Aux pieds de la Villa Cimbrone *

Aux pieds de la villa Cimbrone*,
Plein de fièvre et de flamme,
La corniche pour guide,
Mon cœur impétueux
Cherche encore du regard
La réponse du vent léger.
Quel est ce mal étrange
Qui court sous la pinède
Ou dans mon propre corps,
Arrachant aux soupirs
Venus de la mer,
Cette lumière exquise
Que je suis seul à voir ?
Je ne suis pas un Prince,
Encore moins un artiste,
Pour mériter l’offrande
Apprêtée par tant et tant
De jours radieux
Que j’avais implorés
Au détour de mes nuits.
Au pied de la villa Cimbrone
J’ai laissé sur les marbres ridés,
L’empreinte immobile et chaude
De mes chères tarentelles,
Dont le froissement discret
Savait réchauffer mon âme,
Sans faire un pas de trop.
Est-il si long, le chemin
Pour rentrer enfin chez soi,
Où, regardant brûler les ponts
Par-delà les frontières,
Mon regard frémira
De l’éveil insensé
Qui me surprendra ?
Comme ces statues figées
Par le temps et qui somnolent,
Pour l’Eternité et me chuchotaient,
Complices :
« Sine curis, beatius curis »,
Sans le fardeau d’une heureuse inquiétude.
Au pied de la Villa Cimbrone,
Mon cœur s’en est allé…
---------------------------------------------
« Non sono in queste rive
fiori così vermigli
come le labbra de la donna »
(extrait d'une poésie florentine - auteur inconnu)
Illustration musicale :
Tartini, sonate pour violon en Sol mineur
https://www.youtube.com/watch?v=z7rxl5KsPjs&list=RDz7rxl5KsPjs#t=17
Illustration : les statues de la Ville Cimbrone à Ravello
(* pour la beauté du mot, Cimbrone se prononce "Tchine-bronné' )
Plein de fièvre et de flamme,
La corniche pour guide,
Mon cœur impétueux
Cherche encore du regard
La réponse du vent léger.
Quel est ce mal étrange
Qui court sous la pinède
Ou dans mon propre corps,
Arrachant aux soupirs
Venus de la mer,
Cette lumière exquise
Que je suis seul à voir ?
Je ne suis pas un Prince,
Encore moins un artiste,
Pour mériter l’offrande
Apprêtée par tant et tant
De jours radieux
Que j’avais implorés
Au détour de mes nuits.
Au pied de la villa Cimbrone
J’ai laissé sur les marbres ridés,
L’empreinte immobile et chaude
De mes chères tarentelles,
Dont le froissement discret
Savait réchauffer mon âme,
Sans faire un pas de trop.
Est-il si long, le chemin
Pour rentrer enfin chez soi,
Où, regardant brûler les ponts
Par-delà les frontières,
Mon regard frémira
De l’éveil insensé
Qui me surprendra ?
Comme ces statues figées
Par le temps et qui somnolent,
Pour l’Eternité et me chuchotaient,
Complices :
« Sine curis, beatius curis »,
Sans le fardeau d’une heureuse inquiétude.
Au pied de la Villa Cimbrone,
Mon cœur s’en est allé…
---------------------------------------------
« Non sono in queste rive
fiori così vermigli
come le labbra de la donna »
(extrait d'une poésie florentine - auteur inconnu)
Illustration musicale :
Tartini, sonate pour violon en Sol mineur
https://www.youtube.com/watch?v=z7rxl5KsPjs&list=RDz7rxl5KsPjs#t=17
Illustration : les statues de la Ville Cimbrone à Ravello
(* pour la beauté du mot, Cimbrone se prononce "Tchine-bronné' )
13 commentaires
rivaudais · le mardi 25 octobre 2016 à 00:39
guillaume · le mardi 25 octobre 2016 à 02:03
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mardi 25 octobre 2016 à 09:18
Pour GUILLAUME : Que de compliments, Guillaume. Sont-ils vraiment mérités. Sur notre site, Aggripa se plait à dire : "on ne devient pas poète, on nait poète". Au risque de le contrarier, je n'en suis pas convaincu. Que n'ai je répété, que malgré ma passion de la littérature, mon métier m'a forcé à écrire, écrire, écrire, si possible correctement. Le sens "artistique" comme tu dis ? Il s'est peut-être développé - le culte du Beau - au fur et à mesure de l'histoire de ma vie (exorciser le gris par la recherche du Beau). Humble ? Pas toujours. Le besoin d'être dans la lumière, même s'il a parfois ses raisons, ne conduit pas forcément à l'humilité, tu sais. L'empathie envers les autres ? Ah oui, je le revendique très fort. C'est au rang des sentiments qui me gratifient et me donnent un peu de dignité. Amitiés, Guillaume, et bonne journée. Philip
Une précision sur l'incursion d'un peu de latin dans mon poème :
C'est l'écrivain et poète William Beckett qui m'a donné cette idée.
C'est lui qui a écrit cet extrait "beatius curis", en évoquant lui aussi, avant moi, la Villa Cimbrone de Ravello.
"Sine curis" est de moi. Littéralement, cela veut dire "sans soucis"
Curis a plusieurs sens : soucis, poids, charge, tracas....
C'est pour cela qu'en dessous, j'ai donné ma traduction poétique en écrivant : "sans le fardeau d'une heureuse inquiétude", beatus signifiant, joie, bonheur, être heureux.
Ou mieux, comme on me l'a suggéré : "sans soucis, le bonheur !"
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
domidom · le mardi 25 octobre 2016 à 17:28
"Pour la boutade", je t'imagine transformé en une statue de marbre, bavard comme tu es, tu finirais par briser le silence de tes compagnes...(Rire)...
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mardi 25 octobre 2016 à 18:45
Coucou, Domie.
Oui, je me transformerai peut-être un jour en statue de marbre. Qui sait ?
Plus sérieusement : je t'ai fait voyager ? J'en suis heureux. Il est des moments de ma vie où je pense que je donne le meilleur de moi-même dans l'expression poétique. Je n'en parle pas en terme de vanité, mais parce que c'est ainsi que je prends la mesure de ce que j'ai de dignité malgré mes défauts. Et alors, tu connais mon empathie réelle pour les gens, surtout quand je les connais. Alors, mes vers et les mots de mes coms, dans ces circonstances sont le reflet de ce "meilleur de moi-même" exprimé, comment te dire, avec ce qui est mon mélange de délicatesse et de chaleur que je sais être une des rares qualités de coeur que je puis avoir. Alors, quand on aime mes poèmes, qu'ils font rêver, voyager, réfléchir parfois, mes vers, leurs formes, qu'ils soient imparfaits, exubérants, exagéremment romantiques, prennent un sens à mes yeux. Celui, je l'espère avec une sorte d'orgueil que vous avez compris que mon plus grand bonheur est de penser que vous m'avez compris. Et si vous m'avez compris, ce bonheur est d'autant plus grand que mes petits poèmes n'ont toujours eu pour seul but de vous offrir le respectueux présent de ma gratitude. Et, en cela, ce n'est nullement être un artiste. je t'embrasse bien fort, ma Domie. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Ivy · le mardi 25 octobre 2016 à 19:07
Mais come dit Domie, même statufié, tu seras toujours aussi bavard ! Rire !
Bises
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 26 octobre 2016 à 14:50
Pour IVY :
Te sachant sincère, si ce vers ne t'on pas laissé indifférents, c'est que tu y as peut-être vu cette part de moi-même que tu devines, que tu connais, même, puisque nous nous connaissons "en vrai" !
Errances que sont mes voyages. Sens de l'errance. S'éloigner un temps (fuir ?) les....réalités du monde, vers ce fameux Absolu (c'est à dire la Beauté) pour m'y saouler à défaut de m'y noyer.
La villa Cimbrone, existe, via Santa-Chiara à Ravello, au-dessus de la baie d'Amalfi, un endroit magique de l'Italie. Presque un rêve !!!!! Dans un précédent poème, la statue abîmée, que j'avais photographiée était une de ces statues, qui illustrent ce poème (là, la photo n'est pas de moi). Bavard ? Bé, oui ! Kissous.
Philip.
Pour ELISE :
Une partie de la réponse à te faire est aussi dans le com' ci-dessus à Ivy.
Le voyageur ? Il voyage pour exorciser ses rêves. Et devant soi, les rêves ne sont alors, parfois qu'un décor de théâtre (mais par exemple, Anacapri ressemble à un décor de théâtre !)
La quête du Bonheur ? C'est parfois un poison ou une drogue. Si je n'avais pas encore cité cette pensée d'Alfred de Musset, avant que tu n'arrives sur le site, je te la donne. J'essaie de l'avoir en tête, pour en prendre la mesure : "le seul obstacle au Bonheur, c'est de s'attendre à trop de Bonheur".
Se surprendre soi-même ? Pour moi ça ne sera que dans ma simplicité si je l'atteins et la comprends. Comme le don à l'autre me parait plus important (une façon d'éloigner ses propres égoïsmes), alors je préfère surprendre, la "surprise" étant un présent, une sorte de cadeau.
La lumière, "ma" lumière, oui, je la perçois quand même, mais seulement quand j'ai la conviction qu'elle me fera l'honneur d'être partagée (un forme de dignité) et sera perçue. Ca aussi c'est le présent que je fais. Après, le "miroir de la vie", ce quelque chose qui se mérite, comme un karma, me rendra ou ne me rendra pas cette lumière. Merci encore pour tes mots, comme je remercie aussi mon amie Ivy.
Amitiés à toutes les deux. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Philip (JARDIN DE LUNE) · le jeudi 27 octobre 2016 à 06:50
Chezcris · le vendredi 28 octobre 2016 à 12:00
Philip (JARDIN DE LUNE) · le vendredi 28 octobre 2016 à 12:33
Merci. Et puis, c'est ton Italie. Pas la région des lacs, mais un coin de l'Italie (au dessous de Naples, qui est magnifique. Bon, je crois que c'est la région qui est belle, plus que mon poème qui est une sorte de carte postale. Bises. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Shine · le vendredi 28 octobre 2016 à 23:23
J'ai repondu a ton com ,et je souhaiterai faire un travail avec toi ,ça sera un honneur de m'avoir choisis..
Naples est une belle ville,on ne peut pas la visité sans y passer par le vésuve qui se dresse comme une pyramide..ça vaut le détour
Un texte joliment écrit avec beaucoup d'amour pour le paysage..
Un régal pour les yeux et les oreilles pour celui qui lit ton poeme a haute voix.
Amicalement shine
Www.mespoemes.net/shine007/
C shine007,la james bond feminin(rire..hhhhh)
Ce message s'auto détruira dans 5 secondes 😉
Philip (JARDIN DE LUNE) · le samedi 29 octobre 2016 à 08:11
Bonjour mon amie. Très heureux de voir que tu acceptes ce projet d'écriture commune. Mais ne parle pas "d'honneur" que tu pourrais avoir en ce qui me concerne. Je me souviens, il y a déjà bien longtemps que tu avais parlé de moi à peu près de la même manière.
Non, Shine, je ne suis qu'un homme avec mes faiblesses mais aussi encore de la lumière dans le regard ce qui me donne la force d'une empathie naturelle envers ceux et celles qui me font..... "l'honneur" (rire, mais pour moi c'est véritablement un honneur) de m'accorder leur amitié.
Naples, le Vésuve et tant de beautés, nous en reparlerons.
Je t'ai laissé mon adresse mail sur un de tes anciens poèmes, pour que nous puissions bâtir pas à pas, en privé, ce poème commun qui verra le jour.
Avec toute mon amitié, Shine. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
SHINE · le dimanche 30 octobre 2016 à 00:12
C 'est bon j'ai ton adresse mail,je te contacterai bientot,je suis en visite en algerie pour des raisons familliale,
Take care
Amitiée
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