PANTOMIME (repost)

Sous les vasques ternies des Palais endormis
Les princes chavirent dans leurs habits fanés,
Quand, dans le jour naissant, s’évade l’insoumis
Que nul n’a remarqué au bal enchagriné.
Venise est alanguie dans son manteau de brume
Et ses petits marquis trottinant le cœur lourd
N’ont pour écho blafard que leur triste amertume
Pour consommer l’Envie quand le ciel est trop lourd.
Au son du Campanile où la foule se masse
La pantomine meurt sans un accent rêveur
Que nul n’a supplié dans sa fièvre bonasse
Pour mieux se repentir en sournois délateur.
Pour l’or de ces ducats, irez-vous convoiter,
De prudes Cordélia égarées en chemin,
Sur les marbres lustrés aux contours effrontés,
Mourants sur la Lagune en attendant demain.
Les princes chavirent dans leurs habits fanés,
Quand, dans le jour naissant, s’évade l’insoumis
Que nul n’a remarqué au bal enchagriné.
Venise est alanguie dans son manteau de brume
Et ses petits marquis trottinant le cœur lourd
N’ont pour écho blafard que leur triste amertume
Pour consommer l’Envie quand le ciel est trop lourd.
Au son du Campanile où la foule se masse
La pantomine meurt sans un accent rêveur
Que nul n’a supplié dans sa fièvre bonasse
Pour mieux se repentir en sournois délateur.
Pour l’or de ces ducats, irez-vous convoiter,
De prudes Cordélia égarées en chemin,
Sur les marbres lustrés aux contours effrontés,
Mourants sur la Lagune en attendant demain.
15 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 18 juillet 2018 à 07:39
Des clins d’œil à Shakespeare : sa pièce « le marchand de Venise » et Cordelia, la fille du Roi Lear.
Les « ducats » sont bien sûr, sur un plan historique, le rappel de la monnaie vénitienne de l’époque.
Amitié à tous et à toutes. Philip.
mariepaule · le mercredi 18 juillet 2018 à 08:06
Comme je m'en souviens, j'adore ces poèmes où tu as l'art de nous transporter vers un autre monde et surtout une autre époque....
Tu as raison de nous donner le plaisir de relire tes anciens écrits
J'adhère....
Bisous Philip
Om
Marie
debbie · le mercredi 18 juillet 2018 à 09:19
Très belle journée à toi
Avec tout mon amitié
Debbie
scorpionne · le mercredi 18 juillet 2018 à 10:04
Très beau poème qui nous entraîne dans les palais italiens de la Renaissance !
Qui se cache réellement derrière les masques (ou que cachent les personnes masquées) ? On ne le sait jamais vraiment, on ne voit que ce qu'elles veulent bien montrer.
Belle journée à toi, cher Philip.
Très amicalement,
Jocelyne
La Mouche Nounouche · le mercredi 18 juillet 2018 à 15:42
Merci de ce beau partage Philip. Amitiés Yves
Rêveuse · le mercredi 18 juillet 2018 à 19:16
Bousculée par le temps qui me manque, je voulais te laisser un message car ton poème m'a replongé dans la Venise de tragi comédie et j'y ai retrouvé des sensations ressenties là bas!
"Venise est alanguie dans son manteau de brume
Et ses petits marquis trottinant le cœur lourd
N’ont pour écho blafard que leur triste amertume
Pour consommer l’Envie quand le ciel est trop lourd. "
Magique ce décor que tu plantes pour nous!
merci et très belle soirée avec mes amitiés vénitiennes!
Susan* Coquelicot * · le jeudi 19 juillet 2018 à 06:53
Ce beau poème me transporte vers Venise …
Cette ville que j’aime tant et si mystérieuse !!!
Où l’on voit dans toutes les boutiques ces superbes masques …
Venise où l’on croise des gens masqués, même si ce n’est pas le carnaval en animant les rues avec spectacles …
Tes vers nous transportent vers cette époque où les riches se déguisaient en pauvre et vice versa …
Ainsi derrière leurs costumes et les masques l’anonymat permettait de tromper les voisins tout en s’amusant !
Merci d’avoir reposter cette jolie poésie …
Avec cette image de l’Arlequin qui symbolise ces fêtes et Venise !!!
Ta poésie m’a fait rêver et retourner vers les palais vénitiens, la lagune brumeuse et ces mystères …
Merci. Bisous Philip !
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 19 juillet 2018 à 07:14
Coucou Marie,
Eh oui, le manque de temps, en ce moment me contraint donc à reposter certains de mes anciens poèmes (j'essaie de puiser dans les années 2011 à 2013, les plus anciens).
Ca permet aux récents ami()es de découvrir certains écrits qui datent, qui parfois sont sympas à mes yeux (comme celui-ci), où alors plus faibles, car en principe nous évoluons dans l'écriture. Mes marquis et marquises qui s'ennuient et font semblant d'être joyeux, sous leurs masques, est un de mes thèmes que j'aimais bien.
Merci de toujours aimer ces quelques vers.
Gros bisous. Philip.
Pour DEBBIE :
Hello Debbie. Oui, les clowns tristes, figures emblématiques d'un certain romantisme à la symbolique directe, parlante. Les bals ancien faisaient côtoyer des Pierrots triste aux côté des Colombines indifférentes ou des marquises ennuyées.
Belle journée à toi.
Pour JOCELYNE :
Bonjour Jocelyne. Ta réflexion complète bien le tableau : le masque est un accessoire bien pratique pour se cacher derrière.
Ce poème m'a été inspiré par ce quatrain sublime du poème de Verlaine, "le clair de lune" :
"Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune".
Oui, leurs masque n'est qu'un masque et derrière, peut-être que….ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur.
Belle journée à toi. Amitiés. Philip
Pour YVES (La Mouche) :
Bonjours, Yves. Bien sûr, toi aussi, tu as tout de suite perçu cette vacuité derrière ces "costumes et masques qui ne cachent rien de l'essentiel".
Ah c'est particulièrement intéressant ton feeling personnel où tu vois une cohabitation entre beauté et trahison.
La beauté n'est ici qu'apparences. Et, sous l'anonymat des masques, l'amertume et les jalousies se font peut-être trahisons. Bien vu ! Tragédie ? Mais oui, c'est fort possible. Le drame n'est peut-être pas bien loin.
Merci, Yves, tant d'avoir aimé ces vers que, encore plus, pour ton interprétation. Amitiés. Philip.
Pour REVEUSE :
Chère Rêveuse, ne t'excuse pas du temps qui passe, nous vivons tous cela. Bien sûr, cela ne m'étonne pas, pour qui a eu la chance de voir Venise, que tu aies retrouvée l'ambiance mystérieuse et magique de la ville des Doges.
Et vois-tu, heureusement, quand on observe Venise, quand on la regarde vivre (quand les cars de touristes repartent en fin d'après-midi) on retrouve, avec un peu d'imagination romantique, ces sensations. Mais les vénitiens savent être joyeux, heureusement ! Amitiés, Rêveuse.
Philip.
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 19 juillet 2018 à 07:17
Il est vrai qu'il est facile, pour qui a eu la chance d'aller à Venise et d'avoir le regard à la fois, curieux, romantique et interrogatif, de comprendre les "mécanismes" propre à cette ambiance si particulière, souvent magique, des lieux.
Venise se rêve avec Vivaldi. Mais sous les pantomimes, en effet, toute une palette de sentiments défilent.
Bisous et belle journée. Philip.
aurorefloreale · le jeudi 19 juillet 2018 à 10:37
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 27 juillet 2018 à 08:07
Merci d'avoir relu mon poème et de l'avoir apprécié.
En ce moment, par manque de temps, je reposte d'anciens poèmes.
En attendant inspiration et moments tranquilles.
Encore merci et belle journée à toi, Chantal. Amitiés. Philip
liameliavq · le dimanche 29 juillet 2018 à 11:01
Poétiquement.
LN.
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 31 juillet 2018 à 07:46
Merci d'avoir aimé, Hélène.
Tu évoques la sonorité des alexandrins. J'ai toujours été fasciné - peut-être parce que je suis musicien et ai modestement étudié la musicologie et l'harmonie, ce que j'ai toujours appelé "la musique des mots".
Le choix et l'agencement de ces mots ont, ici, contribué à donné la touche mystérieuse (mais pas tant que ça !) à cette ambiances des fêtes vénitiennes où les sentiments vrais se cachent sous des masques.
Amitiés, Hélène. Philip.
taia · le jeudi 6 septembre 2018 à 15:14
Ton poème, comme tous les autres, est un point de méditation personnelle et, en même temps, une œuvre ouverte: ciascuno capissa a modo suo!
Je regrette ne pas avoir compris ton dernier poème, très beau, d'ailleurs, mais je ne sais pas à quoi l'attacher. Dommage pour moi! Mes sincères amitiés. Taia
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 7 septembre 2018 à 05:58
Bonjour, chère Taia.
Bien sûr, tu avais parfaitement compris un aspect essentiel de ce poème : ce qui se cache derrière un masque.
Un de mes poèmes préférés de Verlaine est le "Clair de Lune" où le poète écrit "charmants masques (…)...quasi tristes sous leurs déguisement fantasque...il n'ont pas l'air de croire à leur bonheur !".
Ah, pour mon pour mon dernier poème, ne t'inquiète pas, il n'y a rien à comprendre, c'est propre au genre surréaliste. C'est presque psychanalytique, mais, même, il faudrait chercher loin, cen'est qu'une fantaisie de mots (un peu sombres) que j'ai alignés.
Avec mes sincères amitiés, également.
Prends soin de toi, Taia. Philip
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