REGARDER BRULER LES PONTS
Si tu pouvais voir mon regard fixer le ciel
Comme on fixe un horizon mort à jamais
Tu n’y contemplerais qu’un champ de bataille
Mais tu es sur l’autre rive,
Et je n’ai plus qu’à jeter tous ces mots
Plus tranchants qu’une lame,
Et rester, frissonnant
Dans mon enfer familier,
M’étendre encore,
M’effondrer lentement
Et regarder brûler les ponts, les yeux vides,
Et m’endormir.
Que pourrais-je faire de plus, encore ?
Apporter des roses noires, dérisoires et mortelles
Dont les serments s’émiettent dans poussière du soir
Tandis que dans ma main leurs épines me blessent,
Et se mêlent à mes mots.
Saurais-je consumer mon amertume,
Comme autant de prophéties
Qu’un aveugle suit comme un chemin
Semé de ces fleurs pâles
Qui saupoudrent les nuits
D’incertitudes.
Apporter demain ces roses noires, illusoires et rebelles
Qui sagement complètent les soupirs du soir,
Tandis que dans ma main leurs épines s’empressent,
De démêler mes maux.
Me rendre encore,
Succomber lentement
Et regarder brûler les ponts, les yeux vides,
Et m’endormir.
Que pourrais-je faire de plus,
Sinon étreindre encore, le vent glacé du soir ?
Comme on fixe un horizon mort à jamais
Tu n’y contemplerais qu’un champ de bataille
Mais tu es sur l’autre rive,
Et je n’ai plus qu’à jeter tous ces mots
Plus tranchants qu’une lame,
Et rester, frissonnant
Dans mon enfer familier,
M’étendre encore,
M’effondrer lentement
Et regarder brûler les ponts, les yeux vides,
Et m’endormir.
Que pourrais-je faire de plus, encore ?
Apporter des roses noires, dérisoires et mortelles
Dont les serments s’émiettent dans poussière du soir
Tandis que dans ma main leurs épines me blessent,
Et se mêlent à mes mots.
Saurais-je consumer mon amertume,
Comme autant de prophéties
Qu’un aveugle suit comme un chemin
Semé de ces fleurs pâles
Qui saupoudrent les nuits
D’incertitudes.
Apporter demain ces roses noires, illusoires et rebelles
Qui sagement complètent les soupirs du soir,
Tandis que dans ma main leurs épines s’empressent,
De démêler mes maux.
Me rendre encore,
Succomber lentement
Et regarder brûler les ponts, les yeux vides,
Et m’endormir.
Que pourrais-je faire de plus,
Sinon étreindre encore, le vent glacé du soir ?
11 commentaires
Ivy · le vendredi 16 décembre 2016 à 10:55
L'hiver est aussi passé par là on dirait.
Des mots qui me parlent. Oui, que faire de plus..when all is said and done ?
Bises ensoleillées
guillaume · le vendredi 16 décembre 2016 à 13:42
mespoemes.net/bluegirl · le dimanche 18 décembre 2016 à 11:22
Les passerelles ne se conjuguent pas toujours avec les ponts, c'est une question de discernement, non ?
Bises, Lola.
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 19 décembre 2016 à 09:22
Merci, fidèle Guillaume t'aimer ce nouveau poème. Je te dirai, tout comme à Lola et Ivy qui m'ont aussi commenté, que sans aller jusqu'à parler de "grâces somptueuses" (lol !), d'émotion, oui, par contre, je sais, d'entre tous mes écrits, les poèmes qui portent des mots parfois plus authentiques que les autres. Comme disait une amie poète, c'est dans la conjonction de cette authenticité du coeur que la plume est parfois d'or.
Je ne sais si elle est d'or, dans ce poème, mais j'y ai mis la beauté des mots. Amitiés. Philip
Pour IVY :
Merci à toi aussi Ivy. Toi, ton compliment, tu me l'as écrit par un "tristement beau". J'y suis sensible également. Je finissais mon com à Guillaume en m'interrogeant sur la perception d'un certaine beauté que je voulais mettre à ces vers. Beauté et mélancolie, voire spleen, sont ils compatibles. En poésie je dirai oui.
Et puis, peut-être très immodestement, vais-je l'espace d'un instant me rattacher à la famille des grands poètes qui chantaient le spleen avec les mots de leurs coeurs ballotés par les vents de la vie. Amitiés, Ivy. Philip
Pour LOLA :
Ton compliment se rajoute aux autres et me touche. Merci à toi Lola de m'avoir lu et de souligner la beauté du poème ("très beau" même le qualifies-tu !!! :o) ) dans un bien sympathique commentaire.
Passerelles et ponts ? Les passerelles sont fragiles. Et changer de rive est en effet affaire de discernement. L'être humain doit gérer ses discernements, ses certitudes ou non, sa raison avant tout.
J'ai soigné ces vers en effet. Le marasme intérieur ? Quelle drôle d'expression ? Mais les mots viennent presque toujours du fond de l'océan de notre coeur où cet océan a ses couchers de soleil, ses aubes merveilleuses, ses tempêtes, comme tout océan en a). Bises à toi. Philip
A chacun d'entre vous, passez de bonnes fêtes.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Oscar O. · le lundi 19 décembre 2016 à 17:13
Je découvre ton univers poétique et musical très intéressant et varié.
Sur ce poème je sens une abnégation et de la mélancolie.
"Me rendre encore,
Succomber lentement
Et regarder brûler les ponts, les yeux vides,
Et m’endormir. "
Joliment dit, une image d'un pont qui brûle et qui s'écroule nous empêchant de relier les deux rives.
Quelles sont ces rives ? le passé et le présent ? la joie et le chagrin ?
Beau poème sur lequel on pourrait disserter pendant des heures.
Bravo!!
Amicalement
http://www.mespoemes.net/oscaro/
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mardi 20 décembre 2016 à 09:02
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
domidom · le mardi 20 décembre 2016 à 11:16
C'est un beau poème...A plus, Domie
Philip (JARDIN DE LUNE) · le mercredi 21 décembre 2016 à 08:33
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
SHINE · le vendredi 30 décembre 2016 à 07:58
on vit et coutoies la tristesse a chaque pas de notre existence,et puis notre inspiration vient de la..
un poème aussi généreux et beau que son auteur..BRAVA
Amitié ...shine
Philip (JARDIN DE LUNE) · le lundi 2 janvier 2017 à 16:33
Te décomposer ? Quelle idée ! Si tu penses que le poème est généreux et beau, alors que la lumière qu'il contient, sous quelques mots tristes soit juste un petit rayon de soleil. L'âme et le coeur ne se décomposent jamais sous la lumière ! Amitiés. Philip
Miles · le dimanche 7 mai 2017 à 21:16
Nos fameux ponts...
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