Les indulgentes certitudes

(Kafka revisité par Rimbaud)
Oserez-vous brûler sous mes hoquets grognants,
Mon souffle et ma mémoire enfantés par mon ombre ?
Vos yeux sont dévoreurs de reflets infâmants
Et puisent dans mon corps la folie d’un jour sombre.
Vous voulez, sous la cime, apprivoiser les Cieux,
Et dans un cri sublime, arracher au jour blême,
La brûlure du vent et son chant capricieux.
Vous n’aurez que l’appât de mon cœur de bohème !
Je sais vos vieux sursauts aux mufles ravageurs,
Qui ravalent l’orgueil couleur de certitudes,
L’effarante indulgence aux voiles de nos peurs.
Mais qu’importe le goût de vos mornes préludes !
Allez ! Je m’en irai graver vos indolences,
Sur les pavés fanés des joyeuses impasses.
Il est tant de sentiers apprêtés d’insolences,
Où dorment sans repos, les ors de vos carcasses.
----------------------------------------------------------------------
Et je n’ai, de vile certitude,
Que le souvenir las
De votre solitude !
Illustration : photo et traitement : Philip – Café Kafka, Prague.
Illustration musicale : Béla Bartók – the Wooden prince.
https://www.youtube.com/watch?v=m129k5YcQnU
Oserez-vous brûler sous mes hoquets grognants,
Mon souffle et ma mémoire enfantés par mon ombre ?
Vos yeux sont dévoreurs de reflets infâmants
Et puisent dans mon corps la folie d’un jour sombre.
Vous voulez, sous la cime, apprivoiser les Cieux,
Et dans un cri sublime, arracher au jour blême,
La brûlure du vent et son chant capricieux.
Vous n’aurez que l’appât de mon cœur de bohème !
Je sais vos vieux sursauts aux mufles ravageurs,
Qui ravalent l’orgueil couleur de certitudes,
L’effarante indulgence aux voiles de nos peurs.
Mais qu’importe le goût de vos mornes préludes !
Allez ! Je m’en irai graver vos indolences,
Sur les pavés fanés des joyeuses impasses.
Il est tant de sentiers apprêtés d’insolences,
Où dorment sans repos, les ors de vos carcasses.
----------------------------------------------------------------------
Et je n’ai, de vile certitude,
Que le souvenir las
De votre solitude !
Illustration : photo et traitement : Philip – Café Kafka, Prague.
Illustration musicale : Béla Bartók – the Wooden prince.
https://www.youtube.com/watch?v=m129k5YcQnU
11 commentaires
cecel · le vendredi 23 mars 2018 à 08:21
Je découvre un petit bijou, un peu âpre à l'égard de Kafka. J'apprécie énormément ton écriture, profonde, agrémentée de métaphores pertinentes. Tes mots sont images et enchantent ma lecture.
"Vous n’aurez que l’appât de mon cœur de bohème !". J'aime beaucoup et me met en mémoire le célèbre poème de Rimbaud. Je sortirai de ma valise un de mes poèmes écrit à partir de cette oeuvre. Encore des bouts rimés !
Bravo Philip et merci pour ce partage.
mariepaule · le vendredi 23 mars 2018 à 09:10
J'ai beaucoup aimé ce vers
"Vous n’aurez que l’appât de mon cœur de bohèmeé "
Et, en même temps c'est ton image qui m'est apparue.
Belle journée Philip
Bisous
Om
Marie
Rêveuse · le vendredi 23 mars 2018 à 09:27
tes vers m'ont fait retourner à Prague et m'asseoir au café Kafka....
Tu nous offres non pas un voyage touristique mais un "impossible dialogue" entre Rimbaud et Kafka, et l'on te suit les yeux fermés un peu bousculés mais ravis de cette originalité!!!!!!!
merci ami poète et belle journée!!!!!
debbie · le vendredi 23 mars 2018 à 10:19
debbie · le vendredi 23 mars 2018 à 10:26
désire à être entendu. Comme les autres j'ai bien accroché au vers Vous n’aurez que l’appât de mon cœur de bohème ! " Et j'adore la toute fin qui parle de solitude qui est vraiment très touchante. Bref un poème qui nous retourne dans tous les sens à sa lecture de par son côté dur où l'on ressent une faille, la souffrance donc très bien réussit ! Bravo poète.
Amitié
Debbie
domidom · le vendredi 23 mars 2018 à 11:44
Te dire mon ressenti à la lecture de cet écrit me semble impossible, je ne dirais que ces quelques mots, c'est beau, c'est du grand art, j'ai adoré....
Je t'embrasse fort, Domie
milesscots · le samedi 24 mars 2018 à 21:17
J'aimerais pourvoir vous faire un très beau commentaire, mais la seul chose que je peut vous dire c'est que c'est magnifique.
Un talent extraordinaire !
Prenez soin de vous,
Miles
nadège · le dimanche 25 mars 2018 à 19:08
Bien amicalement
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 27 mars 2018 à 19:24
Pour CECEL :
Bonjour Cecel. Oui, le pauvre Kafka dont la vie était parfois pas mal bousculée, a eu la (dé)faveur d'un portrait un peu "âpre" comme tu dis, dans ce poème. Qu'il me soit pardonné. De surcroît j'adore Kafka.
Mais comme ma fantaisie m'a fait tracer ce portrait avec m'esprit très souvent caustique que savait avoir le jeune Rimbaud (très loin de l'imiter, cependant, on n'imite pas Rimbe !!!) ça a donné cet écrit.
Ah, les métaphores ! Je dois te faire l'aveu qu'elles sont certainement la traduction de tout mon inconscient en poésie. Je t'avais dit être passionné de psychanalyse.
Oui, l'évocation de toutes les bohèmes, si chères au cœur de Rimbaud.
J'attends de lire tes bouts rimés, peut être rimbaldesques. Amitiés, Cécel. Philip.
Pour DEBBIE :
Ah, bien sûr le "cœur de bohème", comme tous les ami(e)s ne t'a pas échappé. Mais ce poème est de pure fiction et la solitude évoquée ici est celle de Kafka (et je ne me contredis pas en faisant une évocation au niveau de l'inconscient à Cécel, ci-dessus).
Belle soirée, Debbie. Amitié à toi. Philip.
Pour MARIE :
Oui, comme je l'ai expliqué à Cécel, l'évocation du cœur de bohème, c'est, dans ce poème, le grrrrros clin d'œil à Rimbaud.
Mon image t'es apparue ???? Je sais qu'au fil des jours et des mois, tu commences à bien me connaître...mais tu es sûre qu'il y a un peu de moi ? Bohémien ?
Bisous et belle soirée, Marie. Philip.
Pour REVEUSE :
Ah, toi aussi tu connais Prague et aussi le Café Kafka ? Endroits merveilleux et de rêve, n'est-ce pas ?
Oui, le choix d'un traitement original mettant Kafka en scène de façon un peu "loufoque" ou étrange, m'a fait plaisir.
Amitiés et belle soirée à toi, Rêveuse. Philip.
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 27 mars 2018 à 19:36
Pour DOMIE :
Coucou Domie. Heureusement que tu as aimé globalement" mon poème, car parfois, comme pour beaucoup de mes écrits, le fond n'est pas toujours très clair (tu me connais !!! sourire).
Bon, ce n'est pas du grand Art, mais mon petit écrit, je l'aime bien.
Reste, malgré ta grande gentillesse, l'engueulade finale !!!!
Ah ma Domie, faut pas exagérer.
Je n'aurais jamais pu rivaliser avec les grands maîtres. C'est un travail tellement gigantesque, avec d'énormes contraintes, que je n'aurais jamais eu la patience...
Et puis, franchement, si ils n'avaient pas existé, je ne pourrais pas écrire ces sortes d'imitations, pas trop mal fichues certes, mais qui ne sont quand même que du Philip s'inspirant des autres.
Gros bisous, Domie. Philip
Pour MILES :
Les quelques mots de ton commentaire suffisent à me combler, car je sais que ton ressenti est sincère.
Mais "talent extraordinaire" n'est-il pas de trop ! Je t'expliquerai un jour en détail comment je procède pour la "fabrication d'un poème". Le reste ne devint qu'habitude. C'est pour ça que l'on retrouve pas mal de récurrences dans l'ambiance générale de mes vers. En tout cas, bien sincèrement, merci. Amitiés, Miles. Philip.
Pour NADEGE :
Merci d'avoir aimé, car je sais que pour toi aussi, comme les autres, ton appréciation est sincère.
Me faire publier ? En fait, non, c'est juste le plaisir du partage.
Mais pourquoi pas. L'envie commence à me venir d'auto-publier mes vers, pour le plaisir de les offrir à tous ceux qui ont un peu d'amitié pour moi.
Amitiés, Nadège et à bientôt. Philip.
susan* Coquelicot * · le mercredi 28 mars 2018 à 07:44
Tes jolis vers m’ont fait retourner dans cette jolie ville tchèque que j’adore et que je reverrais avec beaucoup de plaisir l’été prochain …
Tu as fait un bien joli clin d’œil à Rimbaud et en te lisant, je l’ai imaginé assis à une table dans le fameux café Kafka face à nous …
Un bien joli rêve, merci Philip.
Bisous. Susan
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