Les nacres d'Epidaure

Bien loin de ma chaumière où s’étire le jour
Dans un pâle sanglot, monotone et sans fin,
Il est, songe meurtri, détourné par l’amour,
Un théâtre de pierre au contour assassin.
Ô, éternel gardien de ces ruines sans vie,
Renaissez de vos nuits pour taire les soupirs
Des âmes fatiguées de leur lâche amnésie ;
La Grèce est un tombeau aux vastes souvenirs.
Dans son aube nacrée, à mes pieds, Epidaure
Toute sertie de glyphe et d’olifant mêlé
S’éveille, émerveillée, en implorant l’aurore
Que des rois imprudents avaient trop confisqué.
Vais-je me souvenir de ce matin lointain,
Qui dans mon cœur s’emmêle en rêvant d’un Ailleurs
Où l’horizon tiédit d’un frissonnant dédain,
Quand meure la mémoire au faste encanailleur.
Etes-vous endormies, filles des océans ?
Loin des marbres noircis par l’écume du Temps,
Les temples chavireux ont brisés leurs carcans ;
Ils relèvent le front, pour un dernier Printemps.
Dans le soir irisé des nacres intrépides
Où l’écho des penseurs venu loin, de Mycène
Rivalise d’envie, du chant des Néréides
S’éteint le soir de sang d’Alcée de Mytilène.
Dans un pâle sanglot, monotone et sans fin,
Il est, songe meurtri, détourné par l’amour,
Un théâtre de pierre au contour assassin.
Ô, éternel gardien de ces ruines sans vie,
Renaissez de vos nuits pour taire les soupirs
Des âmes fatiguées de leur lâche amnésie ;
La Grèce est un tombeau aux vastes souvenirs.
Dans son aube nacrée, à mes pieds, Epidaure
Toute sertie de glyphe et d’olifant mêlé
S’éveille, émerveillée, en implorant l’aurore
Que des rois imprudents avaient trop confisqué.
Vais-je me souvenir de ce matin lointain,
Qui dans mon cœur s’emmêle en rêvant d’un Ailleurs
Où l’horizon tiédit d’un frissonnant dédain,
Quand meure la mémoire au faste encanailleur.
Etes-vous endormies, filles des océans ?
Loin des marbres noircis par l’écume du Temps,
Les temples chavireux ont brisés leurs carcans ;
Ils relèvent le front, pour un dernier Printemps.
Dans le soir irisé des nacres intrépides
Où l’écho des penseurs venu loin, de Mycène
Rivalise d’envie, du chant des Néréides
S’éteint le soir de sang d’Alcée de Mytilène.
12 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 22 février 2018 à 06:25
Quelques vers sur ce lieu incroyable et magique que sont les vestiges du théâtre d'Epidaure, en Grèce, dans le Péloponèse, où se tenait, non seulement des représentations antiques mais aussi des joutes oratoires des plus grands penseurs. Aujourdh'ui, un lieu de paix et de méditation. Mythes et Histoire ont revécu un instant dans mon regard, le temps de l'écriture.
Comme le poème comprends des mots inusités, comme je fais en ces circonstances, quelques repères :
- Un glyphe désigne un caractère, une lettre pouvant prendre une forme originale, détournée. L'écriture grecque a été légèrement altérée par son usage sur parchemin et est une des sources du cyrillique slave. L'olifant est un cor (comme celui de Roland de Roncevaux). On en voit les prémisses de cet instrument de musique rudimentaire sur certains médaillons et poteries de la Grèce antique.
- Les néréides sont des nymphes marines, moins perfides que les sirènes d'Ulysse.
- Enfin, Alcée de Mytilène est un poète grec antique, peu connu. Il écrivit des chants d'amour, mais surtout des odes belliqueuses
Bonne lecture et amitiés à tous et à toutes.
Philip
aurorefloreale · le jeudi 22 février 2018 à 09:24
Debbie · le jeudi 22 février 2018 à 09:56
Belle journée
Amitié
Debbie
Rêveuse · le jeudi 22 février 2018 à 10:34
Tu as fait "mouche" et es parvenu à ranimer en moi, l'émotion immense ressentie à EPIDAURE devant la majesté de ces lieux!!!
Oui la Grèce est en ruines mais l'émotion du passé y demeure, le Péloponèse est une splendeur et tes vers m'ont fortement plu!!!!!!!!!!!!
"Etes-vous endormies, filles des océans ?
Loin des marbres noircis par l’écume du Temps,
Les temples chavireux ont brisés leurs carcans ;
Ils relèvent le front, pour un dernier Printemps."
un grand merci avec mes amitiés "helléniques"
mariepaule · le jeudi 22 février 2018 à 10:49
Une Grèce qui renaît sour ta plume
La désolation de certains de tes vers qui nous montrent la ruine de ce pays aux splendeurs saccagées
Nous plongent un peu dans une tristesse de ,nous aapercevvoir que l'hommme est respnsable de la ruine de ce pays, je parle de toutes les richesses de ceux qui les ont battis
Bisous
Om
Marie
Nisti · le jeudi 22 février 2018 à 14:37
Bref, magnifique poème que tu offres là, véritable ode à cette époque et à ces chef-d'oeuvres architecturaux.
Amitiéd, Nisti
Susan (Coquelicot ) · le vendredi 23 février 2018 à 06:03
Ce sont les ïles qui m'avaient le plus enchantées avec l'authenticité des paysages !
Ces villages tous blancs que l'on aperçoit aux flancs des collines avec les ruelles ornées de bougainvillées ...
Pour en revenir à ton poème, il est très beau et m'a entrainé vers de doux rêves ...
J'aime beaucoup :
* Etes-vous endormies, filles des océans ?
Loin des marbres noircis par l’écume du Temps,
Les temples chavireux ont brisés leurs carcans ;
Ils relèvent le front, pour un dernier Printemps.
Dans le soir irisé des nacres intrépides ...*
Merci Philip, pour les explications de certains mots qui m'ont évitée de faire des recherches !!!!
Bisous. Susan
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 23 février 2018 à 06:39
Bonjour Nisti. Oui, si tu as l'occasion d'aller en Grèce un jour, tu seras émerveillé. Ne prête pas attention à la situation politique du pays, ça n'a pas d'importance si l'imagination te fait revivre et imaginer l'animation de ces lieux qui sont aujourd'hui ruines confondantes et majestueuses.
De l'émotion pure, sous le ciel bleu et le soleil.
(La nourriture ? Euh...il y a vraiment mieux ! Hhhh).
Amitiés, Nisti, et à très bientôt.
Et toi, continue à prendre le temps d'écrire. J'ai vachement aimé ton dernier poème. Philip.
Pour SUSAN :
Oui les petites iles (pas la grande Crète) sont de petits paradis écrasés de soleil, entourées d'une mer de carte postale !
Oui, dans ce poème ils y a des envolées sympa (le souvenir vivace d'Epidaure !). Et c'est toujours mon habitude de donner des explications sur des éléments du poème qui pourrait rester incompréhensibles.
Bisous. Philip.
songeusedenuit · le vendredi 23 février 2018 à 09:39
Deux de vos vers ont touché mon âme "Ô, éternel gardien de ces ruines sans vie,
Renaissez de vos nuits pour taire les soupirs " -
et votre poème dans sa globalité est entraînant et nous envoie voyager vers un "ailleurs"
Merci pour vos mots !
Amitiés poétiques, Plume
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 23 février 2018 à 13:12
Ah, merci d'être passé de nouveau me lire, chère Plume. Cela fait plaisir.
Oui ces deux vers qui t'on interpelés sont assez forts, à mon sens, car le poème est en apparence, descriptif (des ruines) mais la présence d'un prestigieux passé défun rappelle la présence de l'Humanité. Une civilisation disparue, pleine de splendeur et d'intelligence.
A très bientôt, Plume. Prends soin de toi.
Amitiés. Philip
Mickaël · le vendredi 23 février 2018 à 21:40
Et c'est un grand plaisir.
Amitiés Philip. Mickaël
Philip (Jardin de Lune) · le samedi 24 février 2018 à 06:50
Ah tu me fais un grand plaisir en me disant ça. C'est très gentil à toi.
On a mille manière de voyager loin dans sa tête ! Bon dimanche à toi et amitiés, Mick. Philip.
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