Le Banc (repost)

Sur un banc délaissé somnole sa misère,
Qui, comme un froid chaos dévaste son vieux cœur,
Tandis que, fatigué, perdu et sans repère,
Il ne sent plus le jour fracasser sa rancœur.
A ses pieds s’étendaient ce que le vent meurtri,
Avouait, ricanant, pour un sourd lendemain,
Enterré à jamais comme un secret enfoui,
Quand vient mourir l’espoir et que manque le pain.
Quand la foule pressée va rejoindre son âtre
Où la chaleur du vin embrasera son lit,
L’invisible mortel a fini de combattre
Pour un dernier sursaut que le temps abolit.
Et dans sa nuit fardée de mille indifférences
Il ne voit plus le ciel ni ses noirs horizons,
Rien qu’un froid corridor aux sombres évidences,
Qui ronge avec lenteur d’ultimes déraisons.
………………………………………………………………………..
« Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée » Victor Hugo (Quatre Vingt Treize)
Qui, comme un froid chaos dévaste son vieux cœur,
Tandis que, fatigué, perdu et sans repère,
Il ne sent plus le jour fracasser sa rancœur.
A ses pieds s’étendaient ce que le vent meurtri,
Avouait, ricanant, pour un sourd lendemain,
Enterré à jamais comme un secret enfoui,
Quand vient mourir l’espoir et que manque le pain.
Quand la foule pressée va rejoindre son âtre
Où la chaleur du vin embrasera son lit,
L’invisible mortel a fini de combattre
Pour un dernier sursaut que le temps abolit.
Et dans sa nuit fardée de mille indifférences
Il ne voit plus le ciel ni ses noirs horizons,
Rien qu’un froid corridor aux sombres évidences,
Qui ronge avec lenteur d’ultimes déraisons.
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« Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée » Victor Hugo (Quatre Vingt Treize)
8 commentaires
tiamaraa · le mercredi 29 août 2018 à 08:22
Amitié
Tiamaraa
debbie · le mercredi 29 août 2018 à 08:38
belle journée
Avec tout mon Amitié
Debbie
La Mouche Nounouche · le mercredi 29 août 2018 à 09:48
Merci Philip de les remettre dans la lumière au milieu de la noirceur ordinaire. . .
Amitiés Yves
Rêveuse · le mercredi 29 août 2018 à 10:10
Je veux te dire combien ton poème me touche, tout comme mon amie Debbie, je pense qu'aucun être humain ne devrait dormir sur un banc, et que cela reste une honte quotidienne !
Là où je vis le climat est plus clément certes mais les jours de canicule, ils souffrent aussi cherchant un point d'ombre, nos dirigeants n'en ont que faire et les "coups de gueule" de l'Abbé Pierre nous manquent cruellement!
merci tout simplement!
"Et dans sa nuit fardée de mille indifférences
Il ne voit plus le ciel ni ses noirs horizons,
Rien qu’un froid corridor aux sombres évidences,
Qui ronge avec lenteur d’ultimes déraisons.
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« Vous voulez les misérables secourus, moi je veux la misère supprimée » Victor Hugo (Quatre Vingt Treize) "
Hugo était un ardent militant de leur cause!
avec mes amitiés, merci!
Macha.... · le mercredi 29 août 2018 à 13:51
Merci pour ce beau partage sur les SDF...une poésie très touchante et réelle malheureusement.... merci pour eux.... avec toute mon amitié... macha....
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 31 août 2018 à 08:15
Bonjour Tiamaraa, c'est normal. La poésie, même si elle reste confidentielle, lue par une petite poignées d'ami(e)s permet de dire les mots du cœur, notre compassion sincère pour tous ceux qui souffrent.
Cela nous permet de prendre la mesure de nos petits conforts, et de réfléchir à l'intolérable.
Amicalement. Philip
Pour DEBBIE :
Merci à toi, aussi, Debbie, pour la compassion que tu exprime à travers, non pas mon poème en soi (c'est juste un cri d'alarme de plus), mais vers ces drames humains. Quelque soit nos sensibilités, le nouveau président a déclaré la main sur le cœur, qu'il se promet qu'il n'y ait plus un seul SDF dans la rue. Nous verrons bien. Sans - hélas ! - trop d'illusions.
Amitiés. Philip
Pour YVES (La Mouche) :
C'est hélas vrai, Yves.
Il y avait quelques années, j'avais fait l'expérience de m'allonger sur le sol près d'un Centre Commercial pour "ressentir" ou tout du moins avoir un visuel, réel et mental, de ce que voyait un laissé pour compte.
Ce fut horrible : l'indifférence….parfois juste celle des gens pressés par d'autres préoccupations.
J'ai même eu - c'est vrai - droit à quelques coup de santiag dans les côtes, par une personne abrutie !
Et puis, miracle, soudain, un jeune arabe est venu vers moi, m'a tendu sa canette de bière et m'a dit "tiens, mon frère, pour toi !".
Une courte expérience qui m'a profondément marquée.
Ce poème est un repost. Je n'ai pas attendu le début de l'hiver pour le poster.
Amitiés. Philip
Pour REVEUSE :
Pris par le temps chère Rêveuse, et ayant pris du retard, je suis contraint d'être moins long dans mon commentaire.
Mais bien évidemment, je ne peux que te remercier de tes pensées sincères de compassion envers ces Misérables des temps présents.
Merci pour eux, Rêveuse. Avec toute mon amitié. Philip
Pour MACHA :
Merci mon amie.
C'est un poème comme toi ou d'autres ami(e)s du site auraient pu écrire.
Un - triste bien sûr - S.O.S. universel pour tous ceux qui souffrent et qui n'ont presque plus rien.
Aimer ce poème dépasse le poème, c'est la générosité du cœur qui s'exprime ici, et là est l'essentiel.
Alors merci. Amitiés.
Philip.
guillaume · le dimanche 2 septembre 2018 à 05:32
Philip (Jardin de Lune) · le dimanche 2 septembre 2018 à 09:01
Merci à toi Guillaume, plus pour ta compassion sincère à l'égard de ces misérables des temps modernes (moderne ! Le mot en devient indécent) que pour ton compliment sur mes vers. Tu as tout résumé sur ces détresses humaines.
Oui, je me souviens de poèmes que tu as déjà écrit sur ces thèmes douloureux.
Bon dimanche, Guilllaume.
Avec toutes mes amitiés. Philip
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