Il riait des passants faméliques

Dans un jour qui n’est plus, un matin sans attrait,
Quand les cœurs se trainaient et l’onde était de glace,
L’oubli frileux s’installe et sous sa carapace,
L’ennui dessine en vain son ignoble portrait.
Mais le spectre au corps fou, d’un pas indifférent,
Se rit du machicot* qui dans sa songerie,
Oublie que son aumône a le parfum du vent,
C’est dire, presque rien, juste une fourberie.
Sous un malin blizzard, ces ombres sans vêture
Roulent leurs regards morts en cachant la blessure,
Sur des chemins abstraits où l’or n’est pas de mise.
Et l’étranger moqueur qui n’a jamais aimé,
Attend que la rumeur d’une obscène fêlure
Terrasse le tourment de son cœur consumé.
* un machicot est le nom que l'on donnait à un maître de chant dans les églises.
(Sonnet - forme dite "française")
Quand les cœurs se trainaient et l’onde était de glace,
L’oubli frileux s’installe et sous sa carapace,
L’ennui dessine en vain son ignoble portrait.
Mais le spectre au corps fou, d’un pas indifférent,
Se rit du machicot* qui dans sa songerie,
Oublie que son aumône a le parfum du vent,
C’est dire, presque rien, juste une fourberie.
Sous un malin blizzard, ces ombres sans vêture
Roulent leurs regards morts en cachant la blessure,
Sur des chemins abstraits où l’or n’est pas de mise.
Et l’étranger moqueur qui n’a jamais aimé,
Attend que la rumeur d’une obscène fêlure
Terrasse le tourment de son cœur consumé.
* un machicot est le nom que l'on donnait à un maître de chant dans les églises.
(Sonnet - forme dite "française")
11 commentaires
guillaume · le vendredi 17 mars 2017 à 19:01
euphonie · le samedi 18 mars 2017 à 09:04
Un sonnet qui dans l'art est parfais dans sa forme, mais aussi ce qui est important dans les sentiments que tu as voulu lui donner.
Tout y est parfais Philip
Que la marche de cette après midi soit dans la paix.
Bisous
Marie
aurorefloreale · le samedi 18 mars 2017 à 09:18
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 18 mars 2017 à 09:50
Bonjour Aurore ! J'avais pourtant le coeur bien joyeux. Je ne sais pourquoi, quand je cherche à faire des sonnets (pour gagner du temps) les thèmes sont tristes. Et puis j'étais tributaire encore d'un projet de poème dont Baudelaire n'avait écrit que le titre "Les passants faméliques" et il me fallait faire avec !
Mais quand même, cela m'a permis d'écrire sur l'indifférence des gens qui n'ont pas même un regard sur la misère. Belle journée à toi. Amitiés. Philip
Pour EUPHONIE :
Bonjour Marie. Tu auras compris, en lisant le com' ci-dessus à Aurore, comment ce sonnet est né. Moui, tu sais que je n'aime pas les contraintes de forme, en général, et me voici encore à écrire un sonnet, sous une autre forme dite "française" (les rimes des tercets diffèrent). Oui, peace and love, on en a bien besoin. Bisous et beau week-end, Marie. Philip
Pour GUILLAUME :
Merci d'être passé Guillaume. Ce sonnet inspirait bien sûr tristesse (et rage aussi devant l'indifférence). Il aura servi, une fois de plus, comme le font souvent les poètes, à attirer l'attention sur un drame de tout temps. Amitiés. Philip.
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
clementine · le samedi 18 mars 2017 à 14:55
et vos poèmes ont le droit d'être tristes
amitiés
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 19 mars 2017 à 10:34
Merci pour votre commentaire.
Oui, mes poèmes, comme les ceux des autres, ont bien sûr le droit d'être triste.
Imprégné depuis ma jeunesse, de la poésie de Baudelaire, souvent ma poésie est chargée de spleen.
L'association poème-illustration est née du titre même du poème, la photo étant celle d'une sculpture de rue représentant un Sdf.
(Pour ce qui est de la taille des images et logo, il vaut mieux prendre attache avec nos 2 administrateurs, en allant sur Avisdesmembres, sur lequel il doit sans doute y avoir des infos. sur la taille minimale des illustrations).
Merci d'être passé. Amicalement. Philip
domidom · le lundi 20 mars 2017 à 10:44
J'ai adoré, Domie
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 20 mars 2017 à 12:04
Coucou, Domie. Merci d'être passée et d'avoir aimé mon sonnet.
Mais je me sens plus à l'aise, tu le sais, avec des poèmes plus longs. Moi, le bavard, avec 2 quatrain et 2 tercets, et une organisation de rimes bien précises à respecter, c'est moins facile pour dire ce que j'ai souvent à dire. Mais bon, dans la forme (que je me suis) imposée, j'ai réussi à placer mon message. A très bientôt Domie. Gros bisous à toi. Philip
Micheline 1940 · le dimanche 26 mars 2017 à 07:30
Mes compliments au Poète !
Bien amicalement,
Micheline.
Philip (Jardin de Lune) · le lundi 27 mars 2017 à 06:31
Chère Micheline, je m'en suis presque voulu, à l'approche du Printemps d'écrire un poème si sombre et pourtant si réaliste.
J'écris peu sur les souffrances de l'homme les plus extrêmes, de celles qui lui font perdre sa dignité. J'ai jeté le titre sur une feuille blanche, avec l'idée d'écrire un sonnet, forme qui ne m'est pas coutumière. Et puis les mots sont venus. Je dirai presque, qu'au fur et à mesure de l'écriture, cela me faisait mal de les écrire. Et en ressort peut-être ce douloureux romantisme que vous évoquez. Belle semaine à vous, Micheline. Avec toute mon amitié. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)
Miles · le dimanche 7 mai 2017 à 22:00
Encore une fois triste mais bien réaliste, malheureux et bien réel !
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