Les contes de la lune rouge : APACHEE

LES CONTES DE LA LUNE ROUGE
1 - APACHEE *
Qu’est devenu, dis-moi, le vieux Danseur de Vent,
Ou cet Enfant de l’Eau qui courait les pieds nus,
Sur la frange du ciel, dans le balancement
Incertain du Couchant aux rythmes inconnus ?
L’imperturbable nuit où brillent les frontières,
A tracé les contours, entre rêve et folie,
Quand les chants mystérieux avalent nos repères,
Et que résonne encor le cri de l’amnésie.
Et quand la fleur s’incline à l’oiseau carnassier,
Chargée d’un lourd présage où rôdent des parfums
Venus d’une légende où prêts à oublier
La saveur du grand jour, ils pleurent leurs défunts,
Nous figerons la larme et supplierons la foudre,
Pour que vive à jamais l’aigle et le Grand Sorcier.
De craie noire et de sang, sur la montagne sourde,
Succombe le shúgé (1) qui rend fou l’héritier.
Sais-tu le bois qui chante, insensé voyageur ?
Implore « Siotantka »(2), tu verras la lumière.
Coulant entre tes doigts, elle brûlera ta peur.
Remonte vers le Nord, pour l’ultime prière.
Quand l’aigle et la linotte affronteront la pluie,
Tu suivras leur chemin et vers Shawondasi (3)
Tu poseras ton cœur sous la cendre endormie.
Arrachant à ta nuit l’éclair qui t’a saisi.
Qu’est devenu, dis-moi, le vieux Serpent penseur,
Ou le fils de la Lune qui berçait ma romance ?
Car dans mes yeux voilés où rôde le chasseur,
Mon apache appétit a dévoré la chance !
..........................................................................
A la frontière du Nouveau Mexique, si tu suis, voyageur,
La rivière asséchée, tu trouveras, sur la rive du
Sud, près de Kabiboonoka (4), l’antre du vieil ermite.
Parle-lui de l’Aigle d’or. Il sera amoureux.
Apachee !
* prononcer : Appatchi
1 - le shúgé, désigne dans la langue apache, le sucre dont l’abus provoque des hallucinations. Seuls les chamanes en font usage pour ouvrir leur esprit
2 - Siotantka désigne littéralement « le bois qui chante »
3 - Shawondasi désigne la route du nord
4 – Kabiboonoka est le gardien du Sud
Illustration musicale : « Puissant chant chamanique pour ouvrir l’esprit »
https://www.youtube.com/watch?v=wtnQe8uogIU
Illustrations : Philip (Indian réservation – USA 2016)
1 - APACHEE *
Qu’est devenu, dis-moi, le vieux Danseur de Vent,
Ou cet Enfant de l’Eau qui courait les pieds nus,
Sur la frange du ciel, dans le balancement
Incertain du Couchant aux rythmes inconnus ?
L’imperturbable nuit où brillent les frontières,
A tracé les contours, entre rêve et folie,
Quand les chants mystérieux avalent nos repères,
Et que résonne encor le cri de l’amnésie.
Et quand la fleur s’incline à l’oiseau carnassier,
Chargée d’un lourd présage où rôdent des parfums
Venus d’une légende où prêts à oublier
La saveur du grand jour, ils pleurent leurs défunts,
Nous figerons la larme et supplierons la foudre,
Pour que vive à jamais l’aigle et le Grand Sorcier.
De craie noire et de sang, sur la montagne sourde,
Succombe le shúgé (1) qui rend fou l’héritier.
Sais-tu le bois qui chante, insensé voyageur ?
Implore « Siotantka »(2), tu verras la lumière.
Coulant entre tes doigts, elle brûlera ta peur.
Remonte vers le Nord, pour l’ultime prière.
Quand l’aigle et la linotte affronteront la pluie,
Tu suivras leur chemin et vers Shawondasi (3)
Tu poseras ton cœur sous la cendre endormie.
Arrachant à ta nuit l’éclair qui t’a saisi.
Qu’est devenu, dis-moi, le vieux Serpent penseur,
Ou le fils de la Lune qui berçait ma romance ?
Car dans mes yeux voilés où rôde le chasseur,
Mon apache appétit a dévoré la chance !
..........................................................................
A la frontière du Nouveau Mexique, si tu suis, voyageur,
La rivière asséchée, tu trouveras, sur la rive du
Sud, près de Kabiboonoka (4), l’antre du vieil ermite.
Parle-lui de l’Aigle d’or. Il sera amoureux.
Apachee !
* prononcer : Appatchi
1 - le shúgé, désigne dans la langue apache, le sucre dont l’abus provoque des hallucinations. Seuls les chamanes en font usage pour ouvrir leur esprit
2 - Siotantka désigne littéralement « le bois qui chante »
3 - Shawondasi désigne la route du nord
4 – Kabiboonoka est le gardien du Sud
Illustration musicale : « Puissant chant chamanique pour ouvrir l’esprit »
https://www.youtube.com/watch?v=wtnQe8uogIU
Illustrations : Philip (Indian réservation – USA 2016)
18 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 1 février 2017 à 14:08
J'ai galéré pour honorer mon souci d'authenticité dans les histoires que je conte. Manque de pot ! Ce sont dans les réserves Cherokee que je suis allé, et non en territoire Apache. J'ai dû composer avec. Mais toutes les légendes relatées sont bien celles du folklore Cherokkee et les différents vocabulaires authentiques.
Seul hic, la construction allégorique du poème est un peu tarabiscotée. Pure imagination, que ce récit ! (sourire)
Amitiés à tous et à toutes. Philip
guillaume · le mercredi 1 février 2017 à 20:39
euphonie · le mercredi 1 février 2017 à 21:42
De belles images j'ai imaginé en te lisant
Autour du feu les indiens dansant et invoquant les dieux
Cette image je l'ai moins aimé, quand tu parles des charognards
J'ai aimé la mamière de nous emmener vers d'autres contrées et pas m'importe laquelle
Dans ce monde si mystérieux des indiens.
Belle imagination Philip
Bisous
Om
Marie
Oscar O. · le jeudi 2 février 2017 à 12:31
Merci de nous faire voyager vers des pays lointains et de nous faire prendre conscience du triste sort des indiens d’Amérique. Vivre dans une réserve doit être assez particulier surtout que certains n'ont pas les mêmes droits que les citoyens américains.
Mais parler de l'aigle d'or voilà une chose inintéressante.
Bravo!
Bien à toi
Amicalement
http://www.mespoemes.net/oscaro/
domidom · le jeudi 2 février 2017 à 21:25
J'ai vraiment adoré...
gros bisous, Domie...
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 3 février 2017 à 08:23
La situation est différentes selon les réserves. J'en connais quelques unes.
Les Okeechobee des Everglades (pas loin de Miami) font du business et ont même un Casino. Pareil pour les Cherokee, dans les Smokies Moutains, que j'ai visité l'an dernier. Par contre, les Navajos, on ne leur a laissé qu'un tas de cailloux sur lequels ils vivent. Vente de bijoux et de babioles, mais beaucoup de dérive, alcoolisme, etc... Oui, pas les mêmes droits. A noter, il y a de bonnes universités amérindiennes.
Ah l'aigle d'or ! J'en ai fait quelque chose de légendaire. Amitiés, Oscar. A très bientôt. Philip
Pour DOMIE :
C'est juste ce que nos yeux ont vu cet été, en territoire Cherokee (juste ne s'éloignant de la route un peu trop touristico-folklorique. Je n'ai pas écrit le poème façon western, pour ne pas y placer "l'homme blanc" ! Juste des légendes, à moitié inventées.
Car l'Enfant de l'Eau, le Danseur de vent, sont de vraies légendes.
Gros bisous, Domie. Philip
Pour MARIE :
Oui, j'ai voulu vous emmener dans des contrées lointaines, un peu mystérieuses. Quand on est en territoire Cherokee, et qu'on s'éloigne des sentiers battus, avec un peu d'imagination, on perçoit ce côté un peu hors normes. Les paysages grandioses s'y prêtent d'ailleurs. Les charognards, il y en a toujours. Mais je suggérais là les vrais oiseaux de proie des montagnes ! Bisous, Marie. Philip
Pour GUILLAUME :
Merci d'avoir aimé, Guillaume.
Si tu as écouté le lien musical, tu auras vu le côté envoûtant. Oui légendes, chamanisme sont présents dans ces récits. Le mien n'est donc que pure imagination. Amitiés et à bientôt, Guillaume. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
jekarev · le vendredi 3 février 2017 à 15:29
Amer indien,
Quelle aventure ; sentiments, décors émouvants, mieux qu’un film d’histoire d’indien… Tu dis les choses d’une belle manière en évitant les stéréotypes. On ressent ce contact avec la Terre, les esprits et l’amour. Tu nous fais pourtant subodorer une longue file d’indiens qui vont vers l’ouest, vers le soleil couchant. On les voit chassés sans rien emporter avec eux, ou plutôt si, leur fierté. Comme dans une déportation. L’homme blanc fît connaître tant d’injustices, toujours plus de terre….pour tout posséder. Sera-t-il un jour rassasié par l’espace qu’il prend contre des traités. Torrents, étoiles, montagnes, bisons… étaient les leurs, pourquoi tant de promesses, ont elles disparu ?
Connaissant un peu les rocheuses américaines et canadiennes, je sais qu’aujourd’hui certains hommes blancs ont compris.
Merci Philipp pour ce beau voyage dans le temps.
Une quête de vérité, loin des sauvages que certains ont pu deviner !
Amitiés
Jérôme
jekarev · le vendredi 3 février 2017 à 15:31
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 4 février 2017 à 11:38
Oui, j'ai voulu éviter les stéréotypes, essayer de pénétrer plutôt au coeur de leurs légendes et de leurs symbole. Je dois te dire que pour la 3ème année consécutive je n'ai pas manqué de visiter à Washington, l'émouvant musée de la Culture Amérindienne. Il impose le respect de toutes ses peuplades et tribus. Mon souvenir le plus terrible fut la rencontre, il y a quelques années d'un jeune Navajo qui tenait une buvette, en compagnie d'un jeune américain bien yankee. J'avais eu à coeur d'apprendre quelques mots navajo. Et je voulais lui exprimer à la fois ma fierté et mon humilité de rencontrer quelqu'un de son peuple.
Hélas. Non seulement les navajos on le souvenir de leurs oppressions passées, mais ils ne vous regarde jamais dans les yeux. Devant ma déconvenue d'une telle incommunication, le jeune yankee m'en a expliqué les raisons. Ce souvenir me restera à jamais.
Merci d'avoir perçu le sens respectueux de mon poème, Jérôme. Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Micheline 1940 · le samedi 4 février 2017 à 20:22
N'ayant pas réussi à tenir un contact, je me suis inquiétée de votre long silence...
Mais votre plume revient nous charmer de son encre, teintée ce jour d'huis aux peintures des Apaches. Vous avez, tout comme eux, arrêté caravane pour les bien observer comme on le fait parfois, dans les livres d'Histoire... ces tribus disparues dont il reste des traces dans des Réserves où règne la nostalgie des Temps anciens où ces Grands Hommes étaient Rois de leur Terre, et qui, hélas, subirent, par ce que trop amènes, le grand, comme le plus impérieux et aussi radical remplacement... Votre Poème est magnifiquement lyrique, et si intemporel, par delà un rêve qui restera dans les brumes d'une aurore, les volutes d'un feu de camp la nuit, et celles d'un calumet au soleil couchant ! Un immense compliment pour cette Pièce de Poésie qui m'a immensément touchée !!!
Vous n'êtes peut-être pas repassé, cher ami, sur mes réponses à vos argumentaires sur mes deux textes "Une pointe au coeur" poème IV et "Un Rêve..." poème III je crois... Elles vous attendent depuis leur écriture, et, me semble t-il, s'impatientent d'être lues et d'entendre votre sentiment !
Leur ferez-vous ce grand plaisir ?
J'ai été un peu longue, cher Poète, et de fait, je m'en veux d'occuper l'espace si cher à vos innombrables admirateurs ! Bien à vous, cher Philip, et toujours bien amicalement,
Micheline.
Micheline 1940 · le samedi 4 février 2017 à 20:27
Vous aurez corrigé de vous-même !
Amitiés
M
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 6 février 2017 à 10:32
Ne vous excuser pas d'être longue, chère Micheline, vos commentaires sont si gentils.
J'ai à coeur, quand j'écris un poème sur des civilisations, des peuples qui ne nous sont pas familiers d'essayer, à partir de l'humble culture que j'en tire, d'imaginer le ressenti et l'émotion qui en découle. Pas toujours facile. Mais c'est un exercice de l'esprit très intéressant.
Pou le reste :
- oh, "innombrables" admirateurs !!! Comme vous y aller Micheline, ils ne sont pas nombreux, et juste des ami(e)s. Et cela me convient et je leur suis reconnaissant.
Long silence ? J'ai répondu à vos récents mails et aurais-je oublier de passer sur votre site. Toujours courir après le temps, d'ailleurs.
Mais j'y vais de ce pas, rassurez-vous.
Avec ma fidèle amitié. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
elise289 · le lundi 6 février 2017 à 11:42
"Quand les chants mystérieux avalent nos repères,
Et que résonne encor le cri de l’amnésie. "
l'enfant qui dort en nous encore toujours , espère..
Et méme les mots qui content cherche toujours l'harmonie...
esprits de tes légendes indiennes habitent ton décor,
donne le ton d'un voyage où le coeur vibre fort.
quête fait de rêves,de prières venus du nord,
on devine le souffle spirituel et la sagesse des morts.
Feed -back pour moi, ton poème :
.;je me souviens que passait à la télévision à 18h30 "des légendes indiennes "que j'écoutais avec passion.
j'étais fasciné par les esprits, les ancêtres qui habitent et peuplent les tribus indiennes.
ces contes étaient comme des morales , sagesse de sorcier ..qui me permetait de me questionner sur le sens de la transmission orale et sur la beauté de ce qui est conter et offert.
Me voilà dans un typie , un calumet de la paix dans la bouche à boire tes vers( lol).
un plaisir de lecture ce voyage poétique.
Amicalement,
Elise
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 6 février 2017 à 19:01
Merci d'avoir aimé mon petit conte versifié.
Entre sagesse et légendes, les amérindiens m'ont toujours fasciné. Mais pour les avoir (très peu) rencontré il faut être humble et discret pour pouvoir comprendre leur message.
Oui, les "légendes indiennes", je me souviens. Bien vu d'avoir su découvrir "l'enfant qui dort". Oui le coeur vibrait fort et le décor était merveilleux. Un éblouissement toujours renouvelé en évoquant ces images.
Alors, un scoop : je vous convierai bientôt à la rencontre....du "Loup au pelage d'argent".
Amitiés. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Micheline 1940 · le mardi 7 février 2017 à 04:07
Bien amicalement, Philip,
Micheline.
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 7 février 2017 à 08:04
Isabelle · le mardi 25 juillet 2017 à 23:24
Merci pour ce très beau partage, au travers de vos mots on voyage et comme vos amis, ce monde m'a toujours fasciné! Bravo
J'ai adoré ma lecture du soir!
Mes amitiés
Isabelle :-)
Philip · le mercredi 26 juillet 2017 à 08:48
J'ai la chance de beaucoup voyager "en vrai" et particulièrement aux U.S.A. (des amis en North Carolina). Alors j'ai la passion de ce continent étonnant et parfois j'écris de belles pages.
Hier soir, je me suis revu le Taxi driver, avec Robert de Niro. Cela va m'inspirer pour un nouveau poème, mais beaucoup plus sombre, et qui se déroulera dans la Big Apple !!!! Amitiés, Isabelle. :-) Philip
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