Valse bohémienne (Prague mystérieuse)

Quand le fatal éclat de tous mes jours de givre
Eclairera ma nuit en gravant sur mon front
Une valse timide où mon pas devient ivre,
Pour, sans nulle raison, caresser un affront
Perdu dans les brouillards de la ville endormie,
Furtivement mon cœur conduira mes soupirs
Vers les dédales fous qu’une sombre alchimie
A tracé sans remords, pour guider mes plaisirs.
Staré Město pražské*
Ton ombre est fatiguée….
Quand rôde le Golem**, comme une sourde envie
Qui mêle à nos secrets la foudre et l’inconnu,
Il reste un souvenir dont l’âme s’est ternie.
A quoi bon s’étourdir du chant discontinu
Que l’on entend, lointain, surgi du Haut Château,
Tandis que sous les ponts, comme un tremblant Amphion***,
Rôde un vieux bohémien, gravant sur un tréteau,
Lettres couleur de l’âme et fourbe dérision.
Staré Město pražské*
Ton sourire est figé.
Et près d’un lucernaire où l’on craint de prier,
Quand lentement la nuit, sous son voile, amoncelle
Un cortège de mots sur un vieil encrier,
Il est temps d’inventer la dernière étincelle.
Tournez, tendres menteurs, valses et sortilèges,
Contemplez la moiteur de l’insatiable élan,
Qui par un soir d’été conduisit mes cortèges,
Au flanc d’une morsure à l’éclair courtisan.
Staré Město pražské*
Tes serments m’ont manqué.
....................................................................
Près des fontaines pâles
La valse bohémienne a perdu son éclat.
Illustration : photo Philip (Prague, vue du Château)
Illustration musicale : « Tzigane » - Ravel
https://www.youtube.com/watch?v=w0ObgSKBqTQ
* Se prononce : chtaré mièsto prajké, littéralement « la vieille ville de Prague »
** Le Golem est un personnage de légende, issu de la mystique juive populaire. L’écrivain Viennois Meyrink lui dédia un conte dont l’intrigue se déroule dans le quartier juif de Prague où est campé mon poème.
*** Amphion est une divinité grecque aux pouvoirs magiques.
Eclairera ma nuit en gravant sur mon front
Une valse timide où mon pas devient ivre,
Pour, sans nulle raison, caresser un affront
Perdu dans les brouillards de la ville endormie,
Furtivement mon cœur conduira mes soupirs
Vers les dédales fous qu’une sombre alchimie
A tracé sans remords, pour guider mes plaisirs.
Staré Město pražské*
Ton ombre est fatiguée….
Quand rôde le Golem**, comme une sourde envie
Qui mêle à nos secrets la foudre et l’inconnu,
Il reste un souvenir dont l’âme s’est ternie.
A quoi bon s’étourdir du chant discontinu
Que l’on entend, lointain, surgi du Haut Château,
Tandis que sous les ponts, comme un tremblant Amphion***,
Rôde un vieux bohémien, gravant sur un tréteau,
Lettres couleur de l’âme et fourbe dérision.
Staré Město pražské*
Ton sourire est figé.
Et près d’un lucernaire où l’on craint de prier,
Quand lentement la nuit, sous son voile, amoncelle
Un cortège de mots sur un vieil encrier,
Il est temps d’inventer la dernière étincelle.
Tournez, tendres menteurs, valses et sortilèges,
Contemplez la moiteur de l’insatiable élan,
Qui par un soir d’été conduisit mes cortèges,
Au flanc d’une morsure à l’éclair courtisan.
Staré Město pražské*
Tes serments m’ont manqué.
....................................................................
Près des fontaines pâles
La valse bohémienne a perdu son éclat.
Illustration : photo Philip (Prague, vue du Château)
Illustration musicale : « Tzigane » - Ravel
https://www.youtube.com/watch?v=w0ObgSKBqTQ
* Se prononce : chtaré mièsto prajké, littéralement « la vieille ville de Prague »
** Le Golem est un personnage de légende, issu de la mystique juive populaire. L’écrivain Viennois Meyrink lui dédia un conte dont l’intrigue se déroule dans le quartier juif de Prague où est campé mon poème.
*** Amphion est une divinité grecque aux pouvoirs magiques.
14 commentaires
joey de provence · le mercredi 17 janvier 2018 à 06:37
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 17 janvier 2018 à 07:07
Ah c'est gentil ce que tu dis. Mais je ne suis pas le roi des poètes, juste un gentil poète qui aime écrire de jolis mots (même si on ne comprend pas toujours l'histoire, et je t'avoue qu'ici encore, je laisse vagabonder mon esprit).
Tu sais, moi, souvent, j'aime créer juste des ambiances. Pour donner une impression sur des lieux visités, par exemple.
Ici, c'était une ambiance un peu mystérieuse sur la vieille ville de Prague, fascinante, je l'ai vécu.
Belle journée à toi, sous ta Provence ni mystérieuse mais joyeuse. Bisous. Philip
mick · le mercredi 17 janvier 2018 à 07:59
Tout les ingrédients sont réunis pour une incitation aux rêves.
Amitié. mick
Rêveuse · le mercredi 17 janvier 2018 à 11:04
C'est toujours un plaisir de te lire , merci Philip et belle journée avec mes amitiés "tempétueuses" dans les Alpes maritimes
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 17 janvier 2018 à 19:31
Merci d'avoir....assisté au spectacle, mon ami. Tu as été le bienvenu !
Oh oui, malgré le côté un peu difficile d'accès de ces quatrains, j'ai en effet réunis tous les ingrédients pour....juste un poème sympa.
Plus sérieusement, je dirais que, dans ce récit où le narrateur (ce n'était pas moi, bien que j'aie utilisé d'assez récents souvenirs personnels de Prague) est confronté à une dorte de "dialectique de l'âme'" confrontant beauté de frayeur, lumière et ténèbres.
La vieille ville de Prague, particulièrement à l'aurore et au crépuscule, distille ses ombres que l'on devinerait vite mystérieuses.
Amitiés, Mick. Philip.
Pour REVEUSE :
Coucou, Rêveuse.
Alors toi aussi tu as le bonheur de connaître Prague.
Ta remarque son mon poème-narration est très pertinente. Car ce joyau de l'ancienne Bohème surprend par ses contrastes et appelle à ce que j'ai appelé, sur le commentaire à Mick, une dialectique de l'âme. Comme une perpétuelle confrontation entre des sentiments opposés et qui semblent pourtant de fondre dans leurs antagonismes. Mystère et dérision, "sombritude" (!!!!) et exubérance.
Merci d'avoir perçu tout cela.
Amitiés, Rêveuse. Philip.
mariepaule · le mercredi 17 janvier 2018 à 20:43
Des vers qui incitent à aller à Pragues
Une belel ambiance
Une touche mystèrieuse
Des détails qui nous font visiter ce pakys
Tous les ingrédients y sont
De la belle poèsie Philip
Belle nuit .
La nuit est finie alors...
Bonjour Phiip,
Bise
Om
Marie
Susan (Coquelicot ) · le jeudi 18 janvier 2018 à 06:46
Merci pour ce joli poème où en te lisant, je me suis retrouvée quelques années en arrière dans cette magnifique ville de Prague …
Tes vers décrivent très bien l’ambiance, je me souviens très bien de la vieille ville avec ses vieux lampadaires …
Sans oublier le très beau château !
J’ai hâte d’y retourner …
Les choix de la musique et de la photo illustrent très bien ton joli poème ...
Bisous. Susan
http://www.mespoemes.net/susanchevalier
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 18 janvier 2018 à 12:53
Merci d'avoir apprécié le voyage, quoiqu'un voyage un peu étrange et mystérieux.
Mais je peux t'assurer que l'ambiance du vieux Prague (et un autre quartier au pied du Château, sur l'autre rive, ) c'est tout à fait ça. Les frissons en moins, ou bien, on se les fabrique, les frissons !
Bisous à toi. Philip
Pour SUSAN :
Euh, il y a quelques années ça fait juste 3 ans !!!! Oui, comme je le disais à Marie, c'est l'ambiance que l'on trouve (alors que le centre ville piétonnier est presque digne d'un Londres....slave !).
Eh bien, le retour dans les pays de l'Est, auxquels se rajouteront Hongrie (Budapest) et Pologne (Varsovie) c'est pour pas si longtemps.
Avec de nouvelles et d'anciennes ambiances....propres à l'inspiration pour de nouveaux poèmes. Bisous. Philip.
domidom · le jeudi 18 janvier 2018 à 17:32
C'est beau, tellement beau...
Regarder l'illustration en se gavant de tes mots, c'est tout une invitation au pays des rêves..
J'ai adoré...
Bisous, Domie...
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 19 janvier 2018 à 05:57
Il s'agit du poème dont je t'ai parlé samedi, commencé avec l'ambition d'en faire un "classique" sans faute ! Tu ne m'as pas signalé d'erreurs. Dois-je conclure que le pari est réussi ?
Euh...oui....bien immodestement je pense qu'il est beau celui-là ! (sourire).
Se gaver de mes mots !!!!! Hey, pas d'ingestion, ça n'en vaut pas la peine.
Belle journée à toi (pas trop pluvieuse).
Gros bisous. Philip.
aurorefloreale · le vendredi 19 janvier 2018 à 11:29
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 19 janvier 2018 à 13:18
Merci Chantal. Oh tu sais, ce qui compte le plus pour moi c'est l'ambiance.
Même si je n'en ai pas vraiment "bavé" pour tenir la forme classique (en fait c'est une habitude à prendre), ce n'est pas ma préférence de style (même si c'est très harmonieux), car forcément plus long à écrire.
Oh ce genre de poème, ce n'est pas encore un "exploit". Tu y arriveras sans nul doute. Bon week-end à toi qui s'annonce. Amitiés. Philip.
domidom · le vendredi 19 janvier 2018 à 21:34
Dans ton poème tout est correct et fluide, perso, je n'ai rien trouvé à redire, mais voilà, je ne suis pas Alto, ni Loïc...
J'ai adoré tout simplement...
A quand le défi?
Bisous...Domie
domidom · le vendredi 19 janvier 2018 à 21:37
Avec Suzan, pensez à moi...
Bisous
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