Arthur Rimbaud (souvenirs d'enfance imaginaires)

(Arthur Rimbaud a beaucoup souffert de son environnement familial.
A-t-il vraiment aimé ses parents, ou voulu les aimer ? Voici des souvenirs d'enfance de Rimbe' que j'ai imaginés et mis en vers)
Mes illusions crevées, voici que je fulmine,
Je grimace et me perds : où es-tu donc père ?
Saoulé de non-amour, je pleure et crie famine.
Mes gargouilleux sanglots m’enfoncent dans l'ornière.
Ils t’éloignaient de moi, tes rêves de batailles
Comme un aveugle nu, cherchant ta rude épaule
J’étais désemparé, cherchant vaille que vaille,
Un bras pour me blottir et pleurer près du saule
Je te voyais crucifiée, et dans tes yeux de folle
Une flamme perverse consumait tes tourments.
Et moi, sans voix ni loi, craignant la camisole,
Je subissais sans fin tes moindres aboiements.
A-t-il vraiment aimé ses parents, ou voulu les aimer ? Voici des souvenirs d'enfance de Rimbe' que j'ai imaginés et mis en vers)
Mes illusions crevées, voici que je fulmine,
Je grimace et me perds : où es-tu donc père ?
Saoulé de non-amour, je pleure et crie famine.
Mes gargouilleux sanglots m’enfoncent dans l'ornière.
Ils t’éloignaient de moi, tes rêves de batailles
Comme un aveugle nu, cherchant ta rude épaule
J’étais désemparé, cherchant vaille que vaille,
Un bras pour me blottir et pleurer près du saule
Je te voyais crucifiée, et dans tes yeux de folle
Une flamme perverse consumait tes tourments.
Et moi, sans voix ni loi, craignant la camisole,
Je subissais sans fin tes moindres aboiements.
11 commentaires
Isabelle · le dimanche 13 août 2017 à 21:45
Une poésie très émouvante et en même temps intéressante, tes questions suscitent à la réflexion, je pense qu'il a énormément souffert du manque d'amour...Le manque d'amour c'est la pire chose qu'il puisse arriver à un enfant!
Merci de ce partage, qui nous donne envie de s'intéresser un peu plus à ce poète.
Belle soirée & Bonne semaine
Amitiés
Isabelle :-)
mespoemes.net/bluegirl · le lundi 14 août 2017 à 18:02
Bises, Lola.
Miles · le lundi 14 août 2017 à 21:16
Pour en revenir au poème, votre talent n'est plus à prouver, mais la ce qui m'interpelle c'est surtout le fait de prendre, le temps d'un poème, à sa place, tenter de le comprendre.
Juste génial !
Amicalement Miles
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 16 août 2017 à 13:26
Au...."Panthéon" des poètes français qui m'ont influencé et me font toujours vibrer, il y a le triptyque magique "Baudelaire, Rimbaud, Verlaine". Pourtant, je ne dirai pas que ce sont les meilleurs. Ils ont maints défauts et agaçent parfois (surtout Verlaine et Baudelaire).
Mais quand je veux écrire de façon "spleeneuse" je m'inspire de la partie mélancolique de leurs écrits.
Quitte à les imaginer. Me mettre un peu à leur place, quoi ! Mais avec un inconvénient : et la remarque de Lola prend tout son sens : se mettre dans la peau de quiconque, est-ce possible, car seul la personne est maitre de ses pensées que l'on ne peut connaître.
Alors, nous dirons juste que nous sommes tout au plus dans l'exercice de style.
Je dirai néanmoins que je connais très bien la vie et la jeunesse de Rimbaud (excellente Biographie de Pierre Petitfils et richesse des notes infrapaginales de l'édition de la Pléiade) et la vision qu'il avait des personnalités de son père et de sa mère, font que mon imaginaire ici, était une description de sa parentalité pas trop loin de sa réalité.
Pour ISABELLE :
Oui, Isabelle, on n'est pas très loin de la réalité chez Rimbaud. Ta réflexion globale est vrai, je la comprends et aujourd'hui je rebute à parler de mon enfance chargée de manques qui ont sans doute déterminer ma personnalité et mes défauts. Amitiés, Isabelle. Philip
Pour LOLA (Bluegirl) :
Hello, Lola. Bah, tu sais, depuis bientôt que je suis sur le site, combien de fois me sui-je glissé dans la peau de ces trois poètes, dont Rimbaud. Je l'ai ...."côtoyé" en effet depuis mon adolescence, mais bien sûr à travers ses écrits et les biographies qu'on a fait de lui. Ce qui fait que je pense que c'était à peu près son état d'esprit. De toute façon, de l'image du gamin rebelle et farouche, mais génial, qu'il a toujours été dans sa courte jeunesse poétique, il doit fulminer dans sa tombe et me maudire, me disant : "mêle-toi de tes oignons, poète amateur; qui t'a demandé de me faire revivre par la pensée". :o)
Bises. Philip
Pour MILES :
Bonjour mon amie. Réflexion, sur le fond, aussi juste que celle qu'a fait Isabelle. Et je peux te dire que l'enfance de Rimbaud a été affectée de ce manque. Ou, tout du moins, Rimbaud, à la personnalité névropathique affirmé ne pouvait pas être en phase avec un père et une mère un peu hors norme.
Vais-je être obligé de te disputer quand tu parle de "talent", ah, ah !!! Mais avec plaisir, je retiens le fait qu'en effet, l'important ,'est pas d'avoir essayé de me mettre à la place de Rimbaud, mais d'avoir, en effet, tenté de le comprendre.
Cela explique la fulgurance de sa courte oeuvre poétique. Amitiés, Miles. Philip
guillaume · le samedi 19 août 2017 à 21:55
Philip · le mercredi 23 août 2017 à 08:35
Salut Guillaume, oui Arthur n'a pas eu une enfance extrêmement joyeuse, mais supportable quand même. Il s'est vite évadé ans son monde, pris sous l'ailde de son prof de français, M. Izambard.
Shakespeare ? C'est totalement à part. Shakespeare reste un peu une énigme littéraire, mais c'est magistral. Merci pour ton commentaire, Guillaume. A très bientôt. Philip
debbie · le vendredi 9 mars 2018 à 10:06
Je grimace et me perds : où es-tu donc père ? Saoulé de non-amour, je pleure et crie famine. Mes gargouilleux sanglots m’enfoncent dans l'ornière. ' Elle interpelle toute l'urgence de ce manque d'amour. c'est très fort et tellement bien écrit. Ca me ramène aussi à quelque chose de mon vécu. Comme quoi peut importe les circonstances ni même la similitude exacte de nos parcours, on arrive à percevoir dans cet écrit des choses qui nous touche profondément aussi. Donc merci à toi Philip pour ce beau partage et ce bel exercices car se mettre dans la peau de Rimbaud n'est pas chose facile mais c'est vraiment très intéressant ton point de vue et très près de sa réalité aussi. .
Belle journée à toi
Amitié
Debbie
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 9 mars 2018 à 13:23
Oui, les poètes "écorchés" sont les plus prenants.
Si j'arrive à peu près à me mettre dans la peau de certains d'entre eux (mais sommes-nous sûr de les connaître ? Car à part leurs biographies, c'est surtout à travers leurs poésies qu'on les ressent) c'est parce que de j'ai lu et relu et décortiqués et plongé dans toutes leurs biographie, du "trio" Baudelaire, Verlaine, Rimbaud.
Donc, sans jouer dans le registre de l'immodestie, bien franchement ce genre d'exercice de style (car c'en est un) ne m'est pas particulièrement difficile.
En tout cas, merci d'avoir aimé et d'y avoir trouvé une "vraie-fausse" authenticité. Amitiés. Philip.
debbie · le vendredi 9 mars 2018 à 15:51
Amitiés
Debbie
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 10 mars 2018 à 13:54
Oui, c'est certain, il arrive que - à une fréquence qui est fort variable - le poète qui a l'intention de faire passer un message (à lui-même et/ou aux autres) cache une partie de lui-même.
Quand il s'agit des grands auteurs où la biographie, souvent très fournie aux fil des recherches littéraires, l'on comprends les messages qui sans doute passent sous forme d'understatements.
Cela m'arrive d'entourer mon "jardin secret" de remparts, et que je livre en poésie. Et encore, je fais abstraction, là, de ce que ma passion et l'étude de la psychanalyse me permet de "décoder" sur moi-même !
Mais la plupart du temps, mes poésie sont œuvre d'imagination ou, c'est le cas ici, une mise en situation à partir de ce que je connais de la vie des auteurs. Mais la conclusion de ton commentaire - non seulement me fait plaisir - mais me confirme cet essai à peu près réussi, d'avoir restitué un "intime affectif" qu'à sans doute ressenti Rimbaud.
Mais, je le répète, pout moi cela est plus du domaine de l'exercice de style. Formatage sans doute de mon métier de juriste, où devant les tribunaux ou les instances publiques, il faut se mettre en situation, un peu à la manière d'un comédien de théâtre qui se met dans son rôle.
Ici le personnage dont j'ai endossé l'habit...c'était, le temps d'un poème, Rimbaud.
Amitiés et à bientôt, Debbie. Philip
debbie · le samedi 10 mars 2018 à 16:12
Bon samedi
Amitié
Debbie
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