perdues qui proclamaient l’amour.
(* ces phrases sont extraites de la pièce originale de Shakespeare)
15 commentaires
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 7 août 2016 à 06:31
Ce poème, un peu austère, est donc une interprétation personnelle et détournée d'une des premières pièces peu connues de Shakespeare "Titus Andronicus". Le thème de la pièce originale est effroyable, sanglant, sur fond de vengeance inassouvie. Mais mon "détournement" n'est ni plus ni moins, en fait, que ma réponse, pudique, aux sentiments sans doute légitimes vécus par plein de personne à la suite des carnages récents qui ont marqué les esprits. Et, au passage, une pensée pour toutes les mères (et pas elles seulement) qui restent avec leur douleur.
En raison de mon thème "détourné" j'ai emprunté le titre de mon poème à l'opéra de Mozart, où il est question de clémence.
Et, désolé, par mimétisme, j'ai écrit tout cela dans un style un peu théâtral et antique.....comme on écrit plus ainsi aujourd'hui ! Sorry. Amitiés à tous et à toutes. Philip.
Naeja · le dimanche 7 août 2016 à 09:54
après re-lecture, je trouve ce "détournement" fort intéressant et instructif sur les valeurs humaines.
cema m'a fait penser à une réflexion du poète Lao Tseu qui je cite " suis-je Lao Tseu rêvant qu'il est papillon ou un papillon rêvant qu'il est Lao Tsen "
.... sans doute mon esprit n'est-il que trop subjectif !......
amitiés
Naeja
Naeja · le dimanche 7 août 2016 à 09:57
Philip (JARDIN DE LUNE) · le dimanche 7 août 2016 à 11:10
Ah, comme j'aime ce que l'on appelle "le rêve du papillon chinois" ! J'ai dû poster un poème ici, il y a bien longtemps sur ce thème. Tu sais, je crois que ce "rêve" se décline ainsi, de façon encore plus merveilleuse. Permets-moi de citer :
"Tchou rêve qu'il est papillon et toute la nuit butine de fleur en fleur. Mais au matin il se réveille, triste, dans sa condition d'Homme. Mais soudain un sourire illumine son visage : car Tchou n'est-il pas papillon rêvant qu'il est un Homme ?".
Amitiés et à très bientôt. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
nisti · le dimanche 7 août 2016 à 16:21
J' aime beaucoup. Mal grès le fait que ce soit, comme tu le dis "austère". En même temps, c' est difficile de faire un poème joyeux sur un sujet assez triste.
J' aime aussi les métaphore que tu utilises. Toujours dans ton style magnifique, tu nous propose de très beaux poèmes, même si le sujet est sanglant, triste, violent, etc...
De plus, l' organisation m' interpelle. C' est la première fois que je vois un poème séparé de cette manière. D' abord en trois, puis en cinq.
Amitiés, nisti
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 8 août 2016 à 11:40
L'organisation ? Elle est improvisée. C'est venu comme ça. :)
Bonne semaine qui commence, Nisti, avec peut-être un ou plusieurs de tes poèmes à la clé. Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Ivy · le mardi 9 août 2016 à 18:42
Je vois que tu étais en plein dans du Shakespeare même sans venir dans le Perche .La pièce, 'A Winter's Tale' était majestueux. Un peu long, comme souvent , mais admirablement jouée, avec la participation de très jeunes enfants et ados qui ont été bluffants.
Tout cela en plein air dans un cadre magnifique !
A bientôt
Bisous
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 10 août 2016 à 08:35
Eh oui, coïncidence. J'étais aussi dans Shakespeare. Mais un Shakespeare plus sombre.
"A winter's tale" fut le dernier livre de Shakespeare, en anglais, que je me suis acheté il y a 3/4 ans, à la librairie anglaise parisienne (près de Notre-Dame) qui s'appelle....Shakespeare and C° !
Le spectacle devait être entertaining and exciting. A bientôt. Kissous. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Ivy · le mercredi 10 août 2016 à 10:51
Le dimanche on a enchaîné avec un après-midi en musique au Réveillon Jazz Café ( tenu par un couple de musiciens Anglais)..un lieu à découvrir lors de vos prochaines escapades dans la région.
Bisous
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 10 août 2016 à 11:59
guillaume · le lundi 15 août 2016 à 01:35
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 15 août 2016 à 12:05
Vrai ? Tu aimes Shakespeare ? Good.
La littérature anglo-saxonne est riche.
Mais je lis aussi, hormis Shakespeare, Byron et d'autres, des écrivains anglo-saxons contemporains très barrés comme William Burrought ou Breat Easton Elli (un cranen dessous celui-là).
Dans le genre poésie ancienne essaie William Blake. Fascinant. Encore merci pour ta fidélité, Guillaume. Toi, écris !!!!!
Amitiés, Philip
(www.mespoemes.net/philip chevalier)
elise · le mardi 16 août 2016 à 18:05
pourquoi des excuses sur un écrit détourné fort bien amené. Certes ont a un peu les tripes à l'envers en te lisant mais triste réalité et même antique.
Car la clémence impose aux mères éplorées,
D’espérer le poignard, rangé dans notre Oubli,
Pour ne voir que le frère aux ultimes veillées,
Le serrer sur son cœur d’un geste inaccompli.;
sans voix sur cette srtophe! touchée en plein coeur...
un poème très humaniste et bienvaillant quand un cantique.
tu n'as rien a envier à Shakespeare ?
Un peu bouleversée par ce poème vraiment...
dur retour à la réalité..
Amitié
Elise
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mardi 16 août 2016 à 19:13
Mais je vois également que de poème semble t'avoir remué. Eh oui, dans de faux semblants théâtraux et antiques, l'on peut bien sûr trouver des analogies à des réalités du monde, hélas parfois trop courantes. Et puis, après des vacances, comme tu dis, il y a ces fichus retours à la réalité. Amitiés et bises, Elise et merci d'avoir aimé ce poème austère. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Claudel · le dimanche 11 décembre 2016 à 21:35
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