Le berceau des océans

Sans autre finitude apprêtée par un soir
Crédule où le vent fauve invite à l’Autrefois,
Combien de vieux marins au cœur en assommoir
Ont rêvé l’océan aux reflets de guingois ?
Leurs horizons cendrés, quand l’esquive dévoile
Un contour embrumé au détour d’une vague,
N’ont pour pauvre complainte au chant lourd de la voile,
Qu’un refrain insensé où la raison divague.
Qui berce ces secrets qu’aucun naufrageur fou
N’oserait avouer sans soudain vaciller,
En confondant le jour avec un rêve flou,
Quand les cieux sourcilleux viendront les dépouiller ?
Tous ces chants espérant qui sont notre aventure
Ont conquis la clameur où s’endort l’océan,
Et dans les ports maudits quand grandit le murmure
La fille aux yeux d’opale a le cœur courtisan.
Je sais, moi, des éclairs au-dessus des grands mâts,
Qui brisent sans façon les dernières colères
De tous ces naufrageurs apprêtés aux combats
Et leur pauvre équipage implorant leur misère.
-------------------------------------------------------------
…..Qui brisent l’horizon pour éteindre la fièvre
Illustration musicale : Wagner, « le vaisseau fantôme »
https://www.youtube.com/watch?v=QVgS03XLWwE
Crédule où le vent fauve invite à l’Autrefois,
Combien de vieux marins au cœur en assommoir
Ont rêvé l’océan aux reflets de guingois ?
Leurs horizons cendrés, quand l’esquive dévoile
Un contour embrumé au détour d’une vague,
N’ont pour pauvre complainte au chant lourd de la voile,
Qu’un refrain insensé où la raison divague.
Qui berce ces secrets qu’aucun naufrageur fou
N’oserait avouer sans soudain vaciller,
En confondant le jour avec un rêve flou,
Quand les cieux sourcilleux viendront les dépouiller ?
Tous ces chants espérant qui sont notre aventure
Ont conquis la clameur où s’endort l’océan,
Et dans les ports maudits quand grandit le murmure
La fille aux yeux d’opale a le cœur courtisan.
Je sais, moi, des éclairs au-dessus des grands mâts,
Qui brisent sans façon les dernières colères
De tous ces naufrageurs apprêtés aux combats
Et leur pauvre équipage implorant leur misère.
-------------------------------------------------------------
…..Qui brisent l’horizon pour éteindre la fièvre
Illustration musicale : Wagner, « le vaisseau fantôme »
https://www.youtube.com/watch?v=QVgS03XLWwE
12 commentaires
Philip (Jardin de Lune) · le mercredi 2 janvier 2019 à 04:56
Amitié à tous et à toutes.
Philip.
Rêveuse · le mercredi 2 janvier 2019 à 10:54
Une joie de te lire ce matin et de déposer quelques mots sous ton poème au souffle lyrique écrit en beaux alexandrins!
Tu as l'art de nous plonger dans une ambiance très particulière et j'aime me laisser "emporter" par tes vers comme dans cette tempête!
Ma strophe préférée :
" Tous ces chants espérant qui sont notre aventure
Ont conquis la clameur où s’endort l’océan,
Et dans les ports maudits quand grandit le murmure
La fille aux yeux d’opale a le cœur courtisan. "
Cette fille aux yeux d'opale vient mettre une touche de joie au cœur du désespoir!
un grand merci pour ce bel écrit et encore tous mes vœux, bien cher Philip , merci pour tes messages réconfortants que j'apprécie!
bonne journée avec mes meilleures amitiés!
PS Bien sûr la musique de Wagner ajoute à cette ambiance!
debbie · le mercredi 2 janvier 2019 à 19:36
N’oserait avouer sans soudain vaciller,
En confondant le jour avec un rêve flou,
Quand les cieux sourcilleux viendront les dépouiller ? " J'ai beaucoup aimé !
Belle soirée
Avec toute mon Amitié
Debbie
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 3 janvier 2019 à 06:04
Merci d'avoir pris du plaisir à lire ces quelques vers.
Le thème n'est pas des plus en harmonie avec cette période de l'année. Dès lors où me voici dégagé d'un peu plus de temps pour écrire, j'avais retrouvé dans ma "boite à idée" ce titre que j'avais écrit il y a longtemps - et en anglais - "the lullaby of the océans" (la berceuse des océans). Développer l'idée d'une berceuse ne m'a plus emballé alors c'est devenu "le berceau des océans". Et puis, "vaguement" j'ai développé quelque chose qui peut évoquer la légende du Hollandais Volant, remarquablement développé sous forme d'opéra tempétueux, par Wagner.
Je te renouvelle mes vœux de meilleure santé, mon amie. Bien à toi. Amitiés. Philip
Pour DEBBIE :
Hello, Debbie. Meri à toi aussi d'avoir aimé ces vers. Oui, ils sont tempétueux en effet. Loin du tranquille apaisement de tes lunaires poésies. Mais il me fallait écrire un poème nouveau, et je ne suis pas doué pour écrire en fonction du moment, de la saison. Alors, le thème du vaisseau errant avec ses marins aux rêves fous, bravant les dangers de la mer, m'est venue.
Belle journée, Debbie. Amitiés. Philip
mariepaule · le jeudi 3 janvier 2019 à 09:49
En llisant ton poème cela a fait écho à tous les récits que ma grand mère nous racontait.
Et cette fille m'a fait penser à "Loulou du port" une femme qui la nuit était sur le port pour se faire de l'argent afin de payer des études de médecine à son fils...
C'est un poème qui évoque la rudesse de la vie et l'on ressent fortement le mal être des huamins à travers l'océan et son environnement que tu as parfaitement d'écris.
Ton poème ne m'a pas laissé insensible, j'ai adoré
Belle journée Philip
Bisous
Om
Marie
Philip (Jardin de Lune) · le jeudi 3 janvier 2019 à 12:50
Coucou Marie, il me semble bien que tu avais évoqué un jour Loulou du port, à l’occasion d’un de mes poèmes maritimes.
Mais ici, la « fille aux yeux d’opale » du poème est plus une sorte de rêve issu des mythiques sirènes qui ornaient la proue des grands voiliers.
Par contre, en effet, c’est un récit de fiction qui rend hommage au rude métier des marins, où l’environnement - l’océan – est loin d’être un ami. Il distille souvent bien des peurs et des légendes.
Eh bien, si tu as aimé ces lignes, j’en suis bien heureux et te remercie infiniment.
Bisous, chère Marie. Philip
guillaume · le jeudi 3 janvier 2019 à 21:23
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 4 janvier 2019 à 05:42
Bonjour Guillaume.
Oui, il y a quelques jours j'ai lu et commenté ton "naufrage". C'est tout à fait vrai, pour nous qui ne sommes pas marins et ne connaissons pas les dangers de l'océan en fureur, l'imagination est un peu la même. Faite de terrifiants présages et de légendes.
Pour ce qui est de Stella, en effet, cela fait très longtemps que le site n'a pas de ses nouvelles. Et on aimerait bien en avoir et lire sa poésie.
A très bientôt, Guillaume. Avec toute mon amitié. Philip.
Susan* Coquelicot * · le vendredi 4 janvier 2019 à 07:55
Un poème très fort et intense ...
Où tu rends hommage aux pêcheurs ...
Mais qui pourrait faire penser aux terribles naufrages de migrants !!!
Très beau partage poétique, merci.
Bisous.
Philip (Jardin de Lune) · le vendredi 4 janvier 2019 à 08:04
Oui, l'histoire de la mer est peuplée de rudes drame. La mer est une carnassière vorace.
Mais comme tu le soulignes justement, aujourd'hui hélas, au douloureux tableaux, sans que les tempêtes ne fassent rage, ce sont des centaine de migrants qui périssent, n'allant jamais au bout de l'espoir.
Bisous. Philip.
rivaudais · le lundi 7 janvier 2019 à 23:43
Philip (Jardin de Lune) · le mardi 8 janvier 2019 à 05:57
De nouveau, mille merci, cher René.
Oui, la légende du Hollandais volant peut être revisité indéfiniment (j'en ai même vu une version "moderne" où le vaisseau devenu fantôme est "un paquebot de croisière" !)
La fille aux yeux d'opale, représentation de Senta, dans l'Opéra n'est là qu'en matière de lien en effet, le drame se jouant contre l'océan déchainé.
Pourtant, les ami(e)s qui ont lu et commenté, entre deux lames de fond, on remarqué sa présence au détour d'un vers ! (sourire).
Avec mes amicales pensées. Philip
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